jeudi, 27 octobre 2011

Marseille, carrefour de toutes les cultures ou de toutes les magouilles ?

Marseille : clientélisme sans bornes sur les places publiques

 

Publié le jeudi 27 octobre 2011 à 20H11 laprovence.com

 

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Abaisser une borne avec une clé: l'exercice devrait être réservé à une minorité d'ayants droit. Et pourtant….

 

 

Patrick Hernandez aurait pu remettre sa chanson au goût du jour : "Born to be alive." A Marseille, la borne c'est la vie. En fait, c'est la clé qui est source de joie et délivrance. Car elle permet à un automobiliste d'abaisser la borne. Et d'accéder à une place publique pour se garer et aller, par exemple, au restaurant d'en face. Oui mais voilà. En théorie, les clés sont rares. Alors, au fil des années, un trafic s'est établi permettant à des Marseillais d'acheter une clé. Tarif : 150€, dit-on. Mais il n'y a pas que les clés. Selon les espaces publics, des bips seraient utilisés. Et loués au mois 50€. Mais revenons aux clés. On les achète et on les referait avec les clés d'origine. Le trafic est sans fin. Mais qui a le droit de posséder ces précieux "outils" ?

MPM les achèterait et la Ville déciderait des emplacements. Les pompiers en auraient aussi, ainsi que la police. Qui les vend alors ? Il y a aussi des particuliers qui se voient remettre une clé, tout à fait légalement, par une collectivité. Une clé (ou un bip) qui leur permettrait d'accéder à un local, en théorie bloqué par une borne. Un exemple : le propriétaire d'un garage situé devant un espace public et qui a besoin d'une clé pour garer sa voiture. Voilà à quoi peut ressembler un vendeur. Mais il y a d'autres profils. "La location de clés ne date pas d'hier, explique Gérard Chenoz, vice-président UMP de MPM, chargé avec notamment les élues UMP Caroline Pozmentier et Laure-Agnès Caradec, de lutter contre le problème, dans le cadre du "périmètre de sécurité renforcée élargi". Je me souviens qu'en 1998, le trafic existait déjà. Mais on veut y mettre fin.C'est la volonté de la Ville et de MPM qui travaillent en étroite collaboration avec le préfet de police Alain Gardère." Lequel organiserait même des réunions spéciales pour éradiquer cette branche peu connue du clientélisme à la marseillaise.

On ne plaisante pas avec les bornes

A la préfecture, on ne plaisante pas avec les bornes. "C'est un vrai problème" confirme Patrick Mennucci, maire PS du premier secteur qui milite pour des "cartes à puces" qu'on ne pourrait ni prêter, ni reproduire. Qui serviraient à une seule personne. Et qui mettraient un frein à la valse des voitures. "Il y a quelques jours, rue de la République, j'en ai compté douze, poursuit Gérard Chenoz. J'ai même fait un flagrant délit. J'ai aperçu le chauffeur d'un camion baisser une borne. J'ai déposé plainte, ce que je fais systématiquement."

On casse carrément les bornes inamovibles

C'est que les profiteurs dépassent… les bornes. Sur le Cours Julien, un vendredi soir, un restaurateur les aurait faites toutes tomber pour le bonheur de ses clients. Quels sont les quartiers concernés ? Le Cours Julien donc et, entre autres, La Plaine, Le Panier, La Joliette, le cours d'Estienne d'Orves, la place aux Huiles, le quai du Port côté mer. Où la longue esplanade servant au marché nocturne est souvent envahie de voitures. Sur ce type d'espace public, on passe avec une clé, un bip. Ou on casse carrément les bornes inamovibles. Des bornes vieillottes ou faciles à ouvrir. A MPM, on veut uniformiser la borne. Un seul type, solide. Qui coûterait 1 500€ l'unité. Et permettrait ainsi d'ériger un véritable obstacle devant les voitures. Voilà la clé du succès. Et peut-être faudra-t-il envisager de revoir les commandes des collectivités à la baisse. Pour ne pas voir des centaines de clés se balader dans la nature. "Pendant longtemps, on en a trop achetés, assure un homme qui connaît bien le dossier. Il y a 36 modèles, c'est n'importe quoi."

Puis 2013 arrive et les collectivités, qui jouent la carte de la semi-piétonnisation du Vieux-Port, n'ont pas intérêt à voir les places publiques envahies par des véhicules qui n'ont rien à y faire. Et qu'on voudrait bien voir, pour les sorties nocturnes, se diriger vers les parkings souterrains. "On doit frapper un grand coup, il faut une tolérance zéro, ajoute Gérard Chenoz, mais il faut aussi clarifier la signalétique, bien indiquer les endroits ou se garer et les horaires." La chasse aux vendeurs de clés a démarré. Ce petit trafic sera-t-il éradiqué? Il serait temps. Comme il serait temps de régler le problème des bornes… à eau. "Là aussi, le trafic existe" conclut l'élu.

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