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lundi, 27 février 2012

Les frontistes marseillais sur le terrain

Pour Marine, "parce qu'on la comprend mieux"



 

Publié le lundi 27 février 2012 laprovence.com

 

A Castellane, sujet le plus discuté au passage des militants : les parrainages

 

 

Le printemps et sa présidentielle sont encore loin. Pourtant, c’est le bon moment pour les militants d’aller semer leurs idées sur le marché du Prado, entre oranges d’Espagne et sacs en cuir d’Italie, s’ils veulent profiter de "la tendance actuelle : personne ne sait pour qui il va voter".

Un avis signé Patou, derrière son stand, largement partagé par le chaland, mercredi dernier, à quelques heures d’OM-Milan. C’est d’ailleurs pour capter la foule des supporters que les militants frontistes avaient choisi ce lieu de rendez-vous afin d’annoncer le meeting de Marine Le Pen, ce dimanche au parc Chanot. Dans le groupe, de vieux briscards comme Jean-Pierre Baumann, fourguant à chaque passant un calendrier 2012 aux couleurs de son parti. "Il n’y a plus d’hostilité de la part du public", assure cet expert-comptable qui accroche le symbole des paras à la boutonnière de son blazer. "On n’entend plus d’insulte et les tracts ne finissent plus par terre." À bien y regarder, quelques-uns glissent au sol, froissés ou déchirés "parce que là est leur place", estime une dame fendant leur petite foule.

Plus facile à évoquer que l'immigration

Impossible d’écrire que les frontistes génération 2012 sont reçus bras ouverts ou plutôt les poings faits, tant par les forains que par leurs clients. Il y a ceux, nombreux, qui susurrent des "bravo" et des "Vous pouvez compter sur nous !". Et les autres, encore plus nombreux, qui ferment le regard ou comme ce démonstrateur en épluche-légumes, refusent à six militants successifs de prendre le prospectus, sans jamais perdre leur sourire. Quand la conversation démarre, c’est presque toujours sur le même thème : "Aura-t-elle les signatures pour se présenter ?" Stéphane Ravier et Laurent Comas, les deux cadres du parti, se gardent bien de les rassurer dans un département où le nombre de promesses de parrainages de maires avoisine le zéro pointé : "Il y a une éventualité qu’elle ne soit pas là", au rendez-vous des urnes. Le sujet est rassembleur, plus facile à évoquer en public que l’immigration. "Cela prouve juste que les gros partis ont peur des petits", s’exclame une revendeuse qui ne partage pourtant pas les mêmes idées. Personne, à trois bancs de fruits et légumes à la ronde, ne songe à une possible manœuvre politicarde du parti à la flamme tricolore.

Le tabou tombe, et les sympathisants frontistes acceptent de s’exprimer à visage découvert

La candidature de la fille, plutôt que celle du père, a de toute façon changé la donne : "Les gens se lâchent. Ce n’est pas seulement un ras-le-bol de Sarko", juge Stéphane Ravier, membre de la direction nationale. "Dans les quartiers Nord, les gens me demandent sur des sujets très divers ce que pense Marine." Laurent Comas confirme : "C’est incomparable. Elle attire des anciens socialistes, des ex-UMP, qui s’ajoutent à notre électorat." Le tabou tombe, et les sympathisants frontistes acceptent de s’exprimer à visage découvert, ce qui n’a pas toujours été le cas. Claudia Schifano lit attentivement le tract entre deux stands. Elle vote CGT aux élections professionnelles et FN dans les scrutins politiques. C’était déjà le cas du temps de Jean-Marie.

Marine Le Pen : "Plus simple, plus directe"

Elle préfère la fille, "plus simple, plus directe". Patrick, retraité de la SNCF avait voté Sarkozy en 2007, tout comme sa compagne Clémentine. Cette fois, le couple choisira Le Pen. "On a bien envie d’essayer. On ne la connaît pas mais les autres on les connaît trop." Patou la marchande de vêtements "préfère la fille que le père" tout comme elle "aime bien Melenchon" mais les deux ont un défaut majeur à ses yeux : "Leur staff est trop léger." Du coup, c’est François Bayrou qui a sa préférence. Elle en parle librement "parce qu’en république, on a le droit de parler de tout", et même à haute voix sur le marché du Prado. Y compris de s’étonner du tarif d’entrée au meeting de Le Pen. "5 euros l’entrée, c’était combien pour Sarkozy ?" Personne, parmi ses clientes, n’a la réponse, trop occupées à choisir entre petits pulls de fin d’hiver et tee-shirts pour les premiers beaux jours.


"Elle est moins homme de terrain"

Le benjamin des frontistes envoyés sur le marché du Prado n'est pas le moins motivé. Thierry Migliore, 27 ans, "est Front national de naissance", mais ce fils de militant a attendu cette présidentielle pour s'impliquer. Collage la nuit, distribution de tracts dans la journée : il ne compte ni son temps, ni son argent. "Je refuse que l'on me rembourse mes frais." Ce qu'il fait pour Marine, pourquoi ne pas l'avoir proposé à Jean-Marie ? "Rien n'a changé entre le père et la fille. C'est la diabolisation du parti qui a changé. La différence, c'est qu'elle est moins homme de terrain, plus politicienne : les gens la comprennent mieux." Salarié dans une entreprise de travaux publics, ce fils d'immigrée portugaise reconnaît que son militantisme soudain a "changé les comportements autour de moi. Au départ, certains m'ont traité de fou. Finalement, des amis m'ont rejoint."

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