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mercredi, 17 avril 2013

Le PCF veut faire payer les riches en commençant par ...Mélenchon !

Règlement de comptes au Front de gauche

Des affiches de campagne de Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, en janvier 2012. Photo Eric Cabanis/AFP

Les bons comptes font les bons amis. C'est bien connu. Il semblerait cependant que l'adage n'ait pas été suivi à la lettre par le Front de gauche. Pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, il ne s'agit que d'un "petit contentieux" entre son parti et le Parti de gauche. Mais un "petit contentieux" qui s'élève tout de même à 527 000 euros, soit le montant du dépassement des frais de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Mais comme l'a révélé Le Canard enchaîné dans son édition du 17 avril, le PG, qui estime que ces dépenses sont imputables aux fédérations du PCF, refuse de mettre la main à la poche.

La campagne de M. Mélenchon a été une des plus onéreuses de la présidentielle. Au départ, les organisations du Front de gauche avaient été prudentes en misant sur un budget de campagne de 3,9 millions d'euros. Une fois assurées de faire plus de 5 % des suffrages exprimés au premier tour et donc d'être remboursées de leurs frais de campagne, elles avaient vu plus grand. Au final, en terme de coût de campagne, M. Mélenchon se hisse dans le trio de tête, derrière François Hollande (les comptes de Nicolas Sarkozy n'ont pas été publiés par la commission des comptes de campagne car ils font l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel). Ses dépenses ont été de 9 427 731 euros, ses recettes de 9 468 161 euros et le remboursement de ses frais de campagne s'est élevé à 8 004 225 euros, soit 47,5% du plafond.

 

"ANCRAGE TERRITORIAL DECISIF"

Une fois les dons et diverses recettes ajoutés au remboursement de l'Etat, restent les fameux 527 000 euros de dépassement auxquels s'ajoutent des frais que la commission des comptes de campagne n'a pas intégré dans les remboursements. L'accord initial signé entre les différentes forces du Front de gauche prévoyait que les éventuels coûts supplémentaires seraient répartis entre elles. "A condition toutefois qu'un accord sur les dépassements ait été trouvé, comme ça a été le cas pour les dépenses nationales", souligne Martine Billard, coprésidente du PG. Pour l'ancienne députée, pas question de rembourser des sommes qui "n'ont à aucun moment été annoncées ou prévues et qui sont venues en sus des dépenses actées". "Le PCF a doublé son plafond de dépenses et a conduit l'ensemble des forces à dépasser le plafond autorisé, renchérit Eric Coquerel, secrétaire national du PG. On ne voit pas pourquoi on serait collectivement responsable."

Le PCF ne conteste pas les arguments du PG mais souligne que si ses fédérations ont généré ces dépenses supplémentaires, c'est parce qu'elles constituent la principale force militante du rassemblement. "Les fédérations PCF ont fourni un ancrage territorial décisif de la campagne avec des meetings départementaux, des tracts, des déplacements en car...", assure Jean-Louis Le Moing, trésorier du PCF, qui précise que "le plus souvent, ces dépassements ont été décidés en commun avec les organisations du Front de gauche quand elles existent au plan local". "On a fait une campagne collective, à un moment, il faut assumer", soupire également un élu communiste.

Devant le refus du PG, le PCF a fini par adresser un courrier à ses fédérations, début avril, pour leur faire part du problème et leur annoncer qu'elles devront assumer pour moitié les 527 000 euros ; le reste étant pris en charge par le conseil national du PCF. "Cette décision unilatérale du Parti de gauche est bien sûr inacceptable et nous ne nous en accommodons nullement mais elle nous a été imposée de fait, peut-on lire. Avec la direction nationale de notre parti, le secteur finances travaille en direction des partenaires pour qu’une telle situation ne puisse plus se reproduire, notamment en sécurisant les dépenses, par leur financement en amont conditionnant tout engagement financier du PCF." Une précaution qui ne sera pas inutile à l'approche des municipales et des européennes.

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