Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 06 mars 2013

Andrieux Connection: Fraude aux subventions, racket, violence... Et nous ne sommes qu'au deuxième jour du procès !

Procès Andrieux à Marseille : la fraude aux subventions sous fond de violence

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE MERCREDI 06 MARS 2013 À 13H02
 

Les prévenus dénoncent pressions et menaces avec armes

Les bancs de l'Assemblée avant ceux du Tribunal...ndlr

 

Deux jours d'audience et le procès de l'affaire des subventions du Conseil régional versées à des associations bidons prend, sous les feux du tribunal correctionnel, a pris un tour préoccupant. On y avoue franchement des menaces avec armes, on s'interroge du bout des lèvres sur des fuites de l'argent détourné vers des trafics de stupéfiants. En un mot, on y sent la violence et comme une empreinte criminelle.

Les langues se délient ; les présidents et trésoriers de paille des associations créées pour vampiriser les subventions évoquent les menaces subies par le duo composé de Cédric Doco, un jeune entrepreneur du bâtiment en quête de chantiers dans les quartiers Nord, et de Boumédienne Benamar, qui aurait avoué "avoir dans l'idée de récupérer 250 000  pour construire son avenir et celui de ses enfants".

"Tu vas finir sur un lit d'hôpital"

Dès la première subvention reçue sur le compte de Sport Image, Nicolas Mougel avait "fait des pieds et des mains pour arrêter", pour ne plus être un prête-nom. Lorsque le jeune homme annonce qu'il va clôturer le compte, il aurait été menacé par Doco. "En gros, fallait que je fasse attention, qu'il y avait du monde derrière..." Il évoque un rendez-vous dans une cave où "il m'a montré une arme".

Comme d'autres, il encaisse les subventions puis retire l'argent en espèces pour, dit-il, le remettre à Cédric Doco. Même à la banque où il réclame une attestation de clôture du compte de Sport Image, "une employée est venue vers moi et m'a dit : 'Tu vas finir sur un lit d'hôpital'". Trésorier de trois associations culturelles, Nicolas Mathieu reconnaît que "le bénéficiaire final" des 30 000 € versés par la Région était bien Boumédienne Benamar.

"Il savait les montants alloués, les dates de paiement, il était renseigné par quelqu'un du Conseil régional." Il décrit un homme menaçant, venant sur son lieu de travail, "tout rouge et tremblant de tous ses muscles". "J'ai vécu la pression que Benamar faisait subir à mon ami Pierre Santacreu", le président des trois associations culturelles.

Un circuit court

Invité par le procureur Jean-Luc Blachon à se montrer courageux, Pierre Santacreu explique que, "ses associations étaient devenues des associations taxis, servant à récupérer les subventions reçues par d'autres associations puis à retirer l'argent au bénéfice de M. Benamar". Un circuit court du Trésor public jusqu'au faux plafond de la SARL Doco où était dissimulé l'argent !

Le prévenu détaille "la montée en pression" subie jusqu'à vivre "l'enfer tous les jours. Il fallait faire les retraits à la minute". Pierre Santacreu dit avoir tiré toutes les sonnettes d'alarme. "Le choix d'alerter la police, c'est compliqué quand vous êtes menacé." À Rolland Balalas, bras droit de la députée Sylvie Andrieux au Conseil régional, il aurait révélé la fraude.

"Il était sidéré mais m'a dit que sur les quartiers, il fallait des gens costauds comme Benamar." Une autre fois, le responsable politique lui a confessé vivre les "mêmes pressions, encore pire car ça vient de tous les côtés. Balalas m'explique alors que c'est ingérable, il se demande si les associations n'ont pas servi à financer des choses plus graves, comme la drogue".

En ultime recours, Pierre Santacreu était allé rencontrer Sylvie Andrieux pour "lui faire part de ses suspicions sur Prédinord", l'association de Benamar. Il en avait aussi parlé au directeur de sa banque. "J'ai frappé à toutes les portes pour dire qu'il y a du racket, de la mise à l'amende. Mais on ne m'a pas écouté."

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.