30.06.2010
Entretien
Les Le Pen passent à l'attaque
Dans un entretien exclusif, le président du Front national et sa fille Marine affichent leur commune détermination.
France-Soir. Si vous deviez décrire la situation de la France aujourd’hui…
Jean-Marie Le Pen. Hélas, c’est simple : tous les indicateurs, sans aucune exception, sont au rouge. Et on ne voit pas, avec ce gouvernement, d’où pourrait venir le rebond.
F.-S. Vous avez habitué les Français depuis trente ans à vos descriptions…
J.-M. L. P. Vous allez dire : apocalyptiques.
F.-S. Exactement !
J.-M. L. P. Mais n’est-ce pas la vérité ? Je n’y peux rien : quand un monde se décompose, ça sent.
F.-S. Quelle comparaison vous vient à l’esprit ?
J.-M. L. P. Cela ressemble à la fin de la IVe République, en plus grave car la crise est là, et avec quelle violence !
Marine Le Pen. Moi, je pense plutôt aux prémices de la Révolution française. On est en 1788. Avec des dirigeants aux privilèges exorbitants totalement coupés du peuple.
J.-M. L. P. On a refusé la proportionnelle, qui est le seul système démocratique. Au Parlement, le pays vrai n’est plus représenté. Et on s’enfonce, de scandale en scandale, des cigares de Christian Blanc à l’affaire Woerth.
F.-S. Les polémiques qui visent Eric Woerth ne sont-elles pas démesurées, ressemblant surtout à une « chasse à l’homme » ?
J.-M. L. P. L’affaire Woerth, ne vous y trompez pas, est très dangereuse pour le gouvernement. Faire dire par ses amis qu’il est un honnête homme, ce n’est pas suffisant… Il y a quand même des incompatibilités qui sont évidentes entre trésorier d’un parti et ministre du Budget.
« A droite, on dirait des oiseaux affolés dans une volière »
F.-S. Un contrôle fiscal vise l’ensemble de la fortune de Liliane Bettencourt…
J.-M. L. P. Il était temps. Ce n’est plus un bouclier fiscal, ça devenait une armure fiscale !
M. L. P. Voyez les réactions que l’affaire provoque. Certes le PS, sauf ceux de ma génération, est étonnamment discret. Mais, à droite, on dirait des oiseaux affolés dans une volière !
J.-M. L. P. Pendant ce temps, dans les banlieues, dans le pays tout entier, la peur s’installe. On laisse victimes et témoins à la merci des voyous. Partout des menaces, partout des violences. L’immigration est en train de « plier » la France. Ils sont en train de gagner…
M. L. P. Sur certains marchés, on nous appelle les « faces de craie » !
J.-M. L. P. Il n’est même pas possible de faire une simple allusion à la couleur de la peau : c’est interdit. L’Etat est paralysé par la religion de l’antiracisme. Tout le système de protection nationale est pris à contre-pied. Avant, pour les brigands, c’était la peur du gendarme. Aujourd’hui, c’est la peur que ressent le gendarme.
F.-S. Votre réponse, c’est quoi ? Toujours plus de répression ?
J.-M. L. P. En 2002, j’avais fait campagne pour 100.000 places de prison supplémentaires. Aujourd’hui, il y a 62.000 personnes qui s’entassent, dans des conditions parfois indignes, dans 50.000 cellules. Et les jeunes qui arrivent n’échappent pas toujours, tant s’en faut, au viol. Eh bien, savez-vous combien il y a de détenus aux Etats-Unis, même si leurs traditions sont différentes des nôtres ? 2,4 millions !
M. L. P. Ce qui s’impose, c’est une révolution patriotique.
F.-S. Cela signifie quoi ?
M. L. P. Construire des prisons, rétablir la double peine, déchoir de la nationalité les assassins…
J.-M. L. P. Rétablir la peine de mort et une réelle peine de prison à perpétuité.
