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vendredi, 20 avril 2012

Dans 48 heures, nous saurons...

Le Point.fr - Publié le 19/04/2012 

Pour l'un de ses derniers déplacements de campagne, la candidate FN s'est rendue en Bourgogne pour rencontrer des commerçants.

Marine Le Pen à Sens, jeudi.

Marine Le Pen à Sens, jeudi. © Martin Bureau / AFP

Les mains levées, Marine Le Pen dévisse les ampoules et chante avec force un "bénédicité bourguignon". "On voussouhaite une large soif !" souffle Édouard Ferrand, conseiller régional FN de Bourgogne, en levant son verre. Jeudi, dans un hôtel-restaurant de Sens plutôt cosy, l'ambiance est festive. Avant de rejoindre Paris, la candidate FN s'accorde un moment de détente en déjeunant avec Louis Aliot, vice-président du parti, Édouard Ferrand et quelques militants frontistes. 

Mais la gravité propre à ces derniers jours qui précèdent le premier tour du scrutin prévu dimanche la rattrape vite. "Se faire plaisir, être heureux ou pas, ce n'est pas la question. Je fais mon devoir, je me bats pour la France. Je me vois comme un chef de troupe", confie la candidate aux journalistes. Pendant le repas, elle échange des regards complices avec son compagnon, Louis Aliot, assis un peu plus loin. Après ces mois de campagne électorale, ce dernier note : "Marine Le Pen a bien vécu cette campagne. Plus ça va, et plus elle commence à prendre de la hauteur par rapport au quotidien de la campagne, elle n'est pas stressée."

"Les bolcheviks sont de sortie"

Avant de passer à table, Marine Le Pen a fait la tournée des commerçants à Sens. Un exercice auquel elle ne s'était encore jamais prêtée jusque-là. Entrant successivement dans une boulangerie, un magasin de décoration, une maroquinerie et une librairie, la candidate paraît plutôt mal à l'aise et lie tant bien que mal la conversation avec ses interlocuteurs. "Le travail des mains est complètement dévalorisé ! Comme disait mon père : Quand on a faim, mieux vaut avoir sous la main un cuisinier qu'un académicien", lance-t-elle au patron de la maroquinerie qui a quarante ans de métier. Si l'accueil est loin d'être enthousiaste, les commerçants se montrent cordiaux. "Marine Le Pen est une candidate comme les autres. Mais c'est sûr que l'on n'aurait jamais reçu son père chez nous", remarque un employé de la maroquinerie en tablier blanc. 

Dehors, une trentaine de militants frontistes donnent de la voix pour affronter des manifestants composés essentiellement de lycéens et de partisans de Jean-Luc Mélenchon. "La jeunesse emmerde leFront national !" et des "Marine, présidente !" résonnent dans les rues piétonnes de Sens, à deux pas de la cathédrale. "Quand les bolcheviks sont de sortie, c'est bon signe. Oui, Jean-Luc Mélenchon a la trouille et il a raison !" souffle Marine Le Pen. Et de renchérir : "Mélenchon est aussi révolutionnaire que je suis danseuse au Crazy Horse." Convaincue de remporter au moins 20 % des voix au premier tour dimanche, elle se voit devant le candidat du Front de gauche. Interrogée sur les propos de son père, Jean-Marie Le Pencomparant le meeting géant dimanche de l'UMP sur la place de la Concorde à Nuremberg, la candidate a botté en touche. "Je ne sais pas, je n'étais pas née", a-t-elle répondu sur un ton sec.

"Surprise"

Jeudi, pour l'un de ses derniers déplacements de campagne, la candidate a donc choisi de mettre l'accent sur les difficultés rencontrées par les petits commerces en France, forcés de faire face à la concurrence déloyale de la grande distribution. Une manière de remettre sur le tapis la question de la ruralité (accès aux soins et à la sécurité, disparition des petits commerces et des services publics dans les campagnes) qui lui est chère. "Ce thème a été délaissé par l'UMPS. Et n'oublions pas qu'en 2002 les habitants des zones rurales avaient massivement voté Jean-Marie Le Pen", rappelle Louis Aliot. 

Promettant une "surprise" à la sortie des urnes dimanche, le FN mise sur la démobilisation de l'électorat sarkozyste, puisque le candidat UMP est donné perdant au second tour dans les sondages. "On sent sur le terrain un sentiment de ras-le-bol et la volonté de casser la baraque", rapporte le vice-président du FN. Une "sensation" partagée par Marine Le Pen, qui met en avant son instinct : "Cette surprise, je la sens venir ! La politique, c'est de l'amour, ce n'est pas scientifique !" 

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