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samedi, 02 mars 2013

Reconquista !

Le Pen : «Nous partons à la reconquête des grandes villes» 

lefigaro.fr

Par Albert ZennouGuillaume Perrault publié le 28/02/2013 
Marine Le Pen dans son bureau au siège du Front national, à Nanterre (Hauts-de-Seine), mercredi.
Marine Le Pen dans son bureau au siège du Front national, à Nanterre (Hauts-de-Seine), mercredi. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/JC MARMARA/LE FIGARO


INTERVIEW. - La présidente du Front national nourrit de grands espoirs pour les municipales. Elle table même sur des accords locaux.

LE FIGARO. - Quelle appréciation portez-vous sur les résultats des législatives en Italie?

Marine Le PEN. - Un verrou psychologique vient de sauter. L'Italie est un des pays fondateurs de la «construction européenne». Et la majorité de ce peuple vient de voter pour un parti euro­sceptique. Beppe Grillo réclame un référendum sur la sortie de l'euro. Silvio Berlusconi tonne contre l'austérité imposée par l'Allemagne et Bruxelles. Les législatives en Italie confirment ainsi la justesse de mon diagnostic: la politique de rigueur dictée par Berlin nous conduit à une impasse. La réaction pleine de mépris des élites européistes sur le vote souverain des Italiens montre que le fossé s'agrandit entre la vieille caste politique et les technocrates d'un côté, tous les peuples d'Europe de l'autre.

 

Que préconisez-vous aujourd'hui?

Il faut envisager un référendum sur l'Union européenne. Pour le préparer, il sera nécessaire de se donner une année, et d'engager de grandes négociations avec nos partenaires sur les sujets clés: euro, concurrence déloyale extra-européenne et intra-européenne, accords de Schengen. Une fois ces négociations terminées, nous dirons aux Français: «Voilà ce qu'on a pu obtenir. À vous de choisir: on reste ou on part?» Ça a été la stratégie de David Cameron pour défendre les intérêts de son pays. C'est ce que je compte faire si nous arrivons au pouvoir. Les élections européennes de 2014 seront l'occasion pour moi de défendre ce plan d'action. Le Front national nourrit de grandes ambitions pour ce scrutin.

Ne trouvez-vous rien de positif dans l'action de François Hollande?

François Hollande, c'est le Mario Monti français. Il dirige un gouvernement technique. Et il applique la feuille de route exigée par nos créanciers. Ça s'appelle être un mandataire-liquidateur, au détriment de nos intérêts nationaux. 2013 et 2014 seront des annus horribilis pour la France. D'ores et déjà, le chômage frappe 5 à 6 millions de personnes. Il faut en effet ajouter au chômage à temps plein le temps partiel subi. Ce chômage va être aggravé par la crise de la consommation. On ne peut pas diminuer sans arrêt le pouvoir d'achat des Français sans en subir les conséquences. Hollande sait qu'il faudrait rompre avec cette logique folle pour sortir de la crise, et il ne le fait pas. C'est encore plus condamnable que d'ignorer les solutions. Hollande me fait penser à la Bonne du curé chantée par Annie ­Cordy: «J'voudrais bien, mais j'peux point.»

Vous vous présentez volontiers comme la porte-parole du bon sens face au «système». N'est-ce pas facile?

Mes adversaires eux-mêmes reconnaissent à demi-mot le bien-fondé de mes positions sous la pression des événements. Pendant la présidentielle, lorsque j'ai réclamé qu'on commence par dévaluer l'euro, tous m'ont traitée d'irresponsable. Aujourd'hui, les mêmes font mine de découvrir que l'euro est surévalué… De même, lors de la campagne, j'avais prévu une croissance zéro pour 2012. Mes adversaires ont ricané. Désormais, ils doivent avouer ce qu'ils savaient déjà à l'époque. Le gouvernement, en particulier, a bâti des budgets sur des hypothèses de croissance qu'il savait fausses.

Ne risquez-vous pas une douche froide aux municipales de mars 2014, compte tenu du mode de scrutin?

Le mode de scrutin majoritaire à deux tours pousse à des accords entre les deux tours. Mais c'est le legs d'une époque où régnait le bipartisme. Aujourd'hui, la situation est très différente. À Marseille, la gauche, l'UMP et le FN représentent trois forces politiques de poids analogue. Qui peut dire qui arrivera en tête au deuxième tour dans cette ville en cas de triangulaire? Les deux députés du FN qui siègent à l'Assemblée ont gagné lors de triangulaires. Ce précédent peut se reproduire, à une plus grande échelle, aux municipales. Selon nos estimations, à la présidentielle, je suis arrivée en tête dans 6 286 communes et en deuxième position dans 12.120 autres communes. Notre parti s'est redressé et enraciné. Son image s'est améliorée, comme le confirment plusieurs enquêtes d'opinion. Nos idées progressent. C'est dire notre potentiel aux municipales.

Depuis quelques années, on note un recul du FN dans les grandes villes au profit des zones périurbaines.

Nous partons avec le désir de gagner des mairies et des conseillers municipaux d'opposition, dans les villes petites et moyennes ainsi que les espaces ruraux, mais aussi dans les agglomérations. Nous allons partir à la reconquête des grandes villes. Et nous sommes ouverts à des accords locaux, avec tous les patriotes sincères qui se retrouveront sur nos propositions pour les municipales.

Jean-François Copé et François Fillon s'y refusent tous deux…

Nous ne proposons pas d'accord national à l'UMP, de toute façon. Mais l'UMP n'a plus ni chef, ni ligne politique, ni stratégie. Elle se regarde le nombril et ne fait plus de politique au sens noble. Ses cadres s'épuisent dans des querelles de personnes. Quant à Nicolas Sarkozy, la plupart de ses anciens ministres n'ont aucune envie de le voir revenir. Bref, il n'y a plus de leadership, et l'emprise du parti sur ses élus locaux a beaucoup diminué. On ne voit pas qui, à l'UMP, aurait la légitimité nécessaire pour prétendre interdire à un maire de passer des accords avec une autre liste entre les deux tours. Cette situation va probablement pousser des élus ou des candidats de droite à refuser de laisser leurs villes à des maires socialistes.

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