M. L. P. Et aussi rétablir la présomption de légitime défense pour les forces de police.
J.-M. L. P. En France, nous ne sommes pas loin de la situation de la Jamaïque, où l’on vient d’assister à une véritable transfert de souveraineté entre la police – débordée – et la mafia, qui fait la police.
F.-S. Votre fille Marine est candidate à votre succession et bientôt candidate à la présidence de la République. Diriez-vous qu’elle vous bluffe ?
J.-M. L. P. Si elle me bluffe ? Un peu, oui ! Elle a les qualités nécessaires et j’espère suffisantes pour assumer demain les fonctions auxquelles elle aspire : d’abord, la présidence du Front national, ensuite une candidature à l’Elysée. Mais elle n’est pas moi. Elle a son propre vécu, comme on dit. (Marine Le Pen s’éloigne quelques instants, NDLR.)
F.-S. Quelles sont, selon vous, ses qualités ?
J.-M. L. P. Elle en a, des qualités ! Marine a les qualités physiques, mentales, psychologiques, intellectuelles, affectives, caractérielles nécessaires. Il ne faut pas sous-estimer la charge que représentent ces combats-là, et elle s’est entraînée à cela. Pour « y aller », il faut en avoir envie, il faut avoir la niaque. Et puis il faut regarder les choses en face : ça l’amène à sacrifier une partie de sa vie. Mais elle est une chance pour la France.
F.-S. Car, à votre sens, elle peut l’emporter en 2012 ?
J.-M. L. P. Bien sûr.
F.-S. Votre fille serait donc au second tour ?
J.-M. L. P. Oui. Et si elle bat Martine Aubry, ce serait, pour moi, l’aboutissement de cinquante ans de combat.
F.-S. Dans votre scénario, elle gagnerait alors que vous avez toujours perdu…
J.-M. L. P. La victoire de Marine, je la vivrais comme une joie profonde.
M. L. P. Moi, ce que je vise, c’est la victoire au second tour. La présidence du FN, c’est, pour moi, le premier étage de la fusée présidentielle.
F.-S. Et si le candidat du PS était Dominique Strauss-Kahn ?
M. L. P. Au premier tour, ce serait, pour nous, un meilleur candidat, car il ne ferait pas le plein au PS. Mais, au second tour, une partie de l’UMP et les bobos de droite se rallieraient à lui, puisqu’ils considèrent – et ils ont raison d’ailleurs – qu’il a le même programme que Sarkozy.
« Malheur aux peuples dont les chefs ont la main molle ! »
F.-S. Encore faut-il, M. Le Pen, que votre fille, pour commencer, devance Bruno Gollnisch, son rival pour la présidence du FN !
J.-M. L. P. Il ferait demain un très bon ministre des Affaires étrangères. Il a une culture très vaste, des convictions très établies, une vie exemplaire…
F.-S. Il a l’ancienneté pour lui !
M. L. P. Détrompez-vous : ma première carte officielle du FN remonte à 1987. Lui, c’est 1988. Je peux même dire qu’avec l’attentat qui a ravagé l’appartement de notre famille dans le XVe, alors que j’avais 8 ans, je suis encore beaucoup plus ancienne que ça au Front. Je vais vous dire : Bruno est un homme extrêmement respectable dont j’aurai besoin, mais c’est un prof d’université, assez loin du terrain. La bonne question, c’est : qui, de nous deux, est le mieux placé pour porter loin les idées du Front ?
J.-M. L. P. Le problème de Gollnisch, c’est que ses amis sont extérieurs au Front, parce qu’ils l’ont quitté : Carl Lang, Bernard Antony, Jacques Bompard… Bruno veut organiser, comme il dit, le retour au bercail de toute l’extrême droite. Et puis il y a son ami Pierre Sidos (cofondateur de Jeune Nation et fondateur d’Occident, opposant de toujours au FN).
M. L. P. Moi, je n’entends, ni aujourd’hui ni demain, m’allier à l’UMP. En revanche, Bruno est beaucoup moins clair sur ce sujet. C’est un fait : ceux qui soutenaient Gollnisch et ont quitté le FN sont tous allés se vendre à l’UMP.
