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jeudi, 02 février 2012

Sans lui, tout redevient possible !

Qui voterait aujourd’hui pour Nicolas Sarkozy ?

Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu ces jours-ci, le score de Nicolas Sarkozy se situerait vraisemblablement dans une fourchette comprise entre 23% et 25% des voix, selon les instituts de sondage. Le 22 avril 2007, il avait obtenu 31,2% des suffrages exprimés. Cette baisse de 6 à 8 points a un corollaire : une profonde mutation socio-démographique et politique du socle électoral du président sortant.

En 2007, M. Sarkozy avait, dès le premier tour, rassemblé bien au-delà de l’électorat traditionnel de la droite. Sa percée avait été particulièrement forte dans les catégories populaires : 26 % des ouvriers et 32 % des employés avaient voté pour lui, comme l'avait montré la vaste enquête réalisée au lendemain de l'élection par l'Ifop pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Comme l’avait alors noté Sylvie Strudel dans une note du Cevipof, cet électorat, par son caractère "interclassiste", ressemblait à bien des égards à celui du général de Gaulle en 1965. Seul Jacques Chirac en 1995, après sa campagne sur le thème de la "fracture sociale", était jusque-là parvenu à opérer une telle "synthèse entre la droite politique et l’ouverture sociologique", selon l’expression du politologue Jérôme Jaffré.

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Selon la dernière vague du baromètre"Présidoscopie", réalisée du 12 au 20 janvier 2012 par Ipsos Logica-Business Consulting, seuls 12 % des ouvriers et 17 % des employés disent vouloir voter pour M. Sarkozy au premier tour.

Au sein de ces catégories, le chef de l’Etat est nettement devancé par François Hollande et Marine Le Pen : 32% des ouvriers et 30% des employés voteraient aujourd’hui pour le candidat socialiste. 32% des premiers et 22% des seconds accorderaient leurs suffrages à la présidente du Front national.

Seuls 67 % des électeurs ayant voté pour M. Sarkozy le 22 avril 2007 se disent prêts à revoter pour lui le 22 avril 2012. C'est un peu plus qu'il y a quelques mois : fin septembre 2011, 61 % des électeurs sarkozystes de 2007 déclaraient une intention de vote en sa faveur, selon le baromètre mensuel Ipsos-Logica Business Consuting.

Cette dispersion des voix profite inégalement aux autres candidats : 15 % des électeurs ayant voté pour M. Sarkozy il y a cinq ans voteraient aujourd’hui pour Marine Le Pen, 7 % pour François Bayrou et 4 % pour François Hollande.

En se rétrécissant, l’électorat sarkozyste a perdu son caractère composite. Les seuls segments où le chef de l’Etat arrive toujours en tête sont les retraités, les agriculteurs, les commerçants et les artisans, soit le cœur de l’électorat traditionnel de la droite.

Même au sein de ces catégories, cependant, la domination de M. Sarkozy est moins nette qu’en 2007. En cinq ans, le chef de l'Etat a perdu 18 points chez les agriculteurs, 14 points chez les commerçants et les artisans, et 10 points chez les retraités. Autre signe d’affaiblissement : chez les cadres supérieurs, Nicolas Sarkozy devançait de 15 points Ségolène Royal en 2007. Aujourd’hui, il fait jeu égal avec François Hollande dans ce segment de l’électorat.

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