lundi, 30 avril 2012

Non rien de rien, non il n'a honte de rien...

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Pour l'un des derniers meetings de sa campagne présidentielle, lundi 30 avril, Nicolas Sarkozy a tenu à Avignon un discours peu innovant en termes de propositions tout en faisant des appels du pied de plus en plus francs auprès de l'électorat du Front national.

 

Après un déplacement à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) un peu houleux, le président-candidat a pris la parole lors d'une réunion publique à Avignon. Reprenant une thématique utilisée à plusieurs reprises, M. Sarkozy a affirmé que "jamais, jamais, [il n'avait] reculé" face à la "pensée unique""Personne ne m'empêchera de dire ma part de vérité", a-t-il assené, sous les acclamations du public.

 

M. Sarkozy a de nouveau reproché au candidat socialiste, François Hollande, de dénigrer les 6,4 millions d'électeurs du Front national : "J'ai vu François Hollande qui le soir du premier tour prenait sa pince à linge, a-t-il ainsi ironisé, sous les rires du public. Je parle à ceux qui m'ont fait confiance, malgré tout, de porter leur vote sur ma candidature. Mais je parle aussi à ceux qui ont fait un autre choix : c'était leur droit, c'est le peuple qui choisit les candidats, pas les candidats qui choisissent le peuple."

"STÉPHANE CAMUS" ET "LA DÉFENSE DE NOTRE PATRIMOINE"

 

De fait, le candidat de l'UMP s'est adressé plus ou moins directement à l'électorat frontiste. "Nous voulons garder nos paysages, nos valeurs, nos habitudes, la fierté d'être français", a-t-il notamment dit, ajoutant toutefois qu'il "[se battait] pour une France ouverte, pas pour une France rétractée". "Jamais je ne vous dirai : ayez peur de l'autre, ayez la haine de l'autre [...]. Je déteste le racisme, l'homophobie, l'exclusion, la violence, le sectarisme", a-t-il assuré.

 

Plus tard, M. Sarkozy a tenu à rappeler que, "aux Etats-Unis, une maison sur deux a le drapeau des Etats-Unis d'Amérique tellement on est fiers de son pays [...]. Nous on est fiers d'être Français !". Puis, après avoir cité "Stéphane Camus" - au lieu d'Albert Camus -, M. Sarkozy a revendiqué le "droit de citer Charles Péguy ou Victor Hugo", la "défense du français" et de "notre patrimoine culturel".

 

Deux points qu'il n'avait pas défendus jusqu'à présent avec tant de vigueur et qui rappellent le programme de Marine Le Pen sur la culture, sous les intitulés "valoriser notre patrimoine et notre culture" et "soutenir l'exception culturelle française".

 

"NOUS NE VOULONS PAS QUE L'ON ENFERME DES FEMMES DERRIÈRE DES PRISONS DE TISSU !"

Puis M. Sarkozy est largement revenu sur l'immigration, formulant à nouveau ses propositions : réduction de moitié du nombre d'immigrés, obligation de dix ans de résidence et de cinq ans de cotisations pour bénéficier du RSA et du minimum vieillesse, refus du droit de vote pour les étrangers, obligation pour tout étranger aspirant à être naturalisé de passer un examen de français et de "connaissance de la République" (ce qui, pour cette dernière proposition, est déjà le cas depuis le 1er janvier).

Si un étranger veut devenir Français, il le peut et aura le droit de vote. S'il veut rester étranger, il n'aura pas le droit de vote parce que ici c'est la République française !", a-t-il assené, sous les ovations du public avant d'ajouter, cette fois sous les sifflements de la foule : "Aucune religion, aucun précepte ou culture étrangère ne nous fera renoncer à la défense de ce principe essentiel : femmes et hommes, être humains, parfaitement à égalité. Nous ne voulons pas que sur notre territoire l'on enferme des femmes derrière des prisons de tissu !"