F.-S. Qu’est-ce qu’un profil de vrai chef, selon vous ?
J.-M. L. P. Malheur aux peuples dont les chefs ont la main molle, et malheur, plus encore, à ceux dont les chefs veulent être aimés !
F.-S. Pourquoi ? C’est mal ?
J.-M. L. P. Un chef doit être respecté et obéi. Etre aimé, cela n’a aucun sens.
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Avec Sarkozy tout devient possible, même l'impensable !
Lynchage sur l'A13: «Ils nous ont dit: "On va vous tuer devant votre mère"»
«Ils nous ont dit: "On va vous tuer devant votre mère"», a raconté mercredi sur Europe 1 Nabil, frère de l’homme battu à mort dans la nuit de samedi à dimanche dans les Yvelines, lors d’une rixe sur l’autoroute A13.
«Ils ne sont pas venus pour comprendre, ils sont venus pour faire la guerre», a ajouté Nabil, la voix étranglée par l’émotion, pour décrire l’arrivée des amis de la conductrice du véhicule avec lequel sa famille avait eu un accident.
Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1H00, sur l’A13, au niveau de la commune de Chapet, près des Mureaux, la voiture d’un homme qui partait en vacances en famille est entré en collision avec une Renault conduite par une jeune femme qui a refusé de signer le constat amiable et appelé des amis en renfort. Une dizaine de jeunes gens sont alors arrivés et une bagarre a éclaté au bord de l’autoroute.
«A la base, c’est parti d’un accident», a confirmé Nabil, le jeune frère de la victime. «On a voulu faire un constat, ils n’étaient pas de cet avis, a-t-il ajouté. Apparemment, les constats, c’étaient pour les Français, selon eux».
«Une fois qu’on a appelé la police, ils ont appelé leurs copains», a-t-il poursuivi.
Deux hommes de 21 et 22 ans ont été mis en examen et écroués lundi soir dans cette affaire. Et trois personnes ont été placées mardi soir en garde à vue.
A leur arrivée, les individus n’ont pas cherché à comprendre. Selon Nabil, «ils nous ont dit: "on va vous tuer devant votre mère". C’était ça leur programme: on va les finir».
«Ils n’ont pas cherché à savoir ce que la voiture avait de cassé», a-t-il précisé.
«Mon frère, c’était un mec bien, a conclu le jeune homme, au sujet de Mohamed, 30 ans, employé d’une imprimerie à Lognes (Seine-et-Marne). Il travaillait. C’était mon exemple-modèle».
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Congrés de Tours.
Le Pen s'engage nettement pour sa fille
30/06/2010 |

Marine Le Pen à l'Assemblée nationale,le 23 juin. Crédits photo : Le Figaro
Pour le président du FN, Marine Le Pen a les «qualités nécessaires».
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La campagne interne qui oppose Marine Le Pen et Bruno Gollnisch pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la présidence du Front national se durcit. Pour la première fois, Jean-Marie Le Pen a officiellement soutenu mercredi sa fille et a ouvert le feu sur son fidèle lieutenant Bruno Gollnisch. Dans une interview à France-Soir, le fondateur du FN a jugé que Marine Le Pen «a les qualités nécessaires et j'espère suffisantes pour assumer demain les fonctions auxquelles elle aspire: d'abord la présidence du Front national, ensuite une candidature à l'Élysée».
Pour Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch «ferait demain un très bon ministre des Affaires étrangères. Il a une culture très vaste, des convictions très établies, une vie exemplaire». Puis vient la flèche du Parthe. «Bruno veut organiser, comme il dit, le retour au bercail de toute l'extrême droite», déclare Le Pen en invoquant ses anciens lieutenants - Carl Lang, Bernard Antony et Jacques Bompard - qui ont claqué la porte pour protester contre l'ascension de Marine Le Pen. Comme s'il voulait passer à Bruno Gollnisch le mistigri de l'extrémisme, l'ancien candidat à l'Élysée ajoute: «Et puis il y a son ami Pierre Sidos», chef d'un minuscule mouvement nationaliste qui affiche sa sympathie pour la Phalange espagnole des années 1930.
