mardi, 08 février 2011

Marseille, tour de Babel de la prostitution

Marseille : le Jarret, royaume de la passe


Publié le vendredi 04 février 2011 laprovence.com

http://www.amha.fr/wp-content/uploads/2011/01/prostitution.jpg

Des grues qui tournent, des immeubles qui poussent. La physionomie de la ville évolue mais une carte reste figée. Celle de la prostitution. Depuis une bonne dizaine d'années, l'amour se monnaie aux mêmes carrefours, dans les mêmes rues. Avec des prostituées adossées aux mêmes murs depuis 30 ans! En 1982, une fille était assassinée dans une chambre du centre-ville. Sa meilleure copine de travail exerce toujours dans le quartier. Mais au fait, quelle est la carte de la prostitution à Marseille ?

Il y a d'abord le quartier historique, l'équerre boulevard Michelet - 2e Prado - David. Côté Michelet, on y rencontre des filles d'origine africaine qui côtoient des prostituées françaises d'un certain âge. Particularité de Michelet: certaines prostituées y travaillent en... camionnette. C'est plus spacieux et bien plus agréable pour le client qui vient s'offrir un quart d'heure de plaisir. Car il faut dire qu'à Michelet, pas d'appartement: tout se fait dans le véhicule, quelle que soit l'option choisie par le client.

De l'autre côté, au 2e Prado (entre le rond-point et David), on pénètre au coeur de la prostitution "contemporaine", le royaume des filles d'Europe centrale. Elles ont atterri là au début des années 2000 et ont essaimé jusqu'au... Conseil général à six kilomètres de là. 2e Prado-Rabatau-Jarret: après minuit, on y parle plus le Roumain que le Français. Dans la cartographie des prostituées , celles-là sont évidemment les plus jeunes. Entre 20 et 35 ans. Mais, globalement, du Prado au Jarret, les tarifs sont identiques : 50 € la passe. Qui sera chaleureuse si elle ne dépasse pas le quart d'heure. Et orageuse au-delà. Car, c'est bien connu, après 15 minutes, la fille commence à bouillir.

Mais revenons à la cartographie. En dehors des deux QG que sont le Jarret et le Prado, il y a les quartiers plus discrets. Et moins chers. Qui dispose d'un petit revenu, sera condamné à acheter son plaisir au centre-ville, au bas des Allées Gambetta par exemple. 30 € la prestation. Et l'occasion de rencontrer des historiennes de l'amour tarifé, telle une Allemande blonde comme une Pelforth qui arpente le quartier depuis, dira-t-on, le but de Boli face à Milan. Dans le rayon ruelle discrète (encore que...), il y a aussi la rue de la Rotonde mais surtout Sénac et Curiol, où des Espagnoles exercent dans un quartier dangereux pour les prostituées.

À noter que le centre-ville n'appartient pas uniquement aux filles. Les travestis, notamment autour de la gare, y sont aussi nombreux. Et très recherchés. La plupart, d'origine maghrébine, pratiquent des prix qui pourraient rendre jaloux bien des filles. Il faut dire que, pour changer de corps, certains sont passés quelquefois sur le billard. Un des plus "réussis" aurait lâché au moins 50 000 €. Et évidemment, il faut se refaire une santé financière. Étrangement, les filles d'Europe centrale sont absentes du centre. Sauf celles qui travaillent en studio (rue Paradis, par exemple) pour 100 € et par petites annonces. Mais c'est une autre histoire.

Le trottoir du centre et notamment celui de l'Opéra, autre quartier historique, appartient aux Marseillaises. Sauf la Canebière où la prostitution, dite du 3e âge , est le fait de Maghrébines baptisées les "Marcheuses." Pourquoi "Marcheuses"? Parce qu'elles passent souvent d'un trottoir à l'autre. Pourquoi 3e âge ? Parce qu'elles s'adressent, entre autres, aux vieux Maghrébins solitaires, venus construire la France à la fin des années 50 et qui ne sont jamais rentrés au bled. Mais ces "marcheuses", qui travaillent 7 jours sur 7 (et jamais la nuit), sont "invisibles". Pas de racolage, pas de regard, pas de sourire ou très peu. Et des prix imbattables : pour 20 €, on peut les suivre dans leur modeste appartement. Fatia, la quarantaine, est employée dans un grand hôpital. C'est l'après-midi qu'elle s'empare de son bout de trottoir, près de la "Boutique de l'OM", pour vendre ses charmes. Ou ce qu'il en reste. "Parfois, je rentre au bled pour les fêtes mais je suis souvent ici" balbutie-t-elle dans un Français approximatif.

