31.05.2011

Communiqué de presse.

 

Affaire Guérini : La Justice découpe -l’affaire- Guérini en morceaux !

 

Le Président socialiste du conseil général des Bouches du Rhône, Jean-Noël Guérini n’en fini pas d’être judiciairement et politiquement amputé !

Après avoir perdu son cœur en la personne de son frère Alexandre, mis en examen pour « détournements de fonds publics, recel, abus de biens sociaux, trafic d’influence et corruption active »  et incarcéré pendant cinq mois.

Après avoir perdu son bras gauche en la personne du communiste  Belviso, mis en examen pour  « détournements de fonds publics et complicité de détournements de biens publics »

C’est maintenant son bras droit que perd Jean-Noël Guérini en la personne de Rémy Bargès, 47 ans, directeur de cabinet, mis en examen ce 31 mai pour "destruction de preuves"  par le juge Charles Duchaine, dans le cadre de l'enquête des marchés publics présumés truqués.

Encore un effort, et le Juge finira bien par faire tomber la tête !

Ces "chances" dont Marseille aurait très bien pu se passer...

Marseille : plus de 40 prévenus jugés pour un trafic de coke et cannabis


 
 

Publié le lundi 30 mai 2011 laprovence.com

Saïd Tir, "parrain" marseillais tué le 27 avril, devait être jugé avec d'autres figures du banditisme.

http://www.senioractu.com/photo/art/default/618757-755214.jpg?v=1289414754

C'est plus l'image du schéma de l'atome avec ses neutrons, protons et électrons que celle, classique, de la pyramide... Le procès qui s'ouvre ce matin devant la chambre correctionnelle spécialisée dans le crime organisé jugera jusqu'au 17 juin un trafic de très grande envergure que les magistrats ont qualifié de "protéiforme", une mosaïque, un assemblage de réseaux croisant leurs intérêts au gré des importations de cannabis et de cocaïne depuis le Maroc et l'Algérie.

Ils seront 43 face au tribunal dont dix sont encore détenus. Deux Français incarcérés en Espagne ont été "prêtés" par Madrid durant trois mois, le temps de les juger. Un personnage se dessine au centre de ce patchwork. Ahmed Kheloufi, 46 ans, surnommé "L'oranais", apparaît au croisement de toutes les ramifications. Condamné par défaut en 1992 en Algérie à vingt ans de prison, la cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône lui a, en 2000, infligé treize ans de prison pour l'importation de quatre tonnes de haschich.

Les écoutes laissent apparaître ses relations privilégiées avec un procureur de Mascara (Algérie). Officiellement gérant d'un taxiphone à Marseille, Kheloufi borne son rôle à celui de facilitateur d'affaires, d'intermédiaire entre des Marseillais et Parisiens et son ami "Le jardinier", gros producteur de cannabis dans le Rif marocain. En mars 2008, la police espagnole découvrait un camion chargé de 2030 kilos de cannabis dans la villa de Daniel Bourgeois, déjà condamné à Marseille pour importation de stupéfiants.

Les kilomètres d'écoutes téléphoniques du dossier attestent de livraisons par go fast, de méthodes de "groupage" de livraisons entre différents réseaux. Le juge d'instruction Philippe Dorcet a également établi qu'une fois incarcérés, les trafiquants continuaient à diriger leur business depuis leur cellule. En cas de placement au quartier disciplinaire, la "gestion" du trafic est transférée à un autre détenu. Le tribunal touchera du doigt les bénéfices astronomiques générés par ce commerce: voitures de luxe, réinvestissement des fonds dans des commerces de quartiers...

Questionné sur son train de vie sans commune mesure avec ses revenus déclarés, Abdelhakim Alouache répondait au magistrat: "Si à 40 ans, je peux pas avoir une Breitling, c'est que j'ai raté ma vie". Entre une négociation d'un immeuble valant un million d'euros à Istres et l'achat d'un terrain pour la réalisation d'un lotissement, un des prévenus reçoit un appel de Pôle Emploi destiné à vérifier qu'il se livre à une recherche effective d'un travail.