Le désir de Le Pen de voir sa fille lui succéder ne faisait aucun doute, mais le président du FN avait évité de l'afficher depuis la convocation, voilà deux mois et demi, du congrès chargé de départager les deux rivaux en janvier 2011 à Tours. L'ancien candidat à l'Élysée a choisi de descendre dans l'arène le jour où la candidature des deux rivaux pour sa succession est devenue officielle. Vingt parrainages de secrétaires départementaux du FN étaient nécessaires pour se présenter. Et le parti a annoncé mercredi que Marine Le Pen et Bruno Gollnisch en ont respectivement obtenu 68 et 30.
Le soutien officiel et appuyé du père à la fille, alors que le congrès ne se tiendra que dans six mois, traduit une inquiétude sur l'état d'esprit des adhérents du FN. Il n'est pas démontré que les adhérents du parti soient au diapason des sympathisants, très favorables à Marine Le Pen. Or, seuls les adhérents frontistes voteront lors du congrès de Tours.
Le prestige de Jean-Marie Le Pen auprès des adhérents va naturellement jouer en faveur de sa fille. Il n'est toutefois pas exclu que Bruno Gollnisch en tire profit auprès de certains militants, agacés par ce qu'ils perçoivent comme un clan familial. Le rival de Marine Le Pen a indiqué qu'il allait «réagir à tout cela, mais pas à chaud».
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Vendre coûte que coûte, jusqu'à perdre son âme...
Création d'un label Made in Italy halal
30/06/2010 | Mise à jour : Le Figaro
Plusieurs ministres du gouvernement italien ont signé une convention pour soutenir le projet "Halal Italia" qui certifiera des produits Made in Italy, conformes aux lois coraniques, dans les secteurs alimentaire, cosmétique, et pharmaceutique. Quatre ministères ont décidé d'appuyer un projet lancé par la Communauté religieuse islamique italienne (Coreis) de création d'un "Made in Italy" halal, c'est-à-dire "licite" pour l'Islam, pour augmenter l'exportation vers les pays musulmans et garantir le respect des réglementations islamiques en Italie.
"Nous voulons lancer des ponts et non pas construire des murs", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini lors de la présentation du projet. Pour M. Frattini, ce projet "Halal" est "un instrument important pour l'accès des produits italiens aux marchés des pays arabes". Selon le ministre, en 2010 le marché du halal mondial génèrera un chiffre d'affaire de 500 milliards d'euros, dont 54 uniquement en Europe et 5 milliards en Italie avec 120.000 entreprises de gestion musulmane.
"Maintenant les pays de religion musulmane et leurs habitants pourront déguster lasagnes, tortelloni et autres produits d'excellence du Made in Italy mais avec un label halal", a ajouté le ministre des Politiques agricoles Giancarlo Galan. Le label "Halal Italia" préalablement breveté, sera délivré par Coreis, à la demande des sociétés intéressées pour des produits alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques.
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L'automobilistes: Une vache à lait inépuisable !
Le stationnement coûtera double demain
Publié le mercredi 30 juin 2010 La Provence
Ces dispositions seront applicables de 9h à 12h et de 14h à 18h.
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Ben Gaudin, Sidi Vauzelle et Pacha Fillon
A Argenteuil, Fillon s’est assis sur la laïcité
Pour la première fois dans l'histoire de la République, un premier ministre inaugure un lieu de culte. Même s'il s'agissait de contrebalancer le projet de loi sur la burqa, le geste de François Fillon foule aux pieds le principe de laïcité.

A cette occasion, le locataire de Matignon a tenu des propos empreints de bon sens, invitant les uns et les autres à faire « gagner l’intelligence contre l’obscurantisme ». Reste que ce déplacement, en lui-même, est un mélange des genres qui est l’une des formes les plus insidieuses de l’obscurantisme. Il conduit en effet l’Etat à s’immiscer dans la sphère du religieux, envers et contre les fondements même de la laïcité.