Reste la rue Poids de la Farine, à Belsunce. On y croise deux femmes dont la présence n'a pas toujours été appréciée. Il faut dire qu'elles "travaillent" face à des musulmans qui prient parfois dans la rue, leur mosquée étant pleine. Et la religion s'accommode très mal de la prostitution.

Publié dans Blog | Commentaires (6) |  Facebook | | |

Commentaires

En effet on voit de la prostitution partout, c'est devenu effrayant ! Je ne suis pas sûre que la loi va changer grand chose, on risque de juste déplacer la prostitution ailleurs... J'ai lu un bon dossier à ce sujet sur un hebdo qui avait déjà fait une interview de Stéphane Ravier.

L'adresse du dossier :
http://www.newsofmarseille.com/prostitution-la-question-qui-allume-l-opinion/

A bientot,

Écrit par : Ginette | lundi, 09 mai 2011

nous sommes rue du coq avec ma femme depuis un an, c'est de pire en pire, maintenant les prostituées sont mineures et très agressives.
après leur passage, tous les jours, on retrouve un quartier rempli de déchets de toute sorte, allant d'emballages de capotes à canettes de bière et seringues usées. Car même les voitures ici sont aspergées de sang quand les droguées se piquent en plein milieu des passants.
Les prostituées sont assises les jambes écartées sur les capots des voitures et si on dit quelque chose, on nous casse la voiture.
Il n'ya pas jour où l'on soit pas empêché de rentrer chez nous à cause des macros ou des "filles" qui trainent devant la porte, avec un dédain inconsidérable...
La police ne passe jamais ou lorsqu'elle passe les filles montrent leurs seins à la police...Ils passent sans s'arrêter "Ni vu, ni connu".

Écrit par : berrot | mercredi, 08 juin 2011

il faut ouvrir des bordels en France pour que les filles travaillent en sécurité et avec plus d hygiène . de plus l établissement payera des impôts alors pourquoi on ne le fait pas

Écrit par : PIOUPIOU | mardi, 09 août 2011

Je suis prostituee a la rue du coq et je souhaiterai repondre a berrot.il faut arreter de nous devaloriser,jai 22ans c tres jeune et oui je suis prostituee maman dun garcon de 4ans.,nous ne sommes pas des droguees ni des dechets de la societe,j'ai recu une tres bonne education j'ai un bon niveau d'etude....si nous nous retrouvons a vendre notre corp c'est uniquement par necessite cher berrot et non pour le plaisir.concernant les proxcenete je suis navre mai ce sont des jeune qui nous ennuie a longueur de journee pour gratter...il faut arreter de divulguer des conneries.pour ce qui est des habitants de la rue ils noud disent tous bonjour il yen a meme une qui ma proposer de garder ces enfants....pour vous dire.berrot vous dite de la merde parce que au fond de vous vous devez avoir un degout profond pour les prostituee mais je vous le redis nous ne sommes pas djhhhes dechets mais des etre humain comme vous !!votre temoignage me choc

Écrit par : Samantha | mardi, 28 février 2012

samantha, je suis etudiant a marseille et a chaque fois que je passe dans la rue, j'ai toujours peur et dieu sait que d'habitude c'est les autres qui ont peur.

Écrit par : sehe | dimanche, 11 mars 2012

Chère Samantha,
Je passe régulièrement rue du Coq et je confirme : pas de mineures apparemment et plutôt sympas, jolies et même désirables.
On peut aussi comprendre les riverains mais il vaudrait mieux vous aider et vous protéger des gars agressifs.
Marc
marc666666@hotmail.fr

Écrit par : Marc | vendredi, 16 mars 2012

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.