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mardi, 05 mars 2013

Violence: après le personnel hospitalier, à qui le tour ?

Marseille : menacé, le personnel des urgences Nord est sous le choc

Laprovence 5/3/13

 

"Un taureau en furie, une bête déchaînée" : c'est en ces termes que le Dr Philippe Jean, chef du service des urgences de l'hôpital Nord décrit l'individu qui a déboulé dimanche soir dans les boxes des malades. "Il hurlait dans le couloir, en menaçant de mort l'interne de garde."

Motif de ce courroux : ce patient, soigné pour des blessures au couteau survenues lors d'une bagarre, n'était pas satisfait du certificat médical qui venait de lui être remis : "Il réclamait davantage de jours d'arrêts-maladie..." soupire le Dr Jean. Ce n'est qu'une fois les policiers de la Bac arrivés sur place que le calme est revenu dans le service, l'individu ayant pris la poudre d'escampette.

"On reviendra avec des Kalash'"

Le répit fut de courte durée... Hier au petit matin, le personnel des urgences a été confronté à de nouvelles violences lorsqu'un patient, transporté par les marins-pompiers après un accident de voie publique sans gravité, a estimé qu'il n'était pas pris en charge assez vite. "Il s'est mis à hurler dans la salle d'attente, il a complètement explosé une porte, puis a menacé tout le monde, avant d'être emmené au poste par la police", raconte le Dr Jean, qui témoigne de l'exaspération et de l'angoisse des personnels.

"L'énervement des patients, leur anxiété légitime, ça, on sait gérer, même si on récolte des insultes, explique un agent du service. Mais ce qui nous inquiète, c'est qu'on est de plus en plus souvent confrontés à une nouvelle forme de violence, qui ne semble pas maîtrisable, souvent sur fond d'alcool et de toxicomanie."

Sans oublier les menaces de mort, de plus en plus précises : "On va revenir avec des Kalash', on va vous trouer la peau", aurait annoncé au personnel l'un des patients en furie. Dans un message aux personnels des urgences, le directeur de l'hôpital Nord, Gilles Halimi, a rendu hommage "à la maîtrise et au courage dont les soignants et les agents de sécurité ont fait preuve à l'occasion de ces événements".  Une plainte a été déposée par la direction de l'hôpital, en accompagnement de celle déposée par les agents de sécurité agressés.

Maéva Delaveau, médecin urgentiste depuis 10 ans à Marseille, qualifie ces actes de violences de "complètement délirants""Il y a quelques semaines, un patient n'était pas satisfait de son certificat médical, alors il m'a craché dessus. Il voulait une semaine de plus et a essayé de me frapper", dit-elle. "Une autre fois, se souvient-elle, il y avait un patient qui voulait que je le soigne mais pas que je l'examine. Donc quand j'ai commencé à vouloir regarder son pansement, il m'a frappée".

Les violences en milieu hospitalier seraient en hausse sensible ces dernières années. En 2011, sur les 5 760 faits signalés en France, 26 % étaient des injures et insultes, 18 % des menaces, 55 % des coups, et 1 % des faits ont été qualifiés de crimes. Les services les plus touchés sont la psychiatrie (25 %), la médecine générale (12 %) et les urgences (15 %, en augmentation de 1,5 %).

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