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dimanche, 03 mars 2013

La rose Andrieux perdra t'elle ses pétales ? Rendez vous le 22 mars.

La députée PS Sylvie Andrieux au tribunal

lefigaro.fr

Par Aliette de BroquaPublié le 03/03/2013
Sylvie Andrieux, en septembre 2010 à l'Assemblée nationale. La députée a été réélue en 2012.
Sylvie Andrieux, en septembre 2010 à l'Assemblée nationale. La députée a été réélue en 2012. Crédits photo : Lemouton Stephane/ABACA


Le procès de l'élue marseillaise s'ouvre lundi pour trois semaines. Il lui est reproché d'avoir détourné 740.000 euros de subventions pour mettre en place un système clientéliste.

L'«affaire Guérini» n'est pas la seule casserole du Parti socialiste à Marseille. Il y a également l'affaire du détournement de 740.000 euros de subventions du conseil régional de Paca au profit d'associations bidon pour laquelle la députée socialiste des Bouches-du-Rhône, Sylvie Andrieux, 51 ans, et vingt et un autres prévenus (majoritairement des responsables d'associations) sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Le procès s'ouvre lundi pour trois semaines.

Il est reproché à l'ancienne vice-présidente de la région, en charge de la politique de la ville, d'avoir «détourné au profit de sa carrière politique personnelle des fonds publics initialement destinés à aider des associations des quartiers déshérités en grande difficulté», estime le juge d'instruction Franck Landou dans son ordonnance de renvoi. Le parquet, dans son réquisitoire, a estimé que la députée était l'«auteur principal» d'«un système clientéliste à visée électoraliste». Le juge Landou note que l'élue bénéficiait d'une «position atypique et dominante au sein de l'institution régionale (…), lui conférant une influence plus étendue que celle de beaucoup d'autres élus». Il ajoute que «son comportement autoritaire, brutal et sans scrupule» lui valait une quasi-indépendance. Puis, il décrit «sa façon d'utiliser des personnalités influentes dans des quartiers en difficulté de sa circonscription en les rétribuant avec des subventions indues afin de conforter sa clientèle électorale».

 

L'élue déversait en effet les trois quarts des fonds publics régionaux dédiés à la politique de la ville dans sa circonscription englobant des cités déshéritées des quartiers nord de Marseille, comme La Busserine et Font-Vert. «Le fait d'aider abondamment les associations est le résultat d'une stratégie politique. En effet, les vannes sont ouvertes en grand dans un but qu'on peut qualifier de clientéliste ou électoraliste», avait reconnu son attaché parlementaire et interlocuteur des responsables des associations fictives, Roland Balalas, renvoyé pour complicité de détournement de fonds publics et complicité d'escroquerie. Il avait ajouté: «Mme Andrieux utilise sans discernement les fonds publics, sans se soucier de ce qu'il y a derrière.»

«La reine d'Angleterre»

«Dans les quartiers, il se dit que si tu veux t'enrichir, tu n'as qu'à monter une association. (…) Dans le quartier, il se dit que le parrain, c'est Mme Andrieux et que rien ne se fait sans elle», avait dénoncé un autre mis en cause, poursuivi pour recel d'escroquerie. Les subventions finançaient le train de vie de quelques caïds des cités devenus responsables associatifs. L'un d'eux s'est offert une Mercedes. Un autre se versait 5 500 euros par mois et louait des voitures au nom d'associations fictives. En contrepartie, ils étaient au service de l'élue et faisaient office de «relais d'opinion» dans leurs quartiers.

Sylvie Andrieux, qui s'est toujours déclarée innocente, reste combative. «Ils n'ont rien trouvé et ils ne trouveront rien!» se défend-elle, en répétant qu'elle n'avait pas connaissance du caractère fictif des associations, renvoyant la responsabilité sur «des escrocs» qui auraient profité de défaillances de la région. «Si le juge avait pu apporter la preuve que Sylvie Andrieux savait que les associations étaient fictives, il l'aurait mise en cause pour complicité d'escroquerie, mais il n'apporte pas de preuves qu'elle savait», argumente son conseiller en communication de crise, Christophe Reille.

Michel Vauzelle, le président du Conseil régional, a demandé à être auditionné comme témoin lors du procès. Il veut répliquer à la ligne de défense de Sylvie Andrieux selon laquelle son rôle était comparable à celui de «la reine d'Angleterre», puisqu'elle n'avait pas de délégation de signature… Une position qui n'a pas convaincu le juge ni le parquet, puisque le directeur des services de la région et le directeur de cabinet de Vauzelle ont bénéficié de non-lieu.

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