31.07.2010
Le nouveau serpent de mer de Gaudin...
A Marseille, le projet de centre de thalasso se réveillera-t-il un jour ?
Publié le vendredi 30 juillet 2010 La Provence.
Gelé depuis 2 ans, le projet de centre de thalassothérapie entrave l'aménagement du quartier des Catalans.
Sous la pression des riverains, les premiers plans prévoyant un bâtiment de 9 étages ont été refusés par la Ville.
Il était une fois un beau projet d'hôtel qui sombra dans un profond sommeil... Comme dans l'histoire de la Belle au Bois dormant, le temps s'est arrêté sur le complexe de thalassothérapie des Catalans. Souvenez-vous, en juin 2008, la Ville annonçait l'arrivée de ces 150 chambres somptueuses, de ce restaurant panoramique, de ces piscines intérieures et extérieures reliées entre elles; et, sur trois niveaux, ce centre de thalasso où viendrait se délasser une clientèle haut de gamme. Le tout permettrait, disait-on, de créer 240 emplois directs et indirects; et de "tirer vers le haut" le quartier, en se dotant d'un équipement hôtelier qui manque à Marseille...
Mais deux ans plus tard, rien n'a bougé dans le décor. Sur le site du palace, ce sont toujours les ruines des bâtiments de l'ancienne usine à sucre Giraudon qui défigurent le bord de mer. Alors où en est-on de ce fantôme d'hôtel qui hante les Catalans, empêchant tout autre projet de prendre forme ?"On pourrait doubler la surface de la plage", a récemment suggéré le conseiller municipal UMP à la Mer Didier Réault. Mais pour cela, il faudrait y voir clair sur les espaces libérés. Or, on ignore toujours quelles seront l'emprise et la hauteur du futur hôtel.
C'est que dès le départ, l'affaire fut mal engagée. Révélé en juin 2008 par La Provence, le projet d'hôtel avait soulevé un tollé au sein du quartier. À l'époque, le groupe Privilège, une holding familiale des Pyrénées Orientales, envisage de créer un bâtiment de 9 étages sur le bord de mer. Impensable pour les riverains, qui obtiennent gain de cause : début 2009, la Ville demande à l'opérateur de revoir ses plans, avec "un bâtiment moins haut et un accès à la mer aménagé", précise Yves Moraine, président du groupe municipal UMP.
Or, comme le Prince charmant, la copie tarde à venir. Sera-t-elle remise un jour, vues les nouvelles contraintes qui pèsent sur l'opérateur ? "Moins d'étages, cela signifie forcément moins de chambres, et donc un seuil de rentabilité qui risque de ne plus passer", reconnaît Yves Moraine. Risque d'autant plus grand que l'investissement de départ, 5M€ pour l'achat du terrain, a été conséquent. Une solution pour sortir le projet du sommeil consisterait à construire "plus large", en étendant l'emprise au sol du bâtiment.
Pour se faire, la Ville pourrait vendre à Privilège la parcelle située à l'entrée du Cercle des nageurs. De bonne source, on apprend qu'un projet a bien été initié en ce sens. Il prévoirait notamment la démolition du restaurant du Cercle des nageurs, qui serait reconstruit plus loin vers la mer, afin de laisser la place à la terrasse du futur hôtel... Le problème, c'est que ces opérations nécessitent la modification du Plan local d'urbanisme (PLU), lequel dépend désormais de la Communauté urbaine dirigée par la gauche. Le président de MPM, Eugène Caselli, se laissera-t-il convaincre à jouer le Prince charmant ? "Moi, je ne donnerai jamais mon accord", prévient le maire de secteur Patrick Mennucci. "Pas opposé idéologiquement à l'installation d'un hôtel", l'élu socialiste refuse qu'"un bâtiment de 5 étages prive de soleil les enfants de la crèche du quartier".
Partant de là, la seule morale de l'histoire, c'est qu'"il faut laisser mûrir les choses", philosophe Yves Moraine. Pour cet élu, "le projet est au point mort, mais il reste la volonté". Autant dire que si chacun campe sur ses positions, les ruines de Giraudon vont continuer longtemps à obstruer le paysage. Rendez-vous dans cent ans ?
00:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






Les commentaires sont fermés.