Certes, personne ne soupçonnera le Premier ministre de vouloir ériger l’islam en religion d’Etat. On peut même penser que cette initiative a pour but principal de contre carrer l’effet désastreux des campagnes lancées ces derniers mois avec l’onction gouvernementale. C’est ce que confirme Le Parisien en titrant : « Le geste fort de Fillon envers les musulmans ». En effet, le débat sur l’identité nationale menée sous la houlette d’Eric Besson a conduit à un climat de suspicion généralisé vis-à-vis des musulmans de France, suspectés des pires méfaits et affublés des clichés les plus éculés. La polémique sur le voile intégral, vite assimilé à la « burqa » (il faut savoir utiliser les mots qui font peur) a conduit à des raccourcis indignes de la République. Les couacs à répétition se sont enchaînés, l’un des pires étant celui de Brice Hortefeux (Un arabe ça va, deux, bonjour les dégâts). D’ailleurs, il faut noter que le ministre de l’Intérieur, qui devait venir à Argenteuil, n’a pas fait le déplacement, comme s’il lui était déconseillé de s’afficher en de telles circonstances.
Quoi qu’il en soit, jamais un Premier ministre en exercice ne devrait honorer de sa personne symbolique l’inauguration d’un lieu de culte, qu’il s’agisse d’une mosquée, d’une église ou d’un synagogue. De ce point de vue, on s’étonne que le maire socialiste d’Argenteuil, Philippe Doucet, ait préféré critiquer l’absence du ministre de l’Intérieur plutôt que de s’étonner de la présence de François Fillon.
A dire vrai, ce n’est pas la première fois que des libertés coupables sont prises avec la loi de 1905. Sans évoquer le cas du concordat de l’Alsace-Lorraine qui dispose toujours d’un statut d’exception, chacun sait que la plupart des édifices religieux de France ont été financés avec des fonds publics. De ce point de vue, les musulmans sont en droit de s’estimer moins bien traités que d’autres. Ils sont donc fondés à demander de bénéficier de lieux de culte dignes, ne serait-ce que pour endiguer cet « islam des caves » qui fait le jeu des islamistes.
Mais ce n’est pas une raison pour oublier que la République a des principes que la religiosité n’a pas. Quelles que soient les circonstances politiques du moment, le voyage de François Fillon à Argenteuil s’apparente à une petite capitulation parfaitement en phase avec la conception sarkozienne de la laïcité. En effet, il ne faut jamais oublier que Nicolas Sarkozy, qui fut ministre de l’Intérieur et des cultes, de mai 2002 à mars 2004, a souvent exposé une conception du monde proche de celle des fondamentalistes religieux qui ont inspiré en leur temps les néo-conservateurs américains - la vision messianique en moins.
Le 20 décembre 2007, peu après son élection, Nicolas Sarkozy avait été consacré avec ostentation « chanoine d’honneur » à la basilique de Saint-Jean de Latran. Pour le Président, les diverses Eglises doivent exercer une fonction sociale et culturelle parfaitement étrangère à la conception de la laïcité héritée de la loi de 1905. C’est ce qu’il avait appelé la « laïcité positive ». L’expression n’ayant pas eu le succès espéré, elle est désormais bannie du langage officiel. Dans les faits, il reste une vision ethnique de la société, conçue comme la cohabitation de communautés – à charge pour les religions de remplacer le pacte Républicain. D’où le déplacement de Fillon d’Argenteuil, qui est le voyage à Canossa de la laïcité.
Lors de son discours de Saint-Jean de Latran, Sarkozy avait eu ce cri du cœur : « L'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». A cette liste, il faut ajouter l’imam et le rabbin.
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Un nouveau -petit - sous marin quitte les chantiers de l'Elysée...
PRÉSIDENTIELLE
La droite de l'UMP "décomplexée" s'organise
Par Ségolène Gros de Larquier Le Point.

