BAROMÈTRE IPSOS-LE POINT - L'impressionnante chute de DSK
DSK n'avait pas quitté le podium depuis le mois de novembre. En février, il tombe à la cinquième place, tandis que la majorité accentue ses critiques.

Dominique Strauss-Kahn dégringole dans notre palmarès des leaders politiques.
Par Charlotte Chaffanjon
La dégringolade est impressionnante. Dominique Strauss-Kahn, qui n'avait pas quitté le podium de notre palmarès des leaders politiques depuis le mois de novembre, tombe en février 2011 à la cinquième place. Lui qui était encore premier en janvier perd 7 points d'opinion favorable au baromètre Ipsos-Le Point, à 51 % (contre 58 % en janvier). C'est Jack Lang qui prend la tête du palmarès, avec 53 % d'avis favorable, suivi de Bertrand Delanoë (53 %), de Rama Yade (52 %) et de Jean-Louis Borloo (52 %).
Depuis quelques semaines, DSK perd globalement de sa superbe dans les différentes enquêtes d'opinion. Il n'est plus pressenti comme le seul socialiste qui pourrait battre Nicolas Sarkozy au second tour d'une présidentielle. À tel point que son épouse, Anne Sinclair, a fini par lâcher au Point qu'elle ne souhaitait pas qu'il fasse un second mandat à la tête du FMI. Un message laissant penser que le socialiste pourrait se préparer à quitter Washington pour se lancer dans la course à l'Élysée. Une façon d'apaiser les impatiences des soutiens de DSK et de tempérer les critiques de ses détracteurs au sein du PS ?
La droite attaque
Reste que, contraint par sa fonction, DSK ne peut pas encore se déclarer candidat aux primaires. Et pendant ce temps, la droite en profite pour présenter à l'opinion son éventuel futur rival comme un représentant de la "gauche ultra-caviar" et "bobo". Le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s'est ainsi fait un plaisir d'ironiser, ce week-end, sur cette gauche qu'il aime bien, "qui connaît le libéralisme, qui connaît la mondialisation". Autre angle d'attaque : l'absence de DSK. "Dominique Strauss-Kahn a une énorme faille : il n'est plus en France depuis de nombreuses années maintenant, et on ne peut pas construire comme ça, ex nihilo, un projet pour la France, sans avoir passé le temps nécessaire avec les Français pour comprendre les grands sujets", a développé, lundi matin, le patron du groupe UMP Jean-François Copé.
Autant de critiques qui semblent marquer l'opinion. Sans compter que, si Benoît Hamon s'est indigné des propos du patron du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob - qui accuse DSK de ne "pas être à l'image de la France "-, il s'agit d'un instant de solidarité tout à fait isolé. Le porte-parole du PS, et avec lui toute l'aile gauche du parti, est en effet farouchement opposé à une candidature de DSK en 2012, tout comme Cécile Duflot chez les Verts, et Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche, qui a fait du mitraillage de DSK sa spécialité. Ainsi, chez les sympathisants PS, qui ont toujours préféré Martine Aubry, il perd encore 14 points en février, et pointe à la 6e place avec 54 % d'opinion favorable.
Aubry en baisse aussi
Finalement, DSK peut se rassurer en se disant que ses camarades ne sont pas très en forme non plus. Martine Aubry, dont le discours de Dakar la semaine dernière a été éclipsé par la sortie d'Anne Sinclair, perd 2 points chez l'ensemble des Français, à 45 % d'opinion favorable (9e position). Elle reste leader chez les sympathisants PS, mais chute de trois points, à 75 % d'opinion favorable.
François Hollande stagne chez l'ensemble des Français, mais à son niveau le plus haut depuis 2005, soit 43 % d'opinion favorable (11e position). Il perd en revanche 12 points chez les sympathisants PS. Ségolène Royal est la seule des quatre poids lourds socialistes à connaître une évolution positive chez l'ensemble des Français, en hausse d'un point, mais reste très bas, à 31 % d'opinion favorable (26e au classement). Elle stagne chez les sympathisants PS, à 51 % d'opinion favorable (9e place).
Michèle Alliot-Marie s'effondre
À droite, Nicolas Sarkozy reste à un niveau de popularité très bas. Le chef de l'État gagne un petit point en février, à 34 % d'opinion favorable. Sarkozy, qui s'est adressé aux Français jeudi dans une émission sur TF1, récoltera-t-il les fruits de ses efforts pour reconquérir l'opinion ?
Par ailleurs, à l'issue d'un mois marqué par les polémiques sur les vacances égyptiennes et tunisiennes de François Fillon et Michèle Alliot-Marie, le Premier ministre et la ministre des Affaires étrangères ne subissent pas le même sort. François Fillon s'en sort indemne : avec 46 % d'opinion favorable, il gagne un point par rapport à janvier. En revanche, MAM s'effondre. Elle perd 12 points chez l'ensemble des Français, avec 38 % d'opinion favorable (16e du classement) et 14 points chez les sympathisants UMP, à 68 % d'opinion favorable (3e du classement).
L'opinion semble ainsi se ranger à l'avis présidentiel, puisque jeudi, au cours de Paroles de Français, Sarkozy a apporté un soutien sans faille à Fillon. En revanche, à propos des vacances de MAM, il a lâché : "Sans doute, si nous en avions parlé, Michèle Alliot-Marie et moi, nous aurions convenu que ce n'était pas la meilleure idée que d'aller en Tunisie"...
À noter que pour son premier mois au classement en tant que présidente du Front national, Marine Le Pen gagne trois points d'opinion favorable chez l'ensemble des Français, à 29 % (28e position). Mais elle est surtout la personnalité qui enregistre la plus forte hausse chez les sympathisants UMP : + 11 points, à 39 % d'opinion favorable (20e du classement).