Le président-candidat s'est ensuite livré à une charge contre l'Europe, devenue "Europe passoire ouverte à tous les vents où n'importe qui peut faire n'importe quoi" alors que l'Europe était censée, selon lui, "protéger la civilisation européenne" et "défendre un projet humaniste". "L'Europe est forte parce qu'elle s'appuie sur des pays forts. [...] En faisant l'Europe, nous devions bâtir en commun notre souveraineté [...]. Je le dis : si dans un an Schengen n'est pas revenu dans des conditions normales de fonctionnement, je rétablirai les contrôles aux frontières de la France", a-t-il dit, reprenant une proposition déjà formulée et s'approchant du principe d'"Europe des nations" défendu par la candidate du Front national.

Enfin, M. Sarkozy a terminé son discours sur le thème de l'éducation, rapprochant maladroitement le respect à l'école et la dépénalisation du cannabis. "Il y a une limite entre le bien et le mal, tout ne se vaut pas. A l'école, je veux qu'on apprenne que l'enfant est au-dessous du maître, qu'on apprenne à nos enfants qu'il y a une règle, un respect", a-t-il dit. Difficile, là encore, de ne pas voir la ressemblance sémantique avec le programme de Marine Le Pen, qui défend "la valeur centrale de discipline" et affirme qu'"à l'école tout le monde n'est pas au même niveau. Le professeur est au-dessus de l'élève. Et le parent d'élève n'est pas le client du professeur".

Le Monde le 30 avril 2012

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Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas...

Sarkozy salue des spectateurs qui n'existent pas !

Merci à NPI le 30 avril 2012

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dimanche, 29 avril 2012

Sarkozy: chassez le naturel, il revient au galop !

Nicolas Sarkozy exclut les Le Pen

de la "droite républicaine"

Sarkozy et son ministre de la culture... Sarkozy préfèrera toujours un Mitterrand à un Le Pen ! ndlr

 - Publié le 29/04/2012 


PARIS (Reuters) - Marine Le Pen et son père, Jean-Marie, respectivement présidente et fondateur du Front national, ne font pas partie de la "famille de la droite républicaine et du centre", a déclaré dimanche Nicolas Sarkozy sur Canal+.

Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, qui avait jugé au début de la semaine la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle "compatible" avec la République, a multiplié ces derniers jours les signaux à l'adresse des 6,5 millions d'électeurs qui ont voté pour elle au premier tour et qui constituent sa principale réserve de voix pour le second.

Sans faire machine arrière, Nicolas Sarkozy a donné dimanche quelques gages à ceux, en particulier dans son camp et au centre, que trouble cette stratégie.

Prié de dire si le FN faisait partie de la "grande famille de la droite", il a répondu : "Non."

"Est-ce que la famille Le Pen fait partie de la famille de la droite républicaine et du centre ? La réponse est non", a-t-il poursuivi. "Vous voyez bien que les critiques de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen sont beaucoup plus fortes à mon endroit que du candidat de la gauche."

"Les blagues douteuses de Jean-Marie Le Pen sur Nuremberg et sur 'national socialisme', elles s'adressent à moi, elles ne s'adressent à personne d'autre", a-t-il ajouté.

Jean-Marie Le Pen a ironisé il y a quelques jours sur les initiales de Nicolas Sarkozy, "NS", en affirmant que c'était aussi celles de "national socialisme", et il a comparé le grand meeting du chef de l'Etat place de la Concorde, le 15 avril, à Nuremberg, où les nazis défilaient devant Hitler.

Le président candidat a nié avoir fait la moindre concession aux idées de Marine Le Pen, notamment lorsqu'il a proposé cette semaine la mise en place d'une "présomption de légitime défense" pour les policiers. "Ce n'est pas une concession pour Marine Le Pen."

"Y a-t-il des concessions ? Y a-t-il des choses particulières ? Non, je fais campagne sur le projet qui était le mien, sur la lettre que j'ai adressée aux Français au premier tour, il n'y a pas un seul changement", a-t-il ajouté.

