vendredi, 27 avril 2012

Bientôt dans toutes les salles: "Règlement de comptes à OK Neuilly"

Le Point.fr - Publié le 25/04/2012 

En cas de défaite de Sarkozy, Jean-François Copé et François Fillon se livreront une guerre ouverte. Alain Juppé est en embuscade.

En cas de défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai, François Fillon et Jean-François Copé pourraient se livrer une lutte féroce pour la tête de l'UMP.

En cas de défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai, François Fillon et Jean-François Copé pourraient se livrer une lutte féroce pour la tête de l'UMP. © AFP

 


D'ores et déjà, Jean-François Copé a prévenu qu'il souhaitait "conserver ses responsabilités dans l'animation du parti". "Je n'ai pas entendu une seule critique à mon égard sur la gestion du parti. Les parlementaires disent eux-mêmes que le parti a marché comme jamais", a-t-il souligné, vendredi, devant plusieurs journalistes, entre la poire et le fromage. Si Nicolas Sarkozy échoue face à François Hollande le 6 mai, le député-maire de Meaux sait qu'il sera l'homme à abattre. Mais il pourra compter sur des alliés fidèles, à commencer par ceux que l'on appelle les "bébés Chirac" ou encore les "mousquetaires" de la droite : Christian Jacob, chef de file des députés UMP, Luc Chatel, ministre de l'Éducation, François Baroin, ministre des Finances, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, Valérie Pecresse, ministre du Budget. Ces dernières semaines, à coups de meeting ou de déplacement, Jean-François Copé a aussi pris soin d'officialiser son rapprochement avec le maire de Nice, Christian Estrosi, et le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin. Enfin, le secrétaire général pourrait se prévaloir du soutien des députés de la Droite populaire. "Il est trop tôt pour parler de cela, mais on est plutôt contents du positionnement de Copé", assure l'un des élus de l'aile droite du parti.Meeting de Cernay, dans le Haut-Rhin : en ce mercredi 25 avril, Jean-François Copé remporte une grande victoire. Pour la première fois pendant la campagne, le secrétaire général de l'UMP obtient de prendre la parole à la tribune après le Premier ministre François Fillon - et non l'inverse - et donc juste avant Nicolas Sarkozy. Le député-maire de Meaux est tout sourire lorsqu'il regagne sa place au premier rang à côté de François Fillon, lequel affiche un visage fermé. S'ils se disent unis pour faire gagner Sarkozy le 6 mai, ces deux ambitieux pensent à leur avenir et se livrent une bataille féroce en coulisse pour la tête de l'UMP. Si le président-candidat est battu, les statuts du parti imposent l'organisation d'un congrès dans les six mois. Passées les échéances des législatives de juin, ce sera alors la guerre ouverte.

Bataille à l'applaudimètre

François Fillon met, lui aussi, les bouchées doubles. Ces derniers temps, il a rencontré des députés et les patrons de plusieurs fédérations UMP. Le Premier ministre ne cache pas à ses proches son ambition de succéder à Jean-François Copé pour diriger l'UMP. "Il ira, c'est sûr. François Fillon se lancera dans la bataille pour l'UMP sur le mode je n'ai pas le choix, si je n'y vais pas, l'UMP va exploser", confie l'un de ses proches. À l'écouter, Fillon aurait l'intention de lancer les hostilités après les législatives. "Il veut s'appuyer sur la défaite de l'UMP aux législatives et critiquer la stratégie de droitisation appuyée par Copé pendant la campagne de Sarkozy", explique un proche. Dans cette bataille, le Premier ministre peut compter sur les adversaires de longue date de Jean-François Copé : Xavier Bertrand, ministre du Travail et ex-patron de l'UMP, la porte-parole de Nicolas Sarkozy Nathalie Kosciusko-Morizet, le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez. La forte popularité dont le chef du gouvernement jouit auprès des députés et des militants - à l'applaudimètre, il écrase Copé - peut jouer en sa faveur.

Quant à Alain Juppé, il est en embuscade. Le ministre des Affaires étrangères se dit "prêt à tout faire pour assurer la cohésion" de la famille politique qu'il a contribué à fonder en 2002. Selon Le Monde, le cofondateur de l'UMP en 2002 pourrait orchestrer la mise en place d'un collectif pour maintenir la cohésion du parti pendant la campagne des législatives. "Juppé s'entend bien avec tout le monde : avec Fillon et Copé. Tout est possible, il ne se ferme aucune porte", réagit l'un de ses conseillers.

Intimidation

Jusqu'au 6 mai, la bataille se livre en coulisse. Chacun des protagonistes accroche à son tableau d'honneur les petites victoires remportées pendant la campagne. En attendant le déclenchement des hostilités, Jean-François Copé joue la carte de l'intimidation. "Je suis invirable sauf si je suis mis en minorité au bureau politique du parti... Or j'y suis majoritaire", a-t-il expliqué à quelques amis attablés pour dîner dans un restaurant parisien, un dimanche de mars. Un convive raconte la conversation : "Si Sarkozy gagne la présidentielle, Copé est en pole position pour un ministère, voire Matignon, et il exigera de garder le parti. Si Sarkozy perd, un congrès sera convoqué à l'automne et Copé battra Fillon et ses autres rivaux." Depuis son arrivée, fin 2010, Copé est certain d'avoir changé les serrures de la maison UMP. Mais ses adversaires n'ont pas forcément prévu de rentrer sagement par la porte.

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Commentaires

Excellent !!! C est exactement ça !!!!

Écrit par : Leni | vendredi, 27 avril 2012

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