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vendredi, 21 septembre 2012

La délinquance à Marseille ne fait pas que des malheureux

Marseille : à qui profite l'argent du crime ?

 



 

Publié le jeudi 20 septembre 2012 laprovence.com

 

À Marseille, des millions d'euros sont générés tous les ans par les trafics de stups. Les petits dealers de rue améliorent leur quotidien et flambent dans les boutiques de luxe

 

 

Et si c'était vrai ? Et si les remèdes annoncés par le comité interministériel du 6 septembre dernier étaient fatals à l'économie souterraine, galopante, à Marseille ? Et si la nouvelle section locale du Gir (Groupe d'intervention régional), épaulée par les nombreux renforts policiers, arrivait à traquer, dans les moindres recoins des zones de sécurité prioritaires, toute trace d'argent sale ? Zéro trafic. Plus de transaction douteuse. Plus de violence. Scénario idéal ou... scénario catastrophe ?

Éradiquer les trafics ne signifie pas éradiquer la misère. Problème numéro un dans ces quartiers sensibles. "Sans ces tonnes de cannabis qui y transitent, ça exploserait", assure le sociologue Michel Kokoreff. Les trafics, et surtout l'argent qu'ils génèrent, sont-ils un mal nécessaire ?

Au-delà de la survie qu'il permet à des centaines d'habitants, l'argent qui en découle est forcément, indirectement, réinjecté par l'achat de biens, dans l'économie locale. "Les gros trafiquants placent leur argent, notamment à l'étranger. Sur des comptes, en contractant plusieurs assurances vie ou en investissant dans l'immobilier. Les intermédiaires, ici, ouvrent des snacks ou des points phone. Mais les petites mains brûlent dans le week-end, ce qu'ils ont gagné dans la semaine en faisait le chouf ou le rabatteur, raconte un pénaliste marseillais. Où ? Dans le centre ! En achetant des vêtements de marque. Et forcément, tout en liquide !"

Une situation qui ne rebute pas vraiment les grandes enseignes de luxe, qui finalement y trouvent aussi leurs comptes, puisque leur magasin marseillais ne s'est jamais aussi bien porté... alors que 26 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Soit 10 % de plus que sur le plan national ! Alors, qui sont ces clients ? "L'argent n'a pas d'odeur, admet objectivement Jean-Luc Blanc, président de la maison du commerce à la CCI. Rue Grignan ou rue Saint-Fé, il n'y a pas que des touristes canadiens ! Il est évident que les trafics font, indirectement travailler le commerce. Mais de tout temps, les marginaux ont aimé flamber. À Marseille, le paraître est dans l'ADN ! Mais, c'est le commerce. Refuser de vendre est interdit. Sur quel motif ? Tout est bien encadré. Au-delà d'une certaine somme, les commerçants n'ont plus le droit d'accepter du liquide !" Du côté de Terre de commerce, le sujet fâche carrément.

"Ce n'est pas à vous à savoir où va l'argent mais à la police !", rétorque sèchement le président, Laurent Carratu en assurant qu'il n'était absolument pas prouvé que "les commerçants vivaient, aussi, grâce à l'argent des trafics". Même agacement du côté de la Ville. "Que voulez-vous que je vous dise, s'impatiente l'élue aux commerces, Solange Biaggi. Oui il y a des trafiquants, et oui, ils s'habillent. C'est un drame mais ce n'est pas propre à Marseille". Certes.

Mais certains signes ostentatoires de richesse sont désormais dans la ligne de mire de la police. "On peut imaginer des surveillances à proximité de certains commerces de luxe, histoire de voir qui flambe", confie-t-on à la Dipj de Marseille. Certains loueurs de voitures haut de gamme ont d'ores et déjà reçu la visite de la PJ. "Louer une voiture 3 000 euros en liquide pour le week-end pour un mariage, oui, ça peut être suspect",note-t-on à l'Evêché.

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