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mardi, 02 octobre 2012

Les Guérini: de la cantine du collège à celle des Baumettes ?

Affaire Guérini : main basse sur le chantier de la cantine du collège Monticelli, à Marseille

laprovence 2/9/12

 
 
 
Le "Don" est toujours là ! ndlr

 

Après la construction de la caserne des sapeurs-pompiers de La Ciotat ou celle du centre administratif de Berre, les enquêteurs de l'affaire Guérini s'intéressent à un nouveau chantier : celui de la cantine du collège Monticelli, à Marseille, qui a démarré fin 2007. Selon nos informations, un ancien cadre du conseil général a été placé hier en garde à vue. D'autres personnes ont été entendues ces dernières semaines, certaines travaillant toujours au CG 13, et des documents ont été saisis.

De nouveau, on retrouve ABT, une société de travaux liée au "milieu" : implantée à Gardanne, elle aurait obtenu dans des conditions douteuses un marché public de 665 000 euros pour "un lot de gros oeuvre et de terrassement". Avec toutefois une nouveauté de taille : contrairement aux précédents, ce chantier aurait été piloté directement par le CG 13.

Les pressions d'Alexandre Guérini

Ex-président de Treize Développement, une société d'aménagement dépendant du Département, Jean-Marc Nabitz a expliqué aux gendarmes qu'il était initialement prévu qu'il s'occupe de ce dossier : "Une année avant le lancement de l'opération, Alexandre Guérini m'a dit qu'il fallait faire choisir ABT."

Est-ce parce que Nabitz traîne les pieds ? Toujours est-il que le CG décide d'être le maître d'ouvrage du chantier. Des architectes extérieurs sont désignés et un appel d'offres est lancé, afin de sélectionner les entreprises. Problème : les dernières investigations auraient démontré une "correction" à la baisse de la proposition d'ABT après la date limite, pour la rendre plus compétitive que celle des autres concurrents.

Le "hic", c'est que celui qui a modifié les offres aurait eu la main trop lourde : celle d'ABT est tellement basse qu'elle intrigue alors les architectes. Qui décident de l'écarter, la jugeant peu crédible, comme ils l'écrivent dans un rapport qu'ils adressent au département. Nouvelle surprise, le service "construction-rénovation" du CG leur demande de repêcher ABT à condition... qu'elle confirme ses prix ! Ce qu'elle fait aussitôt, ce qui lui permet d'être désignée dans la foulée.

Des fondations à refaire

Le 24 janvier 2008, le président PS du CG, Jean-Noël Guérini, pose la première pierre du futur self. Alors en campagne pour les municipales de Marseille, il promet que les travaux seront terminés dès la rentrée suivante (1). Le chantier tourne toutefois à la catastrophe et les architectes alertent sur la mauvaise qualité du travail. Deux réunions sont organisées pour demander des explications à Damien Amoretti, un des responsables d'ABT, qui répond... qu'il "conna(ît) du monde".

Selon une note interne du CG, ABT ne parvient pas à obtenir les autorisations pour installer une grue, multiplie les "malfaçons inacceptables", se trompe de plusieurs mètres, lorsque sont réalisées les fondations... "Nous nous demandions tous comment une telle entreprise avait pu remporter ce marché, se souvient un des acteurs du chantier. Ils sous-traitaient tout. Ce n'étaient jamais les mêmes personnes qui travaillaient..." Entendu en garde à vue, un membre de l'équipe ABT a reconnu que la société n'avait pas les compétences : "Elle était tout au plus capable de faire le gros oeuvre."

Une nouvelle société à la rescousse

À plusieurs reprises, le chantier est arrêté et les jours de retard s'accumulent : en bout de course, on en dénombrera 307 ! Qui plus est, des problèmes de sécurité se posent pour les élèves, obligés de traverser la rue dans des conditions acrobatiques pour aller déjeuner au lycée Périer : "L'entreprise s'est approprié le domaine public en édifiant des barrières sur le trottoir", se plaint à l'époque Michel Henriet, le président du CIQ. Cela ne trouble guère Damien Amoretti, qui se montre menaçant en réponse aux critiques et refuse de corriger les malfaçons.

Face au naufrage, après une intervention inquiète d'un responsable du service "construction-rénovation" auprès de Jean-Noël Guérini, le CG finit par trancher dans le vif le 29 mai 2009 : le marché avec ABT est résilié et il est décidé de le relancer -il sera attribué l'année suivante à Gagneraud. Ce qui ne sera pas sans conséquences financières, la facture globale de la cantine de Monticelli grimpant au final à près d'un million et demi d'euros... Avantage de l'affaire : comprenant qu'ABT avait perdu le soutien d'Alexandre Guérini, la mairie de Berre en profitera pour rompre un marché de construction qui se passait également dans des conditions catastrophiques.

(1) Le planning contractuel prévoyait en fait une livraison en décembre 2008.

 

 

Fred GUILLEDOUX et Denis TROSSERO

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