30.09.2010
Marine LE PEN : une "menace pour le clan Sarkozy" titre la Une du Parisien
PARIS, SAMEDI. Marine Le Pen, ici au côté de son père lors d’une réunion du Front national sur le thème des retraites.
"Le nouveau visage du Front national perturbe la droite
En cherchant à respectabiliser l’image de son parti, Marine Le Pen parvient à mordre sur l’électorat de la droite classique.Une menace pour le camp Sarkozy."
Le regain du FN fut l’une des grandes surprises des élections régionales de mars. Le FN de Jean-Marie Le Pen, que Nicolas Sarkozy donnait pour moribond depuis son effondrement en 2007, a prouvé qu’il a davantage que de beaux restes. Il paraît même désormais, au gré des sondages, en pleine opération de reconquête. Une offensive qui porte un nom et un visage, celui de Marine Le Pen.
A 42 ans, non seulement la benjamine du patriarche d’extrême droite remotive l’électorat populaire traditionnel du FN qui s’était éloigné, mais elle réussit en outre une percée au sein de la droite classique.
En face, Nicolas Sarkozy prend la menace Marine Le Pen au sérieux. A dix-huit mois de la présidentielle, les stratèges de l’Elysée ont décidé d’aller sur le terrain du FN et de retrouver ceux de ses électeurs qui avaient voté pour le candidat UMP en 2007. La surenchère de l’été en matière de sécurité en est la démonstration. Sarkozy assume, et tant pis pour les polémiques en France, pour les condamnations internationales (du pape à l’Europe en passant par l’ONU), pour l’image critiquée de notre pays. L’hebdomadaire américain « Newsweek » ne met-il pas le président français en une de son numéro consacré au « nouvel extrémisme en Europe »?
Pour autant, ce pari est risqué. D’une part, parce que les plus modérés à droite et au centre pourraient se détourner bel et bien. D’autre part, parce que ce qu’attendent les électeurs les plus durs, ce sont des résultats. Le FN compte bien d’ailleurs bénéficier de ce discours décomplexé de l’UMP qui favorise ce que les frontistes appellent la « lepénisation des esprits ».
Entre l’Elysée et Marine Le Pen, la bataille est bien engagée.
Source Le Parisien 30 septembre 2010
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