Les députés UMP Thierry Mariani et Lionnel Luca sont à l'origine du "Collectif de la droite populaire", qui ambitionne de reconquérir les électeurs déçus par l'action de Nicolas Sarkozy depuis 2007 © Montage Le Point.fr
La "droite décomplexée doit peser davantage au sein de l'UMP." Pétris par cette conviction, treize députés de la majorité ont lancé leur "laboratoire politique", baptisé Collectif de la droite populaire, lors d'un petit-déjeuner à l'Assemblée nationale, le 23 juin. "De nombreux sympathisants de droite attendent encore plus de rupture avec le politiquement correct", explique le député du Vaucluse Thierry Mariani, à l'origine de cette initiative avec l'élu des Alpes-Maritimes Lionnel Luca.
La première réunion officielle, prévue le 7 juillet, devrait rassembler une trentaine d'élus. À raison d'une rencontre par mois, les députés entendent débattre "sans langue de bois" des questions liées aux valeurs républicaines, à l'immigration ou à la sécurité. "Notre leitmotiv est clair. C'est : Touche pas à mon pays et Touche pas à mon drapeau. Nous avons notre pays à fleur de peau", résume Lionnel Luca, faisant notamment allusion aux récents outrages au drapeau bleu-blanc-rouge. Le député de Seine-Saint-Denis Patrice Calméjane - qui a rallié le collectif à la première heure - abonde en ce sens. "Les citoyens en ont assez de l'insécurité. Et puis aujourd'hui, il est urgent de mieux respecter la Marseillaise et notre drapeau français", note-t-il. Autre préoccupation du collectif : renouer avec "l'électorat populaire" formé par "les classes moyennes, le monde rural, les artisans et les commerçants". "En échangeant entre députés sur ces sujets, des idées nouvelles pourront naître pour notre pays", se réjouit Thierry Mariani, qui a fait des questions de sécurité ou d'immigration sa spécialité.
Contrer le Front national
La "droite populaire" rejoint ainsi les multiples courants ou clubs qui gravitent dans la galaxie UMP. Et à l'instar des centristes, des Réformateurs de Hervé Novelli ou du club Génération France animé par le patron des députés Jean-François Copé, le collectif veut apporter sa propre contribution - ancrée à droite toute - au projet qui sera porté pour la présidentielle de 2012. "Sarkozy est notre candidat. Mais soyons lucides : aujourd'hui, une partie de l'électorat de droite qui a voté pour lui en 2007 a déserté en s'abstenant ou en votant Front national", constate avec amertume Thierry Mariani, qui a en mémoire la cuisante défaite des élections régionales et surtout celle de sa propre liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Après le revers des régionales, une partie de l'UMP a conscience que le FN - qui se sera alors trouvé un successeur de Jean-Marie Le Pen - est une "menace réelle" pour 2012. Marine Le Pen - qui prédit déjà un 21 avril à l'envers (un duel PS-FN) - recueille 13 % d'intentions de vote au premier tour selon les derniers sondages. La "droite populaire" entend donc bien damer le pion au parti frontiste d'ici à la présidentielle. "Il n'est pas question de laisser au FN le terrain de l'immigration ou de la sécurité, ni le monopole des valeurs de la nation", répètent à l'envi les députés du collectif.
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27.06.2010
Retraites: le plus dur, la aussi, reste à venir.
FRANCE • Une réforme des retraites qui a tout du mirage
Le 16 juin, le gouvernement a présenté son projet qui vise notamment à repousser l’âge du départ à la retraite. Des mesures bien trop timides au goût de The Economist.
18.06.2010 | The Economist / Courrier International

Le ministre du Travail Eric Woerth, 16 juin 2010
Le très attendu plan de réforme des retraites, présenté par le gouvernement français le 16 juin, est à la fois symboliquement fort et finalement décevant. Selon le projet dévoilé par Eric Woerth, le ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, l’âge légal du départ à la retraite en France devrait passer de 60 à 62 ans d’ici à 2018. Cette mesure ne suffisant pas à compenser le déficit du régime des pensions, le gouvernement a également prévu d’augmenter les prélèvements sur la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu ainsi que la fiscalité sur les revenus liés au capital et à d’autres revenus financiers. Il prévoit également d’aligner les contributions des fonctionnaires sur le niveau du secteur privé d’ici à 2020.
