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samedi, 24 août 2013

L'UMPS n'a pas fini de faire des cauchemars...

Le Front national, "obsession politique numéro un"

Créé le 23-08-2013  - Mis à jour le 24-08-2013
Estelle Gross
LE NOUVEL OBS'

Le parti de Marine Le Pen effectue une rentrée discrète. Mais alors que l'année s'annonce chargée en rendez-vous électoraux, il obnubile l'ensemble des formations politiques.

Marine Le Pen AFP

Marine Le Pen AFP

Pas encore de retour, mais déjà dans toutes les têtes. Alors que l'ensemble de la classe politique effectue sa rentrée, à l'exception du Front national qui attendra le 14 septembre, pas un jour ne passe sans qu'il ne soit question du parti de Marine Le Pen. Le Parti socialiste consacre une plénière à la lutte contre l'extrême droite lors de son université d'été à la Rochelle. Jean-Luc Mélenchon accuse le ministre de l'Intérieur Manuel Valls d'être "contaminé" par Marine le Pen. Et l'ancien président du Conseil Constitutionnel, Pierre Mazeaud, regrette que Jean-François Copé soit devenu "le cousin du Front national".

Le parti d'extrême droite, pendant ce temps, se frotte les mains. Son vice président, Florian Philippot, estime que son mouvement est la seule "vraie opposition", en atteste, selon lui, le thème choisi pour l'université socialiste.

Et de reprendre l'antienne chère à Marine Le Pen : "Nous sommes au centre de gravité de la vie politique française". "On n'influence pas la droite, on influence la société française et de cette victoire idéologique, il va falloir passer à une victoire politique".

"Jamais aussi fort que quand il n'a pas besoin de parler"

"Tout comme dans les années 90, le FN est au cœur du débat, ce qui contribue à sa dynamique", analyse le politologue Jérôme Fourquet. "Le Front national est l'obsession politique numéro un, et il n'est jamais aussi fort que quand il n'a pas besoin de parler", estime de son côté le chercheur Sylvain Crépon. "Tout est interprété à travers lui, cela donne l'impression que les politiques n'arrivent plus à faire de la politique par eux même", poursuit-il.

Si le FN n'est pas la première force d'opposition, il vient perturber le balancier traditionnel du bipartisme. Et s'intercale entre un gouvernement très impopulaire et une UMP en proie à une grave crise de leadership, qui peine à être audible.

Le parti de Marine Le Pen pourrait également profiter du vent de protestation contre le mariage pour tous qui a soufflé cet hiver. La mise en lumière médiatique inédite de nombreux groupuscules d'extrême droite renvoie du FN une image moins radicale. Sans compter "le réveil d'une génération catho-traditionnelle", souligne Erwan Lecoeur, sociologue et politologue, qui voit là de possibles renforts pour le parti frontiste.

Les deux législatives partielles, dans l'Oise et à Villeneuve-sur-Lot, ont donné un avant goût de l'année électorale qui vient : dans les deux cas, si l'UMP a raflé la mise, les candidats FN sont parvenus à se glisser au second tour.

"Une année décisive" 

Un an et demi après la présidentielle qui a placé Marine le Pen à la troisième place, le FN est au mieux de sa forme. Sa présidente est à un niveau de popularité jamais atteint, et semble être en mesure de séduire de nouveaux électeurs, notamment de la classe moyenne. C'est une "année décisive" qui s'annonce, estime le sondeur Jérôme Fourquet, qui observe dans les récentes études des "scores élevés voire très élevés" dans les villes françaises à l'approche des élections municipales et européennes.

L'objectif crucial pour le parti frontiste est de renforcer son maillage territorial. Si le FN n'espère pas obtenir de nombreuses mairies, trois ou quatre pour le symbole, il souhaite surtout investir les conseils municipaux. Un moyen de "notabiliser ses militants", explique Sylvain Crépon. "Si on prend trop de villes, on est mort", lui ont même confié certains cadres conscients du manque de formation de nombreux candidats. "C'est une stratégie de moyen, voire de long terme", poursuit-il, "le but est de faire de deux, trois villes des vitrines du Front national et de faire émerger de nouvelles têtes ailleurs". Il faudra également garder à l'œil les villes moyennes du sud de la France où les tentations d'alliance pourraient être fortes pour certains UMP. "La pression risque d'être énorme", note Jérôme Fourquet.

Pour les européennes, la stratégie est tout autre. Vote contestataire par excellence, doublé d'une forte abstention quasi systématique, le scrutin européen pourrait offrir l'occasion au Front national d'un formidable coup de communication. Un sondage Ifop, réalisé au mois de juin donnait le PS, l'UMP et le FN a égalité avec chacun 21% des intentions de votes. "Le FN peut devenir, le temps d'une élection, le premier parti de France", estime Jérôme Fourquet.

"Créer du sens" plutôt que de "faire du moralisme"

Et l'inventaire de l'UMP ou la table ronde du PS n'y changeront probablement rien. Dans le livre "Face au Front national", qu'il publie ces jours-ci avec un militant écologiste, Erwan Lecoeur, (chargé uniquement de la partie "comprendre le FN") estime qu'il y a eu, de la part notamment du PS et de l'UMP, une erreur de diagnostic. "Le FN n'est pas un parti traditionnel et le lepénisme est avant tout une posture politique qui consiste à dire 'je vais vous dire la vérité'", explique le sociologue. "Le FN parle de choses qui n'existent pas et a fait de nos cauchemars son fonds de commerce. Depuis 50 ans, l'insécurité est en diminution ! "

En face, les partis traditionnels se sont trop souvent contentés de "faire du moralisme", poursuit-il, "au lieu de créer du sens". L'exemple le plus flagrant de cette incapacité à donner selon lui du sens: la campagne de Lionel Jospin qui a conduit Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002.

Pour la suite, les avis divergent. Si Marine Le Pen parvient à attirer tous les élus divers droites, elle pourrait à un moment "avoir une majorité", analyse Erwan Lecoeur, lequel estime que la présidente du FN semble être "assez clairement sur la pente d'une inexorable ascension".

Une hypothèse à laquelle le politologue Jérôme Fourquet ne croit pas :"il y a un plafond de verre. Le FN ne peut pas grignoter des voix de manière ininterrompu, car mécaniquement, les plus protestataires le lâchent quand il devient plus respectable".

Estelle Gross - Le Nouvel Observateur 

Sylvain Crépon est Docteur en sociologie, il est chercheur associé au SOPHIAPOL et auteur d'"Enquête au coeur du nouveau Front national"

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

Erwan Lecoeur est sociologue et co-auteur de "Face au Front national"

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Commentaires

Il est un fait qu'à observer les avatars des mouvements politiques principaux, susceptibles d'influencer la masse des électeurs, le FN présente la réserve de poil à gratter ! il devient le réfuge des mécontents du PS et de l'UMP, également responsables des misères et des contrariétés infligées au peuple, par leur constance à ignorer ses véritables attentes.
Economie, chomage, justice défaillante,ecole dévastée,
pouvoir d'achat, dette, sécurité sociale déficitaire, autant de sujets, que le peuple de base considère comme sacrifiés sur l'autel de l'immigration et de ses effets nocifs induits sur l'équilibre de notre budget national, ce qui ne manque pas de se repercuter sur le quotidien du Français,à qui on enjoint de payer !
Il faut effectivement s'attendre, à une nette poussée du FN, devant la faillite des partis dits de gouvernement!

Écrit par : Fleche | mercredi, 28 août 2013

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