Il s'est notamment prononcé en faveur du maintien du droit de sol concernant la nationalité française - droit du sol que Marine Le Pen veut remettre en cause.

"Le droit du sol fait partie de la tradition française", a-t-il dit. "Nous garderons le droit du sol (...) Le droit du sol c'est la France."

Il a enfin réaffirmé qu'il n'était pas question pour lui et son parti, l'UMP, de conclure le moindre accord avec le FN en vue des élections législatives de juin ni, s'il est réélu, de nommer des ministres issus du parti d'extrême droite.

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BHL doit troquer sa chemise pour une camisole !

BHL : "Cessons de parler de "diabolisation" du FN, c'est un mot avancé par les Le Pen pour se victimiser"

atlantico.fr  Merci à Desouche

Pour Bernard-Henri Lévy, la droite républicaine doit mener une "lutte à mort" contre le FN, un parti dont il rejette "le ton de haine et de violence qui l’habite".




 

Le "combat politique" contre le FN doit-il évoluer, voire changer de nature ?

Il doit se durcir. Et, en particulier dans la famille politique dont vous êtes, à Atlantico, proche. Car, entre vous et eux, entre la droite républicaine et les factieux, je vous répète que c’est la lutte à mort. Je dis bien à mort. Ce sont des gens qui ont tenté, jadis, de tuer le Général de Gaulle. Ce sont les mêmes, ou leurs héritiers, qui vont tenter aujourd'hui de tuer symboliquement Sarkozy et de faire imploser, de discréditer de mettre à genoux, les droites traditionnelles.

Vous me direz que ce n’est pas mon affaire, puisque cette droite traditionnelle n’est pas ma famille et que ce n’est pas pour son candidat que je vote ? Eh bien si, justement. C’est l’affaire de tout le monde. Voir une femme qui fait huer des noms juifs dans ses meetings, qui valse avec des néonazis à Vienne et qui s’entoure, à Paris, d’authentiques cryptofascistes, mener le jeu à droite, ce  n’est une bonne nouvelle pour personne. Pendant des décennies, j’ai invité la gauche à maintenir la « barrière d’espèce » entre la gauche totalitaire et la gauche social-démocrate – et ce combat, d’ailleurs, est peut-être moins gagné qu’il n’y paraissait. Eh bien c’est la même chose à droite : il y a la même « barrière d’espèce » entre la droite antidémocrate de Marine Le Pen et la droite centriste ou UMP – et faire sauter cette barrière d’espèce, faire comme s’il s’agissait de deux variétés de la même espèce et se laisser par exemple, les lendemains d’élection, au geste apparemment anodin qui consiste à additionner les deux électorats, voilà la pente fatale.

Désormais, la gauche doit-elle suivre une ligne mesurée telle que celle engagée par François Hollande qui envoie de discrets signaux aux électeurs du FN ou suivre la tendance engagée par Benoit Hamon qui parle de "xenophobie" et d' "islamophobie" chez les électeurs du FN, voire d'Eva Joly parlant de honte pour la France en évoquant le score de Marine Le Pen au premier tour ?

Ce sont les seconds qui ont raison. Je n’ai aucune sympathie, je vous le répète, pour Madame Eva Joly. Mais c’est vrai que ce score lepéniste est un score qui fait honte.Alors, après, les « discrets signaux » envoyés aux électeurs du FN ? Je n’aime pas ça non plus. Je pense que c’est une autre erreur. Mettez-vous, une seconde, dans la tête d’un de ces électeurs FN voyant s’agiter, autour de lui, tout ce ballet de prétendants, toutes ces attentions, ces prévenances, ces signaux plus ou moins discrets, ces analyses à n’en plus finir, ces appels du pied dans tous les sens. Il se dit quoi, l’électeur en question ? Qu’il a drôlement bien fait de voter FN. Et qu’il faudra, la prochaine fois, le faire plutôt deux fois qu’une et être, si possible, encore plus nombreux à le faire. Voilà où il en est. Voilà où nous en sommes.