Sur le banc des prévenus, ils seront vingt en état de récidive et trois ont déjà été condamnés pour assassinat ou vols à main armée. "C'est une réunion du grand banditisme", commente un magistrat pour justifier un haut niveau de sécurité autour de ces audiences. D'autant que Saïd Tir, abattu le 27 avril à La Cabucelle (15e arrondissement) par un commando de trois hommes aurait dû comparaître.

Au-delà du trafic, cet homme déjà condamné, devait répondre de l'organisation de pressions sur Ahmed Kheloufi pour qu'il revienne sur ses dépositions quant au rôle de Sofiane Boukhedimi. Rexhep Topxhi, surnommé "Le fatigué" était, selon l'accusation, chargé de cette mission.

Dans la famille Balalas, je voudrais le père...

Théo Balalas, l'étrange "Monsieur adhésions" du PS 13


 
 

Publié le lundi 30 mai 2011 laprovence.com

Ancien du Front national, il est au coeur de la crise qui secoue la Fédération des Bouches-du-Rhône

http://www.cequilfautdetruire.org/IMG/jpg/theo-balalas.jpg

 

Depuis trois mois et la révélation par La Provence du rapport Montebourg sur le fonctionnement de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, le nom de Théo Balalas revient régulièrement dans les conversations politiques. Responsable de la commission des adhésions, l'homme est peu connu. Au lendemain des élections cantonales de mars, plusieurs poids-lourds marseillais du PS ont pourtant demandé qu'il soit remplacé à ce poste stratégique, puisque c'est lui qui est chargé de gérer les cartes des militants, qu'il estime à "environ 6 500, avec une progression de 400 personnes en 2010". Un signe de renouveau refusé alors par Jean-Noël Guérini. L'offensive ne s'est toutefois pas arrêtée là : plusieurs élus ont de nouveau mis en cause Théo Balalas devant la commission d'enquête dépêchée à Marseille par la rue de Solférino.

Face à l'orage, Théo Balalas fait le dos rond : "Ils sont libres de demander ce qu'ils veulent, mais personne ne m'a rien dit. D'ailleurs, je n'en ai pas parlé avec Jean-Noël". Pourquoi des socialistes veulent-ils le pousser vers la sortie ? "Vous savez, j'ai quelques décennies derrière moi, avance-t-il. Alors, ils croient renifler le vinaigre, même quand il est à des kilomètres...".

Cette phrase sybilline renvoie au passé du personnage, pour le moins étrange. Dans les années 60, Théo Balalas rejoint l'OAS, l'organisation qui fomente des attentats au nom de l'Algérie française. Un activisme clandestin qui l'oblige à quitter la France durant plusieurs années et lui vaut d'être emprisonné à la Santé. Militant d'extrême droite, il s'engage dans le petit groupe qui implante le Front national dans les Bouches-du-Rhône : lors des législatives de 1973, il est un des candidats lepénistes à Marseille. Quelques mois plus tard, Théo Balalas est un des animateurs du "Comité de défense des Marseillais", collectif de groupuscules qui appelle à la "ratonnade" pour venger la mort d'un chauffeur de bus, assassiné par un Algérien qui sera reconnu comme dément...

Combinaisons électorales

S'il rejoint par la suite le Parti socialiste, où il tient vite un rôle important dans l'équipe de Charles-Emile Loo, ce patron d'un restaurant de l'Opéra conserve ses amitiés Front national. "Théo, c'est une histoire qui dure", s'amuse Ronald Perdomo, un des "historiques" de l'extrême droite marseillaise. Des liens au long cours que Balalas met à profit pour participer à de surprenantes combinaisons électorales. Ainsi en 1985, où il fait voter en sous-main pour un candidat FN aux cantonales, afin de couper les ailes à un jeune loup de la droite. Ou encore en 1989, lorsqu'il fait jouer ses réseaux lepénistes pour permettre à Bernard Tapie d'être élu député!

