mercredi, 25 avril 2012

UMP: début de la guerre civile, le 6 mai à 20h00 !

Le Point.fr - Publié le 24/04/2012 à 18:57 - Modifié le 24/04/2012 à 19:39

Après un score historique de 17,90 % des voix, dimanche, l'ex-candidate FN déroule une stratégie qui repose sur trois axes. Décryptage.

Marine Le Pen dimanche 22 avril au soir, après l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle.

Marine Le Pen dimanche 22 avril au soir, après l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle. © Abaca

Faire imploser l'UMP et briser le "cordon sanitaire"qui la sépare du FN : tel est le coeur de cible de Marine Le Pen. Son objectif ? Incarner "la seule et véritable opposition à la gauche ultralibérale, laxiste et libertaire" pour conquérir ensuite le pouvoir, selon ses propres mots. Après un score historique de 17,90 % des voix dimanche, l'ex-candidate FN déroule une stratégie qui repose sur trois axes. Décryptage. 

Installer le doute à l'UMP 

Pour gagner au second tour face à François Hollande, Nicolas Sarkozy lance l'offensive "à droite toute" pour rassembler l'essentiel des électeurs de Marine Le Pen. Pour contrer cette stratégie, le FN fait tout pour placer les cadres UMP devant leurs contradictions. "Je rappelle que Nathalie Kosciusko-Morizet, qui est la seule porte-parole de Nicolas Sarkozy, a dit, il y a peu, qu'en cas de duel au second tour entre Marine Le Pen et François Hollande, elle voterait Hollande, et donc PS sans hésitation", a affirmé d'un ton ferme l'ancienne candidate FN à l'Élysée, lundi soir sur France 2. Un argument répété en boucle par ses lieutenants sur tous les plateaux de télévision et à la radio. Dans les équipes de Marine Le Pen, on relit aussi le livre de NKM intitulé Le Front antinational, paru à l'été 2011, dans lequel il est écrit que le FN est "une menace", qu'il "refuse la République" et que le vote FN tient du "suicide politique". L'objectif ? Alerter les 6,4 millions d'électeurs frontistes du fait que Nicolas Sarkozy est en réalité un ennemi, puisque, dans son propre camp, certains sont prêts à abattre le FN. "On veut faire tomber le masque de Sarkozy qui fait du racolage électoral", lance Steeve Briois, secrétaire général du FN.

Dans les rangs frontistes, on attend aussi avec impatience la montée en puissance des voix au sein de l'UMP qui commencent à dénoncer la droitisation excessive de l'UMP. "L'UMP est une auberge espagnole : il y a de tout ! Des pro et des anti-européens, des centristes à côté de membres de la Droite populaire. Sachant que Nicolas Sarkozy a déjà perdu l'élection, l'UMP va imploser après la présidentielle", assure Louis Aliot, le numéro deux du FN. 

Entrer au Palais-Bourbon

"À bientôt, futur collègue, rendez-vous à l'Assemblée nationale !" lance un député UMP de la Droite populaire à l'adresse d'un cadre du FN. La scène se déroule à l'automne dans les coulisses d'un plateau de télévision. Sept mois après, vu le score historique du FN au premier tour de la présidentielle, les candidats FN aux législatives croient plus que jamais en leurs chances de faire leur entrée au Palais-Bourbon, où il n'y a pas eu de frontistes depuis 1988. "Bientôt, on boira des coups à la buvette de l'Assemblée, on répondra aux journalistes dans la salle des Quatre Colonnes", plaisantent-ils entre eux. Alain Marleix, secrétaire national UMP aux élections, envisage lui aussi cette possibilité. "Sur les vues des résultats du premier tour, je crois que le FN pourrait avoir des députés. C'est vraisemblable", estime-t-il.

Dimanche, le vote Marine Le Pen a dépassé 12,5 % des inscrits - c'est le seuil minimal pour se maintenir au second tour des législatives selon un mode de scrutin majoritaire - dans 353 circonscriptions. Et la candidate FN est arrivée en tête dans 23 circonscriptions et en deuxième position dans 93 autres. Des résultats susceptibles d'inquiéter l'UMP, même si la prudence reste de mise. En effet, l'abstention est en général plus forte aux législatives que lors d'une présidentielle, et les candidats FN n'obtiendront pas forcément le niveau réalisé par Marine Le Pen à un scrutin national. 

En juin, le FN présentera un candidat dans chacune des 577 circonscriptions françaises et dans les 11 circonscriptions des Français de l'étranger sous l'étiquette du Rassemblement bleu Marine. Marine Le Pen sera elle-même candidate dans la 11e circonscription du Nord-Pas-de-Calais, la deuxième meilleure pour le FN en France (31,4 % des voix dimanche). Marion Le Pen (la nièce de Marine Le Pen) devrait être candidate dans la circonscription la plus gagnable : la 3e du Vaucluse (où 31,51 % des inscrits ont voté FN). Selon la dernière carte électorale, trois autres circonscriptions seraient très favorables au FN pour les législatives : la 12e des Bouches-du-Rhône (29,9 % des voix pour le FN), la 6e de Moselle (29,8 %) et la 7e de Moselle (29,6 %). "Constituer un groupe de 15 députés, c'est jouable", assure Marine Le Pen, confiante.

Siphonner l'UMP par la base

"Au sein de l'UMP, il y a des gens sincères qui partagent exactement nos valeurs et qui ne font pas de déclarations par racolage électoraliste", assure Steeve Briois. En cas de défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai, les stratèges frontistes espèrent que certains députés de la majorité, inquiets pour leur réélection, pourraient rejoindre le FN. Mais, en réalité, ils misent surtout sur le ralliement de conseillers municipaux et des maires des petites communes pour construire un pôle de "rassemblement de la droite nationale" autour de Marine Le Pen. "Les députés sont trop bridés par le langage du politiquement correct", note Steeve Briois. Après les élections législatives, les cadres du parti seront chargés de travailler sur les fichiers remplis cet hiver pour chaque élu contacté lors de la chasse aux 500 parrainages. "Nous voulons constituer un véritable réseau d'élus locaux", explique le secrétaire général du parti. 

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