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UMP: Fournisseur officiel de socialistes !

Que restera-t-il de l’UMP en juin ?

Par Hélène Favier Europe1

 

Publié le 26 avril 2012 à 11h19

 

 

Le parti, bâti pour centraliser les forces, est-il capable de résister à ses divisions ?

L’UMP est-elle en pleine crise d’identité ? Effet collatéral du premier tour de la présidentielle, les membres du parti majoritaire ne cessent de se diviser, depuis dimanche, sur l’attitude à adopter face à la montée du Front national. Il y a d’abord ceux, qui comme l’ancien ministre Luc Ferry dans les colonnes de Libération, s’inquiètent ouvertement de la droitisation de leur parti, et ceux, comme les députés de la Droite populaire, qui appellent à une certaine radicalisation du discours.

Au-delà du simple désaccord, l’UMP, parti bâti - jusque dans son ADN - pour centraliser toutes les forces de la droite, voit s’installer de véritables chapelles, des sous-partis. A l’image de la Droite populaire. Ce courant très à droite de l'UMP a décidé aux prochaines législatives de juin prochain, de proposer, à tous les candidats investis par la majorité qui le souhaitent, d’arborer les couleurs d’un "label Droite pop’". Ce label prendra la forme d'un "logo" distinctif - qui remplacera ou s’ajoutera à celui de l’UMP - sur les affiches et tout leur matériel électoral.

Création de chapelles au sein du parti

En somme, pour ces membres de la Droite populaire - dont le ministre des Transports Thierry Mariani, les députés Lionnel Luca et Eric Raoult - le logo UMP ne suffit plus. Notamment quand il s’agit d’aller chercher les 6,4 millions d’électeurs qui ont voté pour Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle.

Ce logo droite populaire, "ce sera une identification. On indiquera ainsi la couleur : nous sommes la vraie droite", a ainsi assuré à Europe1.fr,Lionnel Luca, député et vice-président du Conseil Général des Alpes-Maritimes. "On ne va pas s'excuser d'être de droite, surtout maintenant. Ce n'est pas "le courant humaniste" qui s'est imposé dans les urnes [au premier tour de la présidentielle] que je sache !", a encore fustigé le député, pointant du doigt un autre courant de l'UMP, les "Humanistes" de Jean Leonetti.

Puis, "il s’agit moins d’aller chercher les électeurs de tel ou tel que de ne pas laisser partir les nôtres !", a encore insisté Lionnel Luca qui assure qu’en cas de duel PS/FN au second tour des législatives, il "ne fera pas comme Chantal Jouanno". "Moi, je ne voterai pas ‘socialiste’ et je peux vous dire que la Droite populaire ne votera jamais ‘socialiste’", a-t-il insisté.

Bref, la Droite populaire, au sein de l’UMP, entend répondre à ses propres consignes, à ses propres règles. Plus qu’un courant, elle entend devenir un sous-parti, capable de s’opposer au cœur de l’UMP à tout ce qui n’est pas la "vraie droite", ceux par exemple, qui en cas de duel FN/PS, choisissent de ne "jamais de voter FN". C’est le cas des anciennes ministres Chantal Jouanno et Rachida Dati.

2007 est bien loin

Bref, pour l’UMP, les années 2006-2007 semblent très loin. "Il y avait alors une dynamique positive, de convergence des personnalités centristes et même villepinistes derrière Nicolas Sarkzoy. L’organisation UMP avait aspiré toutes les sensibilités. Ce n’est plus le cas", explique à Europe1.fr le politologue Stéphane Rozès, fondateur de CAP.

Aujourd’hui, outre la Droite populaire, une bonne partie des centristes ont déjà fait sécession dans le sillage de Jean-Louis Borloo. "Ce sont toutes des personnalités et des sensibilités insatisfaites qui ont décidé de se faire entendre comme bon leur semble", analyse Stéphane Rozès, qui estime que cette mozaisation du parti n’est pas un mouvement voulu. "Ce n’est pas pensé", explique-t-il.

