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mercredi, 25 juillet 2012

A Marseille, la route du Rom est surchargée !

Marseille : l'Armée du Salut ne peut plus gérer les Roms

 


 

Publié le mercredi 25 juillet 2012 laprovence.com

 

L'unité d'hébergement d'urgence fermera ses portes le 1er août

 

Officiellement la volonté est de fermer en journée les portes de l'Unité d'hébergement d'urgence aux familles roms. Dès le 1er août. Une décision prise conjointement par la Ville, la préfecture et l'Armée du Salut qui gère l'UHU avec quelque 40 salariés.

Un service saturé et un budget inadapté selon la municipalité

Motif :"Depuis 18 mois, l'UHU de la Madrague gère des familles roms, ce qui n'est pas dans le cahier des charges, pour un budget supplémentaire d'environ 300 000  (en plus des 3 millions de budget initial État-Ville). La structure devrait être ouverte de 17 h à 9 h pour les SDF et les grands marginaux et elle se retrouve à gérer jour et nuit, en plus, vingt familles roms !", explique le Dr Michel Bourgat adjoint en charge de la lutte contre l'exclusion, l'UHU et le Samu Social . On est obligé d'intervenir. On s'est fait rouler ! Par l'inertie administrative, notre bon coeur, l'Office français de l'immigration qui n'a pas fait de turnover. On avait accepté d'accueillir il y a un an la communauté Rom à l'UHU de manière temporaire. Mais le temporaire a duré", explique l'élu.

"Le travail doit être fait avec l'argent de l'Europe".

Effectivement le dossier n'a pas bougé depuis un an et a même suscité il y a quelques jours un courrier des prêtres militant contre l'expulsion des Roms. En attendant, une décision radicale a été prise :"Et l'UHU n'accueillera plus de nouveaux Roms. Ainsi les autres familles agglutinées devant vont s'en aller. Cela cause des problèmes de sécurité, entre les SDF et les enfants Roms par exemple, ou pour le personnel sur place". Pour Michel Bourgat, la solution n'est pas du tout locale : "l'expulsion mécaniquement juridique ne sert à rien. Même si les campements, comme à l'Arbois par exemple, ce n'est plus tenable. Nous, en local, on est juste au bout de la chaîne. Le travail doit être fait avec l'argent de l'Europe. J'aimerais que nos députés européens fassent le travail pour mettre en oeuvre des moyens. Il faut préparer les départs car on ne peut pas tout absorber 1 200 Roms sur Marseille et quelque 2 000 sur le département même avec de petites unités d'accueil dans plusieurs secteurs de la ville. C'est un travail beaucoup plus complexe que ce que pensent les gens".

"Cela va contre la devise Secourir, accompagner, reconstruire."

L'Armée du Salut n'a pas souhaité répondre à nos questions. Pourtant au sein des associations sur le terrain, de plus en plus de travailleurs montrent leur désaccord. Même au sein de la fondation. Une salariée de l'Armée du Salut, qui suit les familles au quotidien, a voulu témoigner anonymement. Accompagnement à la PMI, soins à l'hôpital, scolarisation des enfants, contraception, les travailleurs sont toujours présents : "C'est scandaleux. C'est aussi un an de travail qui part en fumée. On va juste rajouter des tentes aux bidonvilles. Cela me pose problème en tant que Marseillaise et maman. Cela va contre la devise Secourir, accompagner, reconstruire."

Pour Fatima Jung, du Réseau éducation sans frontière et éducatrice spécialisée au Hameau (dispositif dédié aux grands marginaux géré par l'Armée du Salut), c'est le choc. Elle qui connaît bien ces familles à qui elle amène régulièrement de la nourriture :"Tout le travail va être balayé d'un revers de main. Sachant que le mois d'août, c'est pire qu'un mois d'hiver. Cette façon de traiter des citoyens européens, c'est de la discrimination".

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