Le passé de Théo Balalas n'est toutefois pas le seul a susciter les critiques. Des membres du PS ont raconté à la commission présidée par Alain Richard combien il aurait empêché qu'on vérifie de trop près les effectifs manifestement disproportionnés des sections "les plus sensibles", celles qui assurent la majorité. "Avec Alexandre Guérini qui s'occupait également des cartes, ils faisaient leur cuisine un peu dans leur coin, concède Guy Bono, responsable de la Fédération 13 jusqu'en 2004, qui s'est depuis éloigné du PS. Mais bon, j'avoue ne pas avoir remarqué de dérive...".

A la tête de la Fédé depuis les cantonales, Jean-David Ciot est conscient du malaise Balalas. Il parle même de désigner "des gens venant de motions minoritaires pour piloter le bureau des adhésions, cela tordrait le cou au sentiment de verrouillage". Difficile toutefois d'agir dans la précipitation, l'homme qui fait polémique ayant été désigné dans les règles. C'est d'ailleurs le système de défense adopté par Balalas lui-même : "Je suis à ce poste parce que j'ai été élu lors du dernier congrès fédéral. Alors, je continue...". La commission Richard l'entendra-t-elle de cette oreille ? Réponse le 20 juin.

Longuet, le jeune facho reconverti dans la république bananière

Le Point.fr - Publié le 31/05/2011

Le ministre de la Défense, qui était alors responsable parlementaire, a été logé dans un palace tunisien par le régime en place en 2006.

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Gérard Longuet a été logé en Tunisie aux frais du régime de Ben Ali en 2006. © AFP / Martin Bureau

  • Par Franz-Olivier Giesbert et François-Guillaume Lorrain

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Le ministre français de la Défense Gérard Longuet a séjourné durant deux jours en 2006 dans un palace tunisien aux frais du régime du président Ben Ali, alors qu'il était responsable parlementaire, a indiqué mardi un responsable de l'Office national du tourisme tunisien (ONTT).

"Nous avons payé son hébergement et le restaurant ; il a payé les extra", lors d'un séjour du 10 au 12 août 2006, a déclaré le chef du service marché français de l'ONTT, Amine Hajri, confirmant des informations révélées par l'hebdomadaire les Inrockuptibles à paraître mercredi. À l'époque, le ministre de la Défense était conseiller politique du président de l'UMP (Union pour un mouvement populaire, au pouvoir), Nicolas Sarkozy. "Je confirme qu'il a séjourné dans l'hôtel" et "c'est l'Office national du tourisme tunisien qui a réservé", a affirmé lundi à l'AFP la responsable du service commercial de l'hôtel cinq-étoiles "The Residence" de Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, Karima Ben Moussa, après avoir consulté les fichiers de réservation.

L'entourage de Gérard Longuet a confirmé lundi que ce dernier avait bien séjourné dans cet hôtel. Quant au règlement de la facture, le ministre a dit aux Inrockuptibles ne pas se souvenir d'avoir été "invité". "Il est possible que cela se soit fait, je ne m'en suis pas personnellement occupé et je ne me suis pas posé la question. (...) Mais si le gouvernement tunisien a le sentiment que je n'ai pas payé, je peux lui envoyer un chèque tout de suite, ça ne me pose pas de problème", a-t-il ajouté. Le régime autoritaire du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a chuté en janvier sous la pression de la rue, après 23 ans de dictature.

Communiqué de presse.

 

Conseil municipal à Marseille sur la sécurité :

Gaudin nous vend « la politique de  l’anchois des tropiques ! »

 

Pour avoir réuni un conseil municipal extraordinaire ce lundi 29 mai, les Marseillaises et les Marseillais étaient en droit d’obtenir de Jean-Claude Gaudin des mesures énergiques rompant avec les années de dogmatisme  coupé des réalités ; des mesures nouvelles qui pourraient s’attaquer efficacement à ce fléau de l’insécurité qui ronge l’ensemble des quartiers de la ville.

-Le triplement des effectifs de la police municipale en l’armant et en la déployant sur l’ensemble du territoire municipal.