Comment siégeront-ils en juin ?

Avec cette droitisation et ceux qui la refuse, "il y a aujourd’hui une vraie mise à mal de l’édifice de l’UMP, tel que Alain Juppé et Jacques Chirac l’avait voulu et construit », note aussi Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop.

En 2002, "à l’époque de la formation du parti, explique-t-il à Europe1.fr, les deux hommes avaient voulu mettre fin à ‘la droite la plus bête du monde’, celle qui se divise. Ils avaient alors formé un grand parti de droite, comme en Allemagne, qui rassemblait alors toutes les chapelles. Or aujourd’hui, on assiste au mouvement inverse".

Face à "cette crise d’identité", l’UMP risque-t-elle de se déliter ? "Ce n’est pour l’instant qu’une hypothèse », répond Frédéric Dabi qui estime que "le juge de paix, ce sera le niveau de la droite à la fin des législatives. Que feront les députés de l’UMP s’il y a, par exemple, "une vague rose" ? Comment décideront-ils de siéger à l’Assemblée nationale ? Les centristes avec la Droite populaire ou séparément ?". La réponse en juin prochain. Dans un mois et demi.

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Petits rappels à l'attention de celles et ceux qui seraient tentés de croire que Sarkozy est proche de Marine Le Pen...

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Comme le chantait Brassens: Quand on est con-descendant, on est con-descendant !

State.fr  Merci à Simianais

«Au fond, la gauche pense que les électeurs du FN sont stupides»

Contre le mythe d’une grande «moyennisation», le géographe Christophe Guilluy décrit depuis dix ans la précarisation d’une France périphérique majoritaire, confrontée à la brutalité de la mondialisation et très préoccupée par les questions d’immigration. Il nous livre son analyse sur le vote FN, les classes populaires et la gauche.

3 stades de l'habitat péri-urbain / jfgornet via Flickr CC Licence By

3 stades de l'habitat péri-urbain / jfgornet via Flickr CC Licence By -

Géographe, consultant pour des collectivités, Christophe Guilluy s’est concentré depuis quinze ans sur la description d’une France périphérique, espace de fragilité sociale situé au-delà des grandes métropoles françaises et de leurs banlieues immédiates.

A la fin de son ouvrage Fractures françaises, décrivant longuement la montée inexorable d’un séparatisme entre classes populaires blanches et classes populaires d’immigration récente, Christophe Guilluy faisait un constat inquiétant: avec un vote de banlieue allant majoritairement à Ségolène Royal et un vote pavillonnaire acquis au candidat Nicolas Sarkozy, les classes populaires votaient, en fonction de leur lieu de vie et de leur origine, différemment pour la première fois. «Tout se passe comme si le lent processus de séparation territoriale débouchait aujourd’hui sur l’expression politique d’un séparatisme culturel»,écrivait-il.

La montée du FN et l’omniprésence des thématiques liées à l’immigration dans la campagne nous donnent l’occasion de revenir sur sa grille de lecture du malaise des classes populaires.

Depuis le 22 avril au soir, on reparle beaucoup d'une «France invisible» rurale, industrielle et périurbaine que Marine Le Penaurait séduit pour parvenir à 17,9%, une population que vous avez décrite dans vos travaux...

Oui, les médias m’appellent car ils cherchent tous du pavillonnaire, surtout en région parisienne. Mais bon, la région parisienne est atypique et les départements pavillonnaires y sont plutôt riches, sauf la Seine-et-Marne… Il faut aller jusqu’aux départements limitrophes de la région, comme dans l’Oise, l’Yonne ou l’Eure-et-Loir pour voir des «prolos».

Quelle est cette «nouvelle géographie sociale» que vous décrivez?

