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jeudi, 13 juin 2013

A quand une opération pièces jaunes pour sauver l'UMP ?

Le Point.fr - Publié le 13/06/2013 à 16:47

Les finances du parti ont été plombées par son mauvais score aux élections législatives de 2012. Le train de vie de ses membres a été drastiquement réduit.

Les membres de l'UMP se serrent la ceinture.Les membres de l'UMP se serrent la ceinture. © FRED TANNEAU / AFP

C'est la crise à l'UMP. Et pour une fois il ne s'agit pas de la querelle Copé/Fillon, de la fracture idéologique sur le mariage gay, des bisbilles primaires entre candidats aux élections municipales, mais des caisses du parti. Les finances du parti, qui accusaient déjà un déficit de 50 millions d'euros en 2012, sont dans le rouge, et l'avenir ne s'annonce pas tout rose. Selon Le Monde, avec 125 députés de moins qu'en 2007, le budget annuel de l'UMP, de l'ordre de 54 millions d'euros lors de la précédente mandature, s'élève désormais à environ 35 millions d'euros, dont 21 millions de dotation publique et 14 millions provenant des dons et des cotisations. Après avoir touché l'aide publique au mois de juin, le parti devrait encore accuser un découvert de... 35 millions d'euros. Et le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer mardi, pourrait encore lui faire perdre 11 millions d'euros sur les deniers fournis par l'État. 

Adieu grands hôtels, notes de frais copieuses, déplacements en première classe et autres comportements bling-bling. Place à la rigueur ! "Comme toute structure dont le budget est revu à la baisse, les frais de fonctionnement diminuent à tous les niveaux", relate un cadre du parti. Et un parfum de plan social flotte sur la nouvelle permanence du 15e arrondissement : "Les CDD ne sont pas reconduits, on a diminué la masse de stagiaires", ajoute ce même cadre. De nombreux contrats avec des prestataires de service ont aussi été résiliés, dont les abonnements aux journaux en version papier, qui font place aux éditions numériques, moins onéreuses. Et les membres du parti, poids lourds et petites mains confondues, sont aussi mis au régime sec : "Les déplacements se font en voiture, et on fait revenir les collaborateurs chez eux le soir pour éviter de devoir payer une nuit d'hôtel", explique-t-on au parti. Et même sa majesté Jean François Copé participe à l'effort de guerre : seul membre à disposer d'une voiture de fonction avec chauffeur, le président du parti a vu sa C6 se transformer en C5. Les jeunes payent aussi les pots cassés, puisque leur université d'été, déjà annulée à l'été 2012, ne sera pas non plus reconduite cet été pour économiser près de 2 millions d'euros.

Un siège de campagne à 40 millions d'euros

La question de la propriété du siège a également été débattue. L'UMP, qui louait ses locaux rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris, pour 4 millions d'euros par an, a pris se quartiers en décembre 2011 dans un immeuble à façade vitrée d'une superficie de 5 500 m2 doté d'une vaste salle de conférences et de 5 étages de bureaux. Une acquisition qui a coûté 40 millions d'euros (19 millions d'euros pour acheter le bâtiment, 21 pour le réhabiliter) et a été financée en majeure partie par un emprunt de 32 millions d'euros contracté sur une période de 13,5 années, selon Le Monde. Nathalie Kosciusko-Morizet aurait proposé que l'UMP le revende pour éponger ses dettes, comme l'a fait le Front national avec le Paquebot, son ancien siège de campagne. Une solution qui n'est pas privilégiée par Jean-François Copé, dont un proche détaille les avantages à posséder ses propres locaux. "L'intérêt d'être propriétaire du siège, c'est de disposer d'un amphi de 400 places assises. On n'a plus besoin de louer des salles de réunion. On organise tout en interne le matin ou l'après-midi, mais on évite les déjeuners pour éviter de payer un repas à 400 personnes." Cela permettrait également de réduire les dépenses de près de 1 million d'euros annuel en location de salle.

Pour rééquilibrer ses comptes, l'UMP creuse plusieurs pistes. Le parti n'a pas augmenté le montant de l'adhésion, fixé à 25 euros, mais incite ses encartés à verser des contributions ponctuelles, comme celle de 10 euros pour les élections municipales de mars 2014. Le montant de la cotisation demandée à ses élus a augmenté : "Depuis le 1er janvier 2013, ils doivent verser 5 % du montant net de leurs indemnités, contre 3 % auparavant", indique Catherine Vautrin, trésorière de l'UMP, dans les colonnes du Monde. Un pourcentage qui reste largement inférieur aux 10 % minimum demandés par le PS à ses élus. Pour combler ses besoins, l'UMP aurait emprunté près de 55 millions d'euros, auprès de quatre banques qui auraient exigé un plan de retour à l'équilibre sur cinq ans. Pour remplir cet objectif, le parti doit donc réaliser chaque année environ 10 millions d'euros d'économie jusqu'à 2017, sous peine de se faire déposséder de son siège par les établissements financiers. Encore faut-il que, d'ici là, les querelles intestines n'aient pas eu raison de l'institution. 

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