-L’annonce du soutien des ministères de l’Intérieur et de la Justice qui s’engageraient à investir des moyens humains et financiers massifs.

-Proposition d’un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les gros trafiquants de drogue et les criminels les plus abjectes…

Bref, toutes ces mesures que seul le Front National à Marseille propose depuis déjà des années, allaient elles enfin, être reprises par le premier magistrat de la ville ?

Car nous ne lui en aurions pas tenu rigueur de s’approprier les mesures qui s’imposent quand on sait qu’à Marseille 42 assassinats ont été perpétrés en 2 ans, que les agressions -26 quotidiennes- ont augmenté de 14 % en un an, que 2291 vols avec violence, 800 vols à main armée et 8536 cambriolages ont été commis en une année !

Mais Gaudin nous fait du Gaudin : Le nombre de policiers municipaux passera de 242 à 342  une centaine de fonctionnaires supplémentaires pour plus de 800.000 habitants ! Et si mille caméras de vidéosurveillance sont annoncées, seules 340 seront installées à la fin...2012 !

Le boutiquier de l’UMP essaie donc  de faire du neuf avec du vieux voire avec de l’avarié !

De sa cuisine laxiste et sans moyen, il nous sert un plat pauvre et dépourvu de volonté.

Du baril d’anchois pourris, Gaudin nous sert un baril d’anchois des tropiques !*                 Une spécialité que l’UMP partage avec le PS et qui continuera d’empoisonner la vie des Marseillaises et des Marseillais.

 

 

 

*Pour en savoir plus sur «  l’anchois des tropiques » : http://www.youtube.com/watch?v=Xo_dyvZX_YU&feature=related

 

Navré mais le code n'est pas disponible.  S.R.

30.05.2011

Affaire (Alexandre) Guérini: A qui le tour ?

 

Affaire Alexandre Guérini : le bras droit de Jean-Noël Guérini mis en examen

Publié le lundi 30 mai 2011

Rémy Bargès a été mis en examen ce matin pour "destruction de preuves" par le juge Charles Duchaine, dans le cadre de l'enquête sur les marchés publics présumés truqués

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Le siège du Conseil général.

 

 

Le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini (PS), président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Rémy Bargès, 47 ans, a été mis en examen ce matin pour "destruction de preuves" par le juge Charles Duchaine, dans le cadre de l'enquête des marchés publics présumés truqués. Convoqué à 9h30, il est sorti du bureau du juge, peu après 11h15. Le magistrat instructeur lui reproche d'avoir fait changer à l'automne 2009 une partie du parc informatique du cabinet de Jean-Noël Guérini à Marseille (1). Et ce, quelques jours avant une perquisition réalisée par les gendarmes le 30 novembre.

A sa sortie du palais de justice, son avocat Me Lantelme a expliqué que le directeur de cabinet du CG 13 "a tout à fait nié une quelconque entrave à la justice et destruction de preuves. Nous avons senti que le juge Duchaine a longuement hésité avant de procéder à une mise en examen". Le défenseur de Rémy Bargès assure que le magistrat aurait compris "qu'il ne s'agissait que d'un acte administratif prévu de longue date et non d'une manipulation quelconque".

La perquisition du 30 novembre 2009 s’était avérée peu fructueuse, à l’exception de la saisie de divers dossiers concernant des associations et l’organisation du Beach Volley World Series 13. Entendu comme témoin en novembre dernier, le bras droit du président PS du Département avait d’abord avancé que la décision de changer le parc informatique était antérieure à "la médiatisation de l’affaire", l’objectif étant de corriger "des bugs".

Il avait toutefois rapidement consenti à s’expliquer, évoquant "un réflexe de précaution": "Je pense que j’ai paniqué dans la mesure où il y avait un certain nombre d’informations à caractère politique sur ces ordinateurs". Il avait notamment évoqué des notes concernant "des attributions de logements", "les subventions d’associations", "les alliances politiques"...