En écrivant avec Christophe Noyé L’Atlas des nouvelles fractures sociales en France en 2004, on a remarqué à travers des indicateurs de fragilité sociale (taux de chômage, proportion d'employés et d'ouvriers, taux de propriétaires précaires...) qu’il se passait quelque chose au-delà des grandes métropoles qui avaient réussi leur intégration dans l’économie mondialisée (selon nos calculs 40% de la population vit dans les 25 plus grandes métropoles les plus actives). Plutôt que de constater comme l’Insee que 95% de la population française vit sous influence urbaine, ce qui ne veut rien dire, je préfère opposer une France métropolitaine à une France périphérique, c’est-à-dire tout le reste.

On ne peut pas résumer ce schéma à des cercles concentriques partant des villes puis passant par les banlieues jusqu’aux zones périurbaines, pavillonnaires et précaires. Cette segmentation marche autour des métropoles les plus actives et les plus mondialisées: Paris, Grenoble, Lyon, Lille, Nantes, mais de nombreuses villes ne sont pas dans cette logique de" métropolisation".

Le reste de cette France périphérique inclut des zones rurales, des petites villes et des villes moyennes. Perpignan fait partie de la France périphérique, comme Charleville-Mézières. On remarque donc que les «quartiers populaires» ne sont en fait qu'une petite partie du populaire.

Quel a été l’accueil de vos travaux ?

On nous a dit qu’on se trompait, parce qu’on parlait de territoires où il n’y aurait que des classes moyennes et des paysans… On ne collait pas avec le discours qui était focalisé sur la banlieue et l’image du pavillon correspondait à celle de la classe moyenne.

Or, ce qui a explosé, c’est que les catégories qu’on croyait être des classes moyennes ne le sont plus. Il s’agit plutôt d’une population qui a pris en pleine gueule la mondialisation, mais concrètement. C’est-à-dire avec une déflation salariale, la précarisation sociale, la paupérisation et la fin de l’ascension sociale pour les enfants, d’où le vote des jeunes prolétaires pour Marine Le Pen.

Marine Le Pen exprime un discours de protection sociale (contrairement à son père) tout en promettant la préférence pour les autochtones. Pourquoi cela fonctionne-t-il?

Je pars d’en bas, c’est-à-dire des classes populaires. Or en partant d’en bas, on croise forcément la question identitaire. Soit on part en courant parce que quelqu’un vous a dit qu’il n’aimait pas les immigrés, soit on essaie de comprendre…

Or la gauche pense que si les gens votent FN, c’est parce qu’ils sont vraiment cons. Quand les experts disent par exemple que ce sont des gens non diplômés, disons les choses clairement: ça veut dire qu’au fond s’ils étaient allés à l’école, avaient réfléchi et qu’ils avaient eu un diplôme, ils voteraient socialiste.

C’est une condescendance que j’ai souvent trouvée en discutant avec le PS. Pourtant au XXIème siècle, qui est le siècle de l'accélération de la mondialisation et de l’émergence des sociétés multiculturelles, on ne peut plus aborder la question sociale sans évoquer la question identitaire.

La gauche est pourtant forte en 2012, y compris chez les classes populaires…

Heureusement. On vient d’une époque où la majorité de l’électorat populaire votait à gauche. Les gens vont voter pour Hollande par rejet de Sarkozy. Mais il y a quand même une fracture sociale importante, par exemple chez les jeunes entre les diplômés des grandes villes et les jeunes prolétaires. Et l’ouvrier de base a compris qu’Hollande n’allait pas changer sa vie, ça ne sera pas vraiment un vote d’adhésion.

Regardons le socle électoral de Marine Le Pen: des actifs de 20 ans à 55 ans, des jeunes, et socialement très majoritairement des ouvriers et des employés. C’est-à-dire la sociologie de la gauche. Si c'est pas une forme de lutte des classes, alors qu’est-ce que c’est? Elle a en plus capté pas mal de voix de femmes, donc on peut avoir une femme caissière et un homme ouvrier qui sont dans le même trip, avec un vote très rationnel par rapport à leurs conditions de vie.

