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vendredi, 20 avril 2012

Marine, vite !

Le Point.fr - Publié le 19/04/2012

Jusqu'au premier tour, Hervé Gattegno nous donne ses raisons de ne pas voter pour un candidat dans son "Parti pris".

François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle.

François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle. © Fred Dufour / AFP

 

Suite de vos partis pris consacrés aux candidats jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle.Aujourd'hui, vous nous donnez deux ou trois raisons de ne pas voter pour François Hollande.

La raison qui saute aux yeux, c'est le décalage entre l'immensité des pouvoirs que notre Constitution donne au président, l'autorité qu'elle requiert, le caractère qu'elle suppose et ce que nous savons de Français Hollande. Si vous avez une impression de flou en le regardant et en l'écoutant, ce n'est pas votre télé ou votre radio qui est déréglée : c'est lui qui se complaît dans l'équivoque, dans une rhétorique alambiquée, pleine de tournures impersonnelles. Résultat : c'est lui qui a fait la campagne la plus longue, mais on n'en sait guère plus à la fin qu'au début. Son projet est trop imprécis pour faire impression. On voit bien comment il dépensera, mais pas où il économisera. Au total, ce qui est connu de François Hollande, c'est qu'il nous emmène vers l'inconnu.

Est-ce que finalement, dans cette campagne, il ne s'est pas contenté de miser sur l'anti-sarkozysme ?

Évidemment. Il n'a pas cherché à susciter une vague, mais à entretenir l'ambiguïté. C'est une tactique qui colle à sa psychologie. François Hollande a horreur de prendre des risques, c'est un homme qui déteste trancher, qui préfère laisser les situations se décanter d'elles-mêmes. C'est pourquoi il a laissé tant d'amertume et de frustrations au PS. De Fabius à Martine Aubry, les éléphants ne s'y sont pas trompés : ce sont eux qui portent les critiques les plus sévères contre lui. Son modèle (revendiqué), c'est Henri Queuille, président du Conseil sous la IVe République - et élu de Corrèze, comme lui -, qui, dans notre histoire, personnifie l'indécision. On lui doit ce mot célèbre : "Il n'est de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre." Ça pourrait être la définition du hollandisme.

Il y a un autre célèbre politique corrézien, c'est Jacques Chirac. On dit beaucoup qu'il voterait pour François Hollande...

Vu qu'il a été l'exact contraire du président que François Hollande prétend être, ce n'est pas forcément un atout. Mais c'est un exemple édifiant : en Corrèze, François Hollande a toujours été un opposant féroce à Jacques. Chirac. Le symbole, c'était le musée du septennat, qu'il avait promis de fermer parce que c'est un gouffre financier. Une fois élu au conseil général, il a tout gardé, même les dettes. CQFD.

Est-ce que son inexpérience du pouvoir est aussi un handicap ?

Forcément. Il n'a jamais été ministre (Mélenchon, oui) - même pas secrétaire d'État aux bacs à fleurs ! Il a l'habitude de répondre qu'il a été associé de près au pouvoir sous Lionel Jospin. C'est à double tranchant parce qu'on sait comment ça s'est terminé. Surtout, il dit que s'il n'a pas été ministre, c'est qu'il n'a pas voulu l'être. Il faut se demander pourquoi. Peut-être que c'est parce qu'il n'a jamais voulu s'exposer : un ministre se juge sur les dossiers qu'il traite, sur les réformes qu'il mène. Un chef de parti ne fait que des campagnes électorales. François Hollande en a conduit beaucoup. Il était donc bien préparé pour être candidat. Ça ne veut pas dire qu'il soit prêt pour être président. 

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