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dimanche, 23 juin 2013

Affaire Tapie - Crédit Lyonnais: le plus gros braquage de tous les temps ?

Le Point.fr - Publié le 21/06/2013 à 17:03 - Modifié le 21/06/2013 à 18:39

L'information provient d'une source proche de l'enquête tandis que Me Lantourne, l'avocat de l'homme d'affaires, a affirmé ne pas être "au courant".


Bernard Tapie
 doit être entendu par la police "la semaine prochaine" dans l'enquête sur l'arbitrage dont il a bénéficié dans son litige avec le Crédit lyonnais et dans laquelle trois protagonistes ont été mis en examen, a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête. Interrogé, Bernard Tapie a indiqué ne pas avoir reçu de convocation et son avocat, maître Maurice Lantourne, a de son côté affirmé ne pas être "au courant". Les juges qui enquêtent sur cet arbitrage controversé qui avait octroyé en 2008 403 millions d'euros à l'homme d'affaires soupçonnent que cet arbitrage ait été faussé. 

Stéphane Richard, le P-DG d'Orange et ex-directeur de cabinet de l'ancienne ministre de l'Économie Christine Lagarde, l'ancien patron du Consortium de réalisation (CDR, chargé de gérer l'héritage du Crédit lyonnais) Jean-François Rocchi et l'un des juges arbitraux, Pierre Estoup, ont été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans ce dossier. Selon une source proche du dossier, Bernard Tapie pourrait être entendu "en début de semaine, lundi ou mardi".

Aucun souvenir d'une réunion à cette date

Le tribunal arbitral a décidé en juillet 2008 d'octroyer à Bernard Tapie 403 millions d'euros, intérêts compris, pour mettre fin au différend entre les deux parties né de la vente de l'équipementier sportif Adidas. Le 29 mai, l'un des trois juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup, a été le premier mis en examen. Un moment-clé de l'affaire paraît être une réunion tenue à l'été 2007, à l'Élysée, en présence de Stéphane Richard, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et Jean-François Rocchi. Messieurs Rocchi et Richard ont été mis en examen le 12 juin.

Stéphane Richard a affirmé aux enquêteurs lors de sa garde à vue que Bernard Tapie était présent en 2007 à cette réunion destinée à mettre en place cette procédure plutôt que de s'en remettre à la justice. Interrogé, Bernard Tapie avait déclaré ne "pas (s)e souvenir d'une réunion à cette date", qui ne pouvait, selon lui, "être une réunion de validation, mais d'information". Interrogé par la brigade financière durant 48 heures, Stéphane Richard leur a assuré que l'arbitrage avait été décidé directement à l'Élysée, sous la houlette de son secrétaire général Claude Guéant et du secrétaire général adjoint François Pérol.

"Nous allons faire l'arbitrage"

Stéphane Richard a raconté avoir été "convoqué" à l'Élysée par Claude Guéant le 24 ou 25 juillet 2007. Jean-François Rocchi avait reçu la même convocation à cette réunion dont l'objet n'avait pas été précisé. Outre Messieurs Guéant et Pérol était présent Patrick Ouart, alors conseiller justice du président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, toujours selon Stéphane Richard. Claude Guéant avait alors tranché : "Nous allons faire l'arbitrage", a rapporté Stéphane Richard aux enquêteurs. Lui-même et Jean-François Rocchi ont raconté avoir été "surpris", à leur arrivée, de se retrouver face à Messieurs Guéant, Pérol et Tapie, comprenant alors que la réunion avait pour enjeu l'arbitrage. 

Placé au coeur de l'affaire, Claude Guéant devrait prochainement lui aussi être convoqué par les enquêteurs, qui ont déjà perquisitionné son cabinet et son domicile. De hauts fonctionnaires ont également raconté aux enquêteurs avoir subi des pressions politiques pour opter, contre leur gré, en faveur d'un arbitrage. Christine Lagarde, qui fait l'objet d'une enquête de la Cour de justice de la République (CJR), a échappé à une mise en examen en étant placée sous le statut de témoin assisté. Un statut provisoire qui peut à tout moment évoluer, y compris vers une mise en examen, note un connaisseur du dossier.

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