Quant au «J’entends ce cri de colère» lancé par la gauche, c’est la même chose depuis 20 ans, ils ont l’air de découvrir que les ouvriers votent FN. C’est un peu surjoué. Après les élections, ça sera terminé et tout rentrera dans l’ordre. On reparlera des classes moyennes, des banlieues…

Et Mélenchon?

Il est encore au XXe siècle voire au XIXe. C’est plutôt La Bête Humaineet Jean Gabin, il aurait dû mettre une gapette pour aller jusqu’au bout. Il ne manquait plus que l’accordéon.

C’était certes sympa. Je ne dirais pas ça s’il avait obtenu 15% à 20%. Mais à 10, on peut s’interroger. Qu’est-ce qui fait que malgré une offre sociale géniale, un discours fantastique de tribun, les classes populaires ne l’ont pas choisi? Alors qu’il était sur le papier ce qu’il y avait de mieux.

On dit toujours que les classes populaires sont parties du PS parce qu’il n’était pas assez à gauche. Là pour le coup on avait la possibilité de voter bien à gauche. Donc il faut prendre en compte ce constat, mais la gauche refuse malgré tout de le faire.

Que pensez-vous des analyses expertes du vote FN qui défilent depuis dimanche?

On finit toujours pas la même conclusion: ces gens sont trop stupides. On décrit ces gens comme s’ils n’étaient jamais allés à la ville du coin. On peut habiter dans un village d’Alsace et être allé à Strasbourg, ou avoir un cousin qui y vit, c’est de l’ordre du possible! La mobilité et la capacité d'analyse ça peut exister même en milieu populaire! Pour les gens, le rural ce sont des paysans et des retraités, alors que ce sont d’abord des actifs ouvriers et employés.

On est encore dans la condescendance, comme quand on dit «Ben c’est parce qu’ils regardent trop TF1». Après il ne faut pas écarter le racisme, on ne peut pas le nier. Mais il faut quand même réfléchir à ce que sont les flux migratoires et ce que ça suggère comme instabilité culturelle.

Idem sur la question des préoccupations lors de l’élection présidentielle. Même quand on est ouvrier, on peut penser à deux trucs à la fois. Comme vouloir bouffer, se loger, nourrir ses enfants mais comme on a un cerveau, on peut aussi avoir un avis sur l’immigration. Or les flux migratoires ont un impact sur la vie des gens, surtout s’ils sont dans une vision où ils peuvent devenir minoritaires.

On a beaucoup parlé de la gauche… Mais c’est la droite qui semble prendre votre analyse le plus au sérieux. Ca vous fait quoi d’être un homme de gauche lu par la droite?

Je me suis dit que ça allait m’attirer plein d’ennuis... Mais c’est d’abord au PS que j’ai amené cette thèse-là, et j’ai été un peu lu par eux. Mais le problème c’est que j’ai été vite confronté aux gardiens du temple.

Récupéré ou pas, je m’en fiche un peu. J’ai essayé de faire une analyse assez sincère, je savais très bien le risque que je prenais en écrivant dans mon livre un chapitre intitulé «Comment je suis devenu blanc?» C’est quelque chose de fort chez les classes populaires, c’est difficile si on est honnête de passer à côté.

L’expression est un peu convenue mais vous avez brisé une sorte de tabou?

Ça reste très compliqué parce qu’en France on a été élevé avec cette idée que les origines n’existaient pas et que ça n’était pas important. Mais on a tous nos ambiguïtés là-dessus. Pour moi un bobo qui vote Delanoë et contourne la carte scolaire et un prolo qui vote FN, c’est la même chose.

Le rapport des médias à cette question de l’immigration est compliqué?

Un peu… On marche sur des œufs et à gauche on est en territoire interdit. Tant que je faisais des cartes, ça allait. Avec l’essai sur lesFractures françaises, ça a été le black-out. Les journalistes m’ont souvent dit: «C’est super, mais on peut pas vraiment en parler.»


Propos recueillis par Jean-Laurent Cassely

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Que pense Bernard Henri Libye du Colonel-Président Nicolas Sarkadhafi ?

Un document prouverait le financement de la campagne de Sarkozy par Kadhafi en 2007

Le Monde.fr | 28.04.2012 

 

Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 10 décembre 2007.

 

Le journal en ligne Mediapart a publié, samedi 28 avril, un document qui prouverait que le colonel Kadhafi aurait donné son "accord de principe" pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans ce document, une note issue des services secrets libyens signée par son chef de l'époque, Moussa Koussa, et traduite de l'arabe par Mediapart, on peut lire que, dès 2006, le gouvernement libyen aurait décidé "d'appuyer la campagne électorale" de Nicolas Sarkozy pour un "montant de 50 millions d'euros". La note ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu.

Moussa Koussa ajoute que cet accord est consécutif au "procès-verbal de la réunion tenue le 6/10/2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh), et du côté français M. Brice Hortefeux et M. Ziad Takieddine". L'ex-ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré n'avoir "jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh"ancien homme clef du régime libyen et actuellement recherché par Interpol. Mediapart explique avoir obtenu cette note de la part "d'anciens hauts responsables du pays, aujourd'hui dans la clandestinité"qui l'ont communiquée "ces tout derniers jours".

TAKIEDDINE "PENSE QUE LE DOCUMENT EST CRÉDIBLE"

Interrogé par Mediapart, Ziad Takieddine, l'homme d'affaires qui a introduit dès 2005 en Libye les proches de l'actuel ministre de l'intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même, a déclaré que "ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non".

L'avocate de Ziad Takieddine, Me Samia Maktouf, a déclaré que son client "pense que le document est crédible". M. Takieddine a également assuré qu'il reconnaissait la signature de M. Koussaactuellement au Qatar.

 

Moussa Koussa, l'ancien ministre libyen, le 7 mars 2011 à Tripoli.

 

"L'enquête sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c'est déjà important de rendre public ce document", a ajouté M. Takkiedine, qui a ensuite expliqué à l'AFP le fonctionnement de la diplomatie libyenne de l'époque : "M. Moussa était effectivement un relais avec la France. Cela se passait en secret, avec Saleh. Les relations de la Libye avec la France étaient gérées par Senoussi lui-même, pour Kadhafi, mais il y avait des lignes parallèles entre les services de renseignements gérés par le ministre de l'intérieur de l'époque Sarkozy, à travers Claude Guéant et Moussa Koussa".

KOSCIUSKO-MORIZET DÉNONCE "UNE DIVERSION GROSSIÈRE"

Le 12 mars, M. Sarkozy avait qualifié de "grotesque" un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen. Samedi, en meeting à Clermont-Ferrand, il n'a pas réagi à la publication de ce document. Sa porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, a dénoncé "une diversion grossière", imputée à "l'équipe de François Hollande (...)  gênée par le retour de Dominique Strauss-Kahn".

"Il s'agit d'imaginer un financement libyen de 50 millions d'euros, dans une campagne électorale dont les comptes sont plafonnés à 22 millions d'euros. Des comptes qui ont par ailleurs été validés par le Conseil constitutionnel et n'ont donné lieu à aucune contestation, fait-elle valoirAutour de François Hollande, depuis le retour sur la scène de cette grande caution morale qu'est DSK, on ne craint plus rien. Même pas le ridicule".

>> Lire notre décryptage Nucléaire : Sarkozy réécrit ses relations avec Kadhafi

"Si les faits révélés par Mediapart étaient définitivement confirmés par d'autres documents ou les instructions judiciaires en cours, il serait alors établi que le président sortant à menti aux Français, pour dissimuler la réalité d'une très grave affaire d'Etat", a réagi Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, demandant à M. Sarkozy de "s'expliquer devant les Français".

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