La force symbolique de cette réforme est évidente. C’est François Mitterrand qui avait introduit la retraite à 60 ans au début des années 1980 comme le signe d’un progrès social. Cette mesure est restée un symbole tant pour la droite que pour la gauche. Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, a immédiatement qualifié le projet gouvernemental d’“irresponsable”, promettant de revenir sur cette mesure si un socialiste était élu en 2012. Les dirigeants syndicaux se sont également succédé pour dénoncer la réforme. Un appel à une journée d’action a été lancé pour le 24 juin. En tout cas, ce plan en dit long sur la détermination du gouvernement à retrouver à long terme le contrôle des dépenses publiques. Alors que la France affiche un déficit budgétaire important (8 % en 2010) – celui de la Grèce est de 9 %, celui de l’Allemagne de 5 % – et une dette publique estimée à 85 % du PIB cette année, le pays est sous la pression des agences de notation, et il est important pour le gouvernement d’envoyer un signal fort dans leur direction.
Ceci étant, la réforme annoncée est décevante à plusieurs niveaux. Tout d’abord, sachant l’impopularité de la mesure, Nicolas Sarkozy n’a pas osé augmenter de beaucoup l’âge de la retraite. Le projet français va beaucoup moins loin que les réformes du système des retraites entreprises dans le reste de la zone euro. L’Espagne, par exemple, a prévu de faire passer l’âge de la retraite à 67 ans d’ici à 2025. En France, il aurait fallu le fixer à au moins 65 ans pour opérer une véritable refonte du système. Ensuite, ce plan ne résout le problème des retraites que jusqu’en 2020. D’après les estimations de Laurence Boone, économiste à Barclays Capital à Paris, le déficit du système des retraites devrait se monter à près de 24,5 milliards d’euros d’ici à 2030. En d’autres termes, il ne s’agit que d’une mesure de rapiècement dans un système appelé à connaître de nouveaux réajustements. Enfin, les prévisions du gouvernement se fondent sur des données plus qu’optimistes quant à l’état de l’économie française. L’une d’elles concerne le taux de chômage, dont le niveau (10 % aujourd’hui) est censé être ramené à 4,5 % d’ici à 2021, ce qui constituerait un record inédit depuis 1978.
Le rééquilibrage du système des retraites d’ici à 2018 pourrait donc bien relever du mirage. Mais, quoi qu’il en soit, le gouvernement a bien calculé l’annonce de sa réforme pour qu’elle coïncide avec le début des vacances d’été, l’objectif étant de limiter les protestations, même si celles-ci pourraient se réveiller à la rentrée de septembre. Pour Nicolas Sarkozy, la réforme des retraites est la dernière grande priorité de son mandat avant la prochaine élection présidentielle. C’est également une occasion critique de démontrer sa capacité à changer les vieilles habitudes et à faire bouger les choses en France. Avec une cote de popularité au plus bas, Sarkozy n’a peut-être pas grand-chose à gagner à s’accrocher à son plan de réforme en dépit des contestations. Mais il n’a pas non plus grand-chose à perdre.
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La Francevue de l'exterieur ...
FRANCE • Il n'y a pas que les Bleus qui dérapent
L'équipe de France de football n'est pas la seule à jouer avec les règles, se défausser, crier à la dénonciation et fuir leurs responsabilités. Le gouvernement français, ces jours-ci, offre une image bien peu reluisante.
24.06.2010 | François Gross | Le Temps

Eric Woerth lors de l'Université d'été du MEDEF, en septembre 2009 (CC - Flickr - MEDEF)
Le ministre du Travail français n'est sans doute pas mécontent que le Waterloo des Bleus occulte temporairement une affaire qui écorche son image. Avant de se coltiