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samedi, 23 février 2013

Marine LE PEN: Des paroles et bientôt des actes !

Le Point.fr - Publié le 22/02/2013 à 07:28 - Modifié le 22/02/2013 à 12:29

La présidente du FN a assuré dans "Des paroles et des actes" sur France 2 qu'elle est la mieux placée pour défendre les "oubliés de la politique française".

La présidente du FN, Marine Le Pen, sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes", le 23 juin 2011.

La présidente du FN, Marine Le Pen, sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes", le 23 juin 2011. © Chamussy / Sipa

Marine Le Pen a fait jeudi soir sa rentrée médiatique sur France 2. L'occasion pour la présidente du Front national d'occuper le terrain et de remettre son parti sous le feu des projecteurs en cette année 2013 sans élection. Pendant plus de deux heures, Marine Le Pen a tenté de convaincre sur le plateau de Des paroles et des actes qu'elle était la personnalité politique idoine pour défendre le "peuple français" et les "oubliés de la politique française", ceux qui sont victimes du "mondialisme sauvage".

Accusée par son premier contradicteur, le socialiste Malek Boutih, de surfer sur la misère des gens, elle se défend la main sur le coeur. "Je ne pense qu'à une chose : résoudre les malheurs et apporter des solutions aux Français ! Si j'appliquais mon projet, la situation de la France serait meilleure." Celle qui a permis au FN de s'imposer comme la troisième force politique a défendu son programme : la "priorité nationale", la réduction en cinq ans de l'immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an ou encore la création de 40 000 places de détention pour lutter contre la délinquance et l'insécurité.

"Au FN, nous ne sommes pas violents"

Habillée d'une veste noire sobre, Marine Le Pen semble s'être assagie. Jeudi soir, elle a une fois de plus prouvé ses qualités de bretteur, mais sans manier la provocation ni la petite phrase assassine. Tout a été dans la mesure. Pas question de dénoncer trop fort l'islamisation de la France ni de comparer les prières de rue à une occupation, comme elle l'avait fait en décembre 2010. "Marine Le Pen se prépare pour la présidentielle de 2017. Elle doit rassembler les Français", s'amuse l'un de ses conseillers.

Il est donc encore moins question pour Marine Le Pen d'accepter sans broncher le qualificatif "d'extrême droite" dont l'affuble Malek Boutih. "Je ne suis pas d'extrême droite. Au FN, nous ne sommes pas violents : les seules violences que je vois sont celles dont je suis victime comme lors de mon arrivée à l'université de Cambridge mercredi où j'étais invitée", rétorque Marine Le Pen. Et lorsque l'ancien président de SOS racisme reproche au FN de ne pas être un parti à vocation démocratique, elle répond : "Nous défendons l'identité française, la souveraineté nationale face aux transferts de souveraineté qui ont eu lieu ces dernières années. Nous défendons la nation, qui est au centre de notre projet politique."

Quelques instants plus tard, c'est le député UMP de l'Eure Bruno Le Maire qui croise le fer avec la présidente du FN. Sur un ton professoral, l'ancien ministre met en cause la stratégie "ni droite ni gauche" du FN, une stratégie "confuse" et "opportuniste" afin d'accéder au pouvoir. Il l'accuse d'être brouillon. "Vous apprendrez, madame, que le pouvoir, c'est précis", lâche-t-il sèchement. Sans se démonter, l'ex-candidate à l'Élysée remercie avec ironie son "professeur" pour ses "leçons de compétences" et se lance dans une longue tirade afin de s'autoproclamer candidate du "peuple français". "Bruno Le Maire, vous dites que vous croyez en la France, mais vous ne croyez pas en son peuple français puisque vous lui retirez sa souveraineté en la transférant à l'Union européenne. Vous croyez en la France, mais vous ne croyez pas en son peuple français, car vous mettez en place des modes de scrutin pour écarter le FN et pour élire un coup vous, l'UMP, et un coup le PS", tonne-t-elle d'un sourire carnassier.

Élargir l'audience du FN

Pour les prochaines échéances électorales, Marine Le Pen est confiante. Son parti n'a-t-il pas décroché deux sièges de députés à l'Assemblée en juin dernier ? Et en ce mois de février, sa cote de popularité n'a jamais été aussi haute. Selon le dernier baromètre Ipsos pour Le Pointelle obtient 35 % d'opinions favorables (+ 4 points par rapport à janvier) et atteint la 17e place du palmarès des personnalités préférées des Français. Sa cote de popularité s'établit à 39 % chez les sympathisants UMP. Auprès d'eux, elle talonne ainsi Laurent Wauquiez (41 %), devance Bruno Le Maire (35 %) même si elle suscite tout de même encore 59 % d'opinions défavorables.

Cette année, le FN a donné le coup d'envoi à la professionnalisation de son parti : les militants ont la possibilité de suivre des formations chaque week-end et des permanences FN fleurissent dans les fédérations. Depuis début janvier, il est désormais possible d'adhérer à l'association loi 1901 Rassemblement bleu Marine. L'objectif ? Élargir l'audience du FN en tendant la main à ceux qui hésitent à franchir le pas à cause du passé sulfureux du parti créé par Jean-Marie Le Pen. "Il en faut pour tous les goûts ! Mon rôle est de donner la possibilité à tous de participer à ce grand rassemblement des patriotes pour la France : ils ont la liberté de venir au RBM ou au FN", a expliqué Marine Le Pen jeudi soir.

À la conquête des "oubliés"

La députée européenne s'est aussi lancée dans une campagne de terrain en effectuant un "tour de France des oubliés". Vendredi, elle devait être dans le Doubs pour rencontrer les ouvriers à la sortie de l'usine PSA-Sochaux, mardi elle est attendue à Rocamadour (Lot), et jeudi au Salon de l'agriculture. Cette thématique des "oubliés" et des "invisibles" a été l'un des principaux axes de sa campagne présidentielle. Et cela a payé dans les urnes. Les résultats du premier tour ont montré que le vote FN a surtout percé en milieu rural - ce qui lui a permis de gagner du terrain en Poitou-Charentes, dans l'Ariège, le Gers, les Hautes-Pyrénées -, mais aussi sur des terres populaires comme dans le Pas-de-Calais ou la Moselle.

Marine Le Pen veut protéger les Français contre l'insécurité sociale à l'heure où ils doivent faire face à la multiplication des plans sociaux, à la montée du chômage et à une croissance économique en berne. Comme l'explique le géographe Christophe Guilluy (*), qui a analysé les attentes des classes populaires, "60 % de la population française vit aujourd'hui en dehors des agglomérations. Les classes populaires se concentrent désormais dans les espaces périurbains, les petites villes et la France rurale. (...) Et le sentiment d'insécurité sociale conduit à une demande de protection face à la mondialisation." Et cela, Marine Le Pen l'a bien compris.

(*) Christophe Guilluy, Fractures françaises, Bourin Éditeur, 2010

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