Plusieurs cadres du Département ont également été entendus par les gendarmes sur la question des ordinateurs portés disparus. Parmi eux, l’assistante personnelle de Jean-Noël Guérini. Elle a indiqué que le service informatique ne lui avait pas demandé si elle avait "des données à sauvegarder"...

Il semble que le juge Duchaine ait également interrogé ce matin Rémy Bargès sur d'autres sujets. Lors de son audition comme témoin, en novembre dernier, les gendarmes avaient notamment évoqué avec lui les pressions exercées par Alexandre Guérini et les autorisations accordées par le Conseil général aux maisons de retraite.

Fred GUILLEDOUX et Denis TROSSERO

Rappel: Borloo, le candidat de la France...des banlieues !


L'avenir c'est la banlieue par deep

Borloo: Pour quel plat de lentilles ministerielles acceptera t'il de se coucher ?

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Borloo veut être candidat "pour gagner"

lefigaro.fr avec AFP
30/05/2011 | 

Le président du Parti radical Jean-Louis Borloo affirme sa volonté d'être candidat "pour gagner" l'élection présidentielle, dans un entretien à la Voix du Nord à paraître demain, tout en précisant qu'il se prononcera officiellement sur sa candidature entre l'été et l'automne.  "Je me prépare pour gagner !", explique l'ancien ministre de l'Ecologie en évoquant "une préparation, physique et mentale à mener", ainsi qu'une "réflexion sur le président (qu'il) souhaite incarner". 

Interrogé ce qui pourrait le faire renoncer à être candidat, comme le risque d'un 21 avril à l'envers pour Nicolas Sarkozy, le patron des radicaux marque sa détermination: "Quant aux éventuelles pressions qui pourraient me faire renoncer, ça n'existe pas!" "Cela fait des années que je me prépare à cette éventualité et j'ai le sentiment que c'est le moment, que la présidentielle va se gagner au profit de celui ou celle qui anticipe mieux les évolutions de la société française et qui va correspondre à ses attentes", poursuit-il.

"Entre l'été et l'automne"

S'agissant du moment où interviendra sa probable déclaration de candidature, Jean-Louis Borloo dit rester "totalement en phase avec le calendrier (qu'il s'est) fixé". "Personne ne m'en imposera un autre", affirme l'ex-numéro deux du gouvernement Fillon en soulignant que "la réponse publique" sur sa candidature sera "exprimée entre l'été et l'automne".

Vendredi, le site lepoint.fr affirmait pourtant que le président du Parti radical avait confié, en marge d'un déplacement à Valenciennes, son intention d'annoncer sa candidature avant l'été. Il aurait alors annoncé "être prêt" sans exlure un brusque revirement : "Je suis comme un parachutiste, dans l'avion, sanglé, prêt à sauter, mais en une seconde la décision peut changer", aurait-il alors résumé.

Ecrire tout et son contraire pour l'écrire sans l'écrire tout en l'écrivant...

DSK : Trop riche, trop puissant et… trop juif ?

L’affaire Strauss-Kahn est du pain bénit pour les antisémites, estime le webzine new-yorkais. Il incite ses lecteurs à se dégager du sempiternel cliché.

26.05.2011 | Eric Alterman*** | The Daily Beast



France
Courrier international
 

C’est une histoire à faire saliver tous les antisémites, à faire trembler tous les Juifs inquiets. Pour résumer : le Français Dominique Strauss-Kahn est un économiste juif extrêmement riche et d’envergure internationale, par ailleurs marié à une journaliste et connu aussi bien pour son train de vie extravagant que pour ses idées de gauche. Installé dans une suite à 3 000 dollars [525 dollars selon le FMI] dans un hôtel new-yorkais, il est soupçonné d’avoir essayé de violer sauvagement une pauvre femme de chambre, une musulmane fervente et vulnérable venue d’Afrique de l’Ouest, avant de prendre un avion pour Paris (en première classe, évidemment) comme si de rien n’était.

