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mercredi, 06 mars 2013

Le Front National affole, et nous, on en raffole !

Marseille : pourquoi le Front national affole les compteurs

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE MERCREDI 06 MARS 2013 
 

Dans la cité phocéenne, le parti est crédité de 18 à 20 % des intentions de vote pour 2014

Stéphane Ravier et Marine Le Pen lors d'une visite à la savonnerie du Fer à cheval, le 1er février.
Photo Nicolas Vallauri
Stéphane Ravier et Marine Le Pen lors d'une visite à la savonnerie du Fer à cheval,

Ignoré des sondages marseillais en vue des municipales 2014, le Front national a fait une entrée fracassante dans les enquêtes d'opinion. Celle réalisée fin février par Ifop-Fiducial pour Le Journal du Dimanche lui accordait entre 18 et 20 % des intentions de vote et offrait à la ville des perspectives de triangulaires au second tour. 

Où la liste conduite par Stéphane Ravier confirmerait ces chiffres. Même si, à un an des municipales, PS et UMP en sont encore à évoquer des primaires ou à attendre un signal de Jean-Claude Gaudin, la portée du sondage résonne fortement. 

En 2008, le FN déjà emmené par Stéphane Ravier s'était arrêté à 9 %, faisant des pointes à 12 % dans les quartiers Nord où seul Bernard Marandat avait pu accéder au conseil municipal. Depuis, il a atteint le seuil des 30 % aux cantonales 2011 et 20 % aux législatives l'an dernier sur la ville.

"Le fait que le FN soit aujourd'hui à 18 % sur des municipales où il n'atteint traditionnellement pas ces scores n'est pas étonnant",analyse Daniel van Eeuwen, professeur émérite à Sciences Po Aix. L'implantation de Stéphane Ravier joue un rôle"J'ai gagné en notoriété", convient le conseiller régional.

Nommé président départemental de la fédération fin 2012 après avoir lutté au second tour des législatives face à la socialiste Sylvie Andrieux, le chef de file frontiste est le premier à s'être lancé dans la campagne à l'occasion de la venue de Marine Le Pen dans les quartiers Nord le 1er février. "Il est dans la proximité comme l'étaient ceux qui ont été élus à Toulon en 1995", note Daniel van Eeuwen. Mais cela n'explique pas le bond de son parti sur le reste de la ville. Au-delà de l'effet crise qui désespère, des thèmes de l'insécurité et de l'immigration, très prégnants à Marseille et du rejet des partis politiques classiques, deux éléments nouveaux apparaissent. Ils tiennent à la stratégie de Marine Le Pen.

"Elle convainc beaucoup sur l'euroscepticisme et fait de l'Europe un bouc émissaire qui fonctionne, pointe le politologue aixois. Dans ce discours se retrouvent ceux qui rejettent l'immigré non pas parce qu'ils sont racistes, mais parce qu'il peut poser des problèmes économiques." Une évolution qui n'est pas seulement sémantique dans un électorat toujours tourné vers les couches populaires, mais dont l'assise s'est élargie. "Nos adhérents sont à l'image de la société, on n'est plus dans la caricature du facho, sourit Stéphane Ravier. Il y a une volonté chez les gens d'aller au fond des choses, de ne pas s'en tenir aux apparences et aux slogans."

Au Front, le changement a été perçu, incitant Marine Le Pen à muer un parti de contestation en un mouvement décidé à gouverner. "Elle est allée jusqu'à avancer un programme, quitte à ce qu'il ne soit pas forcément convaincant",relève Daniel van Eeuwen. 

"On ne se contentera pas de dire qu'il faut tourner la page Gaudin et que le PS est au tribunal, 
confirme Stéphane Ravier. Nous voulons montrer ce dont nous sommes capables. On aura des propositions précises." Une révolution par rapport à l'époque Jean-Marie Le Pen, plus adepte des formules que du technique. Reste que les municipales à Marseille ont une particularité, les huit secteurs, qui obligent les partis à additionner les victoires pour toucher la case Hôtel de Ville. Même s'il pourra s'appuyer sur des têtes de pont déjà présentes aux cantonales et aux législatives, Stéphane Ravier est conscient de l'écueil.

 

 

François Tonneau

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Commentaires

De tout coeur avec vous! Marseille en a grandement besoin!

Écrit par : Aliénor | jeudi, 07 mars 2013

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