vendredi, 31 août 2012

Trafic de drogue: L'immigration en question.

La police marseillaise face aux nouveaux caïds de la drogue

Par Jean-Marc Leclerc LEFIGARO.FR publié le 30/08/2012
Des policiers sur la scène du 19e règlement de comptes de l'année à Marseille, dans la nuit de mercredi à jeudi.
Des policiers sur la scène du 19e règlement de comptes de l'année à Marseille, dans la nuit de mercredi à jeudi. Crédits photo : GERARD JULIEN/AFP


La violente guerre que se livrent les trafiquants de drogue de la cité phocéenne occulte le travail de fond mené par la police pour reconquérir les quartiers.

Marseille, capitale française du crime? Pour les policiers locaux, il serait injuste d'évaluer la situation de la Cité phocéenne sur le plan criminel à l'aune des seuls règlements de comptes entre malfaiteurs de ces derniers mois.

À les entendre, en effet, il existe une autre réalité, qui témoigne d'un investissement considérable des forces de l'ordre: le préfet de police de la ville, Alain Gardère, assure que «les vols à main armée dans la Cité phocéenne ont baissé de 30 % par rapport à l'an dernier, les vols avec violences de près de 15 %, les cambriolages dans les mêmes proportions». «Et si des truands se fument entre eux, cela se passe aussi ailleurs en France, sans que personne ne s'en émeuve», renchérit un commissaire marseillais.

La reconquête des quartiers est, depuis dix ans, l'obsession des autorités sur place. «La police judiciaire laboure le terrain», assure Jacques Dallest, le procureur de la République de Marseille. Mais, dans une ville où la tradition de violence est vieille comme le banditisme et sa loi du silence, les enquêteurs doivent s'accrocher.

Tenue autrefois par Gaston Defferre, Marseille fut dans les années 1970 le berceau de la French Connection. Elle a connu la tuerie d'Auriol, le meurtre du juge Michel, la guerre entre les clans Zampa et Vanverberghe, alias Francis le Belge. À l'époque, les caïds étaient les «juges de paix» des quartiers.

100.000 euros de bénéfices par mois

Depuis, les voyous ont bien changé. On est frappé par la jeunesse des victimes des derniers règlements de comptes: 26, 25, 19 et même17 ans!«Souvent issue de l'immigration, la nouvelle délinquance veut tout tout de suite», assure un limier de la PJ. Elle prospère sur fond de trafic de cannabis, mais aussi, de plus en plus, de cocaïne. Il n'y a plus de chef. On se bat pour un pas-de-porte. «Il suffit d'un peu d'audace et de contacts en Espagne», confie le procureur Dallest.

Le 30 décembre 2011, Le Figaro avait publié la comptabilité d'un dealer de la cité de la Visitation, dans les quartiers nord: 100.000 euros de bénéfices par mois, pour quelques halls d'immeubles. Et dans la ville, ils se comptent par dizaines! «Ajoutez-y des armes de guerre, accessibles pour quelques centaines d'euros, et le cocktail devient explosif», reconnaît un policier de la Bac.Selon lui, «la drogue draine tant d'argent que chacun veut sa part du gâteau.»

Certes, la sanctuarisation du centre-ville porte ses fruits autour du Vieux-Port, où les caméras fleurissent. Mais, pour restaurer l'ordre dans les quartiers, il faudra beaucoup plus que quelques CRS supplémentaires. La rentrée de Manuel Valls commencera par Marseille.

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