mardi, 12 juin 2012

Sortons les sortants !

Les candidats de Marine Le Pen ont obtenu dimanche 13,60 % des voix, soit 3 528 388 suffrages. Le Rassemblement bleu Marine devrait être présent au second tour dans 61 circonscriptions, à savoir 32 triangulaires, 20 duels contre la gauche et 9 duels contre l'UMP. Ces circonscriptions sont concentrées dans le nord, l'est et surtout le sud-est du pays.

Le nombre de candidats du Rassemblement bleu Marine en lice le 17 juin, très significatif, reste toutefois inférieur aux espoirs que nourrissait la présidente du Front national. Le record d'abstention (plus de 42 %) est une des explications de cette situation en demi-teinte. Pour accéder au second tour, il faut en effet obtenir un score supérieur à 12,5 % des inscrits, ce qui correspond, le plus souvent, à 21 % des exprimés.

La présidente du FN et ses candidats ont une chance de l'emporter dans six circonscriptions.

Dans la 11e du Pas-de-Calais, Marine Le Pen (42,36 %) affrontera le PS Philippe Kemel (23,5 %). Jean-Luc Mélenchon (21,48 %) a essuyé un affront en étant éliminé dès le premier tour.

Dans la 3e du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen est en tête (34,6 %) devant le sortant UMP Jean-Michel Ferrand (30,03 %). La candidate PS (21,98 %) s'est retirée pour favoriser la défaite de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen.

Dans la 2e du Gard, l'avocat Gilbert Collard (34,57 %), arrivé en tête, affrontera dimanche la candidate PS (32,87 %). Le sortant UMP Étienne Mourrut (23,88 %) «hésite» à maintenir sa candidature. Il rendra publique sa décision mardi.

Dans la 6e de Moselle, un duel opposera Florian Philippot (26,34 %) et le candidat PS (37,45 %). Ce proche de la présidente du FN veut croire qu'il obtiendra de bons reports de voix des électeurs du candidat UMP qui, en dépit de ses 25,02 %, n'a pu se maintenir. Un dissident du FN a pour sa part obtenu 4,09 %.

Dans la 16e des Bouches-du-Rhône, Valérie Laupies (28,98 %) bénéficie du retrait du maire UMP des Saintes-Maries-de-la-Mer, Roland Chassain (22,62 %), qui, voilà une semaine, avait annoncé son intention de se désister en faveur de la candidate FN - sous réserve de réciprocité - si elle était mieux placée pour battre le PS sortant Michel Vauzelle (38,40 %). Chassain a confirmé lundi qu'il se retirait et qu'il laissait «le choix aux électeurs de voter en leur âme et conscience».

Dans la 13e des Bouches-du-Rhône, qui correspond à Marseille 3, Stéphane Ravier (29,87 %) pourrait créer la surprise face à l'ex-PS Sylvie Andrieux (29,80 %), fragilisée par des poursuites judiciaires. Ravier veut croire qu'il pourra bénéficier de bons reports de voix du candidat UMP qui, avec 20,21 %, n'a pu accéder au second tour.

Outre ces six circonscriptions, Jacques Bompard, maire d'Orange - qui a claqué la porte du FN en 2005 en raison d'une brouille avec Jean-Marie Le Pen -, est très bien placé dans la 4e du Vaucluse. Il a obtenu 23,51 % tandis que le candidat FN (16,28 %) a été éliminé, de même que le candidat UMP (20,45 %). Un duel opposera dimanche Jacques Bompard et le PS Pierre Meffre, arrivé en tête le 10 juin (25,16 %).

Là où ses candidats n'ont pu accéder au second tour, la présidente du FN ne donnera pas de consigne de vote - à quelques exceptions près.

Lundi, Marine Le Pen a appelé ses électeurs à voter contre quatre sortants UMP, soit en raison de leur opposition résolue au FN - c'est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet (4e de l'Essonne) et de Xavier Bertrand (2e de l'Aisne) - soit en arguant de motifs tenant à «la moralité publique». C'est au nom de cet argument que Marine Le Pen a demandé de voter contre Georges Tron, mis en examen pour viols (9e de l'Essonne), et Manuel Aeschlimann (2e des Hauts-de-Seine), condamné pour favoritisme mais qui s'est pourvu en cassation.

Du flou sur le cas Morano

La présidente du FN a aussi appelé ses électeurs à voter contre deux sortants PS, Jack Lang (2e des Vosges) et François Pupponi (Val-d'Oise), ainsi que contre la socialiste Ségolène Neuville (Pyrénées-Orientales) et le Vert Slimane Tir (Nord).

La candidate à l'Élysée veut-elle, par ailleurs, «sauver» quelques UMP? Interrogée lundi sur le cas de Nadine Morano, qui, en difficulté en Meurthe-et-Moselle, s'est adressée aux électeurs du FN, Marine Le Pen n'a pas adopté de position claire. Nadine Morano «a été touchée par la grâce, probablement», a-t-elle ironisé. La patronne de l'extrême droite a ajouté que ses 61 candidats qualifiés pour le second tour se maintiendront partout, hormis «deux ou trois exceptions», qu'elle rendra publiques aujourd'hui.

Le Figaro le 12 juin 2012

 

 

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