Pour charger un peu plus le tableau, voilà que vole à son secours un autre intellectuel juif français nanti, qui y va d’une déclaration de solidarité de classe parmi les plus étonnantes qu’on ait jamais entendues. “J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre”, s’est emporté Bernard-Henri Lévy sur son blog. Mais soyons justes. BHL se voit égalé, sinon surpassé, par les propos à la Spartacus [une référence au film de Kubrick où les ­es­claves, auxquels on a demandé de désigner le meneur en échange de la liberté, déclarent : “Je suis Spartacus” pour ­partager le destin de celui-ci] tenus par le financier juif de droite Ben Stein [dans le maga­­zine conservateur The American Spectator].

Une défense de nanti

Pour Ben Stein, DSK est forcément innocent, puisque “ceux qui commettent des crimes tendent généralement à être des criminels, par exemple. Quelqu’un peut-il me citer un seul économiste reconnu coupable d’agression sexuelle ? Quelqu’un peut-il me citer un seul directeur d’une institution économique internationale à but non lucratif qui ait été accusé et reconnu coupable d’agression sexuelle ?” En revanche, poursuit-il, nombre de femmes de chambre sont “de parfaites cinglées, qui volent des billets d’avion, de l’argent, jettent des documents importants, volent des médicaments…” Et ce n’est sans doute même pas son argument le plus dément : “C’est une affaire de pauvres qui détestent les riches, c’est tout. Un homme débourse 3 000 dollars pour une nuit d’hôtel ? C’est qu’il est coupable de quelque chose. Qu’on apporte la guillotine.” Outre les déclarations de Bernard-Henri Lévy et de Ben Stein, vous ai-je précisé que Dominique Strauss-Kahn a engagé un avocat juif orthodoxe extrêmement cher pour le défendre ?

Tout cela est à première vue du pain bénit pour tous ceux qui trépignent afin de faire pleuvoir les remarques antijuives contre DSK ou simplement de lâcher une bordée d’injures antisémites sur ces Juifs qui prennent inévitablement fait et cause pour les leurs, quelles que soient les circonstances. Et l’on pourrait s’attendre que de tels propos viennent pour une bonne part de France. Depuis plus de dix ans, on nous rebat les oreilles de cette supposée épidémie d’antisémitisme qui ferait rage dans le monde occidental avec une virulence particulière en Europe et, en Europe, avec une virulence marquée en France. Il n’y a pas si longtemps, l’American Jewish Congress [importante organisation de la communauté juive aux Etats-Unis] avait même appelé au boycott du Festival de Cannes et à la suspension des voyages des Juifs en France pour protester contre l’antisémitisme français. Selon l’ambassadeur d’Israël en France de l’époque, Nissim Zvili, les Juifs de France avaient alors “si peur des agressions antisémites que beaucoup [envisageaient] d’émigrer”, et Ariel Sharon, alors Premier ministre en Israël, les encourageait à fuir leur pays pour échapper à “l’antisémitisme le plus brutal”. Cette vision des choses ne faisait cependant pas l’unanimité. “La France n’est pas plus antisémite que les Etats-Unis”, avait répliqué Roger Cukierman, alors président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Appelant les organisations juives américaines à cesser de s’ingérer dans les affaires des Français juifs, il estimait que les attaques contre des institutions juives en France étaient alors le fait d’une frange marginale de la population musulmane, forte de 6 millions de personnes (la France, avec 600 000 Juifs, a la plus forte communauté juive du monde après les Etats-Unis et Israël). Pour Roger Cukierman, ces violences découlaient directement des représailles israéliennes contre la deuxième Intifada.

C’est un peu comme si Strauss-Kahn avait envoyé une invitation sur bristol aux antisémites français, qui n’allaient sûrement pas manquer de donner de la voix. En effet, on voit mal à quel stéréotype antisémite il ne correspondrait pas. Réfléchissez un peu. Banquier juif : vu. Mondialiste juif cosmopolite qui dirige une institution financière mystérieuse dont personne ne sait vraiment ce qu’elle fait : vu. Juif de gauche : vu. Juif obsédé sexuel : vu. Prédateur juif qui s’en prend aux pauvres et aux gens sans défense : vu. Riche juif dont la magnifique épouse occupe un poste important dans les médias : vu. Juif avec un avocat juif : vu. Juif que ses amis dans les médias, juifs et célèbres, défendent uniquement au nom de liens personnels et ethniques, sans se soucier apparemment de savoir s’il est coupable ou innocent : vu.

Peu importe la religion

Et, pourtant, ce membre type de la gauche caviar avec, entre autres, sa suite à 3 000 dollars, ses costumes à 3 500 dollars et ses appartements à 1 million de dollars, sans parler de tous ces défauts “juifs” stéréotypés cités ci-dessus, était en tête dans les sondages pour la présidentielle de 2012. (Otez-moi d’un doute : les Etats-Unis ont-ils jamais eu un président juif ?) Et, paradoxalement, presque toutes les théories du complot qui circulent en France en relation avec ce bouleversement historique pour l’avenir politique du pays n’ont pas porté sur les Juifs, mais sur le président Sarkozy et l’intérêt qu’il y avait pour lui à prévenir la candidature de celui qui était le mieux à même de le remplacer. Marc Knobel, chercheur du Crif, a déclaré à un journaliste qu’il n’avait trouvé aucune mention significative de la judéité de Strauss-Kahn dans le sillage de son interpellation spectaculaire. En fait, c’est le contraire qui est vrai. Tout le monde savait qu’il était juif et ça ne l’a pas empêché de devenir le candidat le plus populaire en France”, a ajouté Richard Prasquier, président du Crif. “Cela en dit long sur la France. Aujourd’hui, nous trouvons parfaitement normal qu’un Juif puisse devenir président.”

Il se trouve que la religion de Strauss-Kahn n’a eu d’importance que pour deux sortes de gens : les néonazis et Ann Coulter* (encore qu’il soit difficile de faire la distinction entre les deux). Face à tout cela, que dire, sinon : “Vive la France** !” Et peut-être aussi : “Nous sommes désolés.”

Note : * Cette commentatrice politique ultraconservatrice a publié sur le réseau Twitter une plaisanterie d’un goût douteux sur la judéité de DSK. “La femme qui accuse DSK est musulmane, il est juif, si bien que maintenant il affirme l’avoir violée en état de légitime défense”, a-t-elle écrit. ** En français dans le texte. *** Professeur au Brooklyn College et chroniqueur à The Nation.

Pendant que DSK se vautre publiquement dans le luxe, la plaigante se terre

La justice new-yorkaise à la solde de DSK

Le tabloïd New York Daily News s'indigne des conditions de l'assignation à résidence de Dominique Strauss-Kahn. Le Français bénéficie d'un traitement inédit, à la mesure de ses moyens financiers. Où est la justice ?

28.05.2011 | Editorial | The New York Daily News

COURRIER INTERNATIONAL

Le tabloïd continue d'accorder une large place à l'affaire Strauss-Kahn et publie en une la photo de la luxueuse maison de TriBeCa, à Manhattan, où l'ancien patron du FMI s'est installé. "Chez Perv", titre-t-il. "Perv", pour pervers, le sobriquet dont la presse populaire a affublé le Français dès qu'il s'est trouvé accusé d'agression sexuelle sur une femme de chambre d'un hôtel new-yorkais. "Le Don Juan français à la chevelure argentée, qui il y a juste une semaine était sous surveillance anti-suicide, à l'isolement dans une minuscule cellule de la prison de Rikers, a déménagé hier [25 mai] dans une maison de trois étages et d'une surface de 632 mètres carrés que lui a déniché son héritière d'épouse, Anne Sinclair", écrit le journal. Photos à l'appui, il détaille l'habitation : quatre chambres, cinq salles de bain, une cuisine richement équipée, une salle de projection privée, un jacuzzi, une salle de gym...  "Cet homme que ses détracteurs dépeignaient comme un membre de la 'gauche caviar' pour son goût du luxe, et en dépit de sa politique socialiste, devrait se sentir parfaitement chez lui, entouré de tous ces meubles et ces appareils électroniques que l'argent permet d'acheter", ironise le journal.
 
Installé dans une maison luxueuse de 600 mètres carrés au sud de 
Manhattan, Dominique Strauss-Kahn prépare avec ses avocats l'audience du
 6 juin.

Installé dans une maison luxueuse de 600 mètres carrés au sud de Manhattan, Dominique Strauss-Kahn prépare avec ses avocats l'audience du 6 juin.

Tant que Dominique Strauss-Kahn sera confortablement assigné à résidence dans sa maison à 50 000 dollars par mois [35 000 euros] d’où il peut commander à dîner dans les meilleurs restaurants de la ville, il n’y aura pas de justice équitable à New York. Le système pénal a autorisé Strauss-Kahn à profiter d’un traitement spécial, comme seul l’argent peut en offrir, tout en attendant son procès pour agression sexuelle. La prison de Rikers Island [où DSK a été brièvement incarcéré après son interpellation] est pleine de prévenus qui bénéficient eux aussi de la présomption d’innocence, mais qui n’ont pas de quoi payer la caution, pour ne rien dire de la société de sécurité chargée de les surveiller 24 heures sur 24, sept jours sur sept [Le coût de cette surveillance, aux frais de l'accusé, a été estimé par le parquet new-yorkais à 200 000 dollars mensuels, soit 140 000 euros]. Alors, ils croupissent en cellules et n’ont droit qu’à la douche commune quand Strauss-Kahn goûte, lui, aux joies de son “bain de vapeur”.

La caution est un système censé garantir que le prévenu se présente bien à son procès. En règle générale, le juge fixe une somme qui sera perdue si l’inculpé prend la poudre d’escampette. Plus le risque de fuite est grand, plus la caution est élevée. Le bureau du procureur de Manhattan a soutenu que Strauss-Kahn était tout à fait susceptible de fuir. Il est riche, et n’aurait donc aucun mal à se procurer un moyen de transport. Il vient de France, pays qui n’a pas d’accord d’extradition avec les Etats-Unis. Conscient du risque que Strauss-Kahn détale, le juge Michael Obus a accepté les conditions proposées par ses avocats : une caution d’un million de dollars, ainsi que la cession de son passeport et une assignation à résidence, avec port d’un bracelet électronique et une surveillance constante.

Rares sont les prévenus qui, à New York, ont obtenu un arrangement de ce type. Les tribunaux n’acceptent presque jamais les assignations à résidence ou la surveillance électronique avant le procès. D’ordinaire, la procédure est la suivante : on paie la caution ou on part pour Rikers. Et c’est le seul choix qui aurait dû être offert à Strauss-Kahn. Si Obus avait le sentiment qu’une caution d’un million de dollars ne suffirait pas à l’empêcher de filer, il aurait dû en augmenter le montant en conséquence. Il sait fort bien le faire. Il a imposé une caution de dix millions de dollars à Dennis Kozlowski, un voleur en col blanc [l'ex-PDG du groupe Tyco a été poursuivi en 2002 pour évasion fiscale]. Le système pénal fédéral adopte une autre approche. Là, les juges ont coutume de remettre les prévenus en liberté, en résidence surveillée avec bracelet électronique. Si l’on ajoute la société de sécurité privée, c’est ce qui a permis à Bernie Madoff [banquier véreux dont la chute a été l'un des moments emblématiques de la débâcle financière de 2008] de se réfugier dans son appartement luxueux jusqu’à ce qu’il plaide coupable.

La différence entre Madoff et Strauss-Kahn saute aux yeux. Les conditions imposées à Madoff pour sa caution, certes répugnantes, sont les mêmes que celles qui sont appliquées à nombre d’autres prévenus du système fédéral. Alors que celles dont bénéficie Strauss-Kahn sont littéralement sans précédent dans les tribunaux new-yorkais. Pour lui, c’est l’argent qui a fait toute la différence, et il l’étale sans vergogne.

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