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dimanche, 17 mars 2013

Quartiers nord de Marseille ou les favelas marseillaises

"Sauvons nos enfants !" : les mères des cités marseillaises se révoltent

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE DIMANCHE 17 MARS 2013laprovence
 

Nadia, parente avec l'un des deux jeunes des Bleuets dont la vie a été fauchée, est en train de monter une association de mères qui n'en peuvent plus.

 

Elle s'appelle Nadia, mais demande à ce qu'on ne dévoile pas son nom de famille . Pas question non plus de diffuser sa photo. "C'est trop dangereux pour moi et pour ma famille", enrage-t-elle. Car cet anonymat forcé, "cette peur qui nous fait nous taire et baisser la tête quand on rentre chez nous", Nadia ne les supporte plus.

Mercredi dernier, un drame personnel a achevé de la convaincre d'agir. En plein jour, un gamin qu'elle a vu grandir a été abattu, foudroyé par une rafale de Kalachnikov. Nadia est aussi parente avec l'un des deux jeunes des Bleuets dont la vie a été fauchée"Dans la cité, il y a plusieurs mères qui ont eu un fils massacré dans un règlement de comptes. Et d'autres qui sortent la peur au ventre pour emmener leurs gosses à l'école. Certaines ont assisté à des drames, au pied de leur immeuble, là où leurs enfants jouent"témoigne-t-elle.

Nadia est surtout l'une de ces femmes qui ne connaissent jamais la paix . Et pour cause : "Comment ne pas trembler en permanence dans un quartier où des enfants de 15 ans possèdent des Kalachnikov , et qu'on se dit que c'est peut-être le nôtre ?"

Vendredi soir, ces femmes des cités qu'on dit "sensibles", se sont donc rencontrées. "Avec Facebook, on est en contact avec d'autres, dans d'autres cités. Des mamans dévastées, ou qui vivent dans la peur, il y en a de plus en plus à Marseille", explique Nadia. Ensemble, "réunies par la souffrance", ces femmes de tous âges, de toutes confessions, se révoltent aujourd'hui. "Nous ne réclamons pas vengeance, nous ne sommes pas animées par la haine mais par un esprit de paix." Ce qu'elles veulent, c'est faire cesser cette spirale infernale :"Aujourd'hui, on en est à un tel point de violence que les jeunes tuent avant d'être tués. C'est à qui dégainera le premier."

Leur idée, c'est de faire parler d'elles, "pour que d'en haut, l'ordre soit donné de protéger les femmes et les enfants des cités". L'association qu'elles sont en train de monter veut faire pression sur les autorités pour qu'une présence policière permanente soit instituée dans les secteurs les plus sensibles. "Tant que la police ne fera pas partie du décor des cités, rien ne pourra être entrepris."

Dans les jours prochains, les mères des cités projettent d'aller manifester en nombre devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, de distribuer des tracts, de parler à la radio, dans les journaux : "Aujourd'hui, tous les Marseillais, en tant que parents, sont concernés par cette violence".

Nadia n'a guère d'illusions : "Dans cet océan de sang, nous ne sommes peut-être qu'une goutte d'eau. Mais si l'on veut sauver nos enfants, il faut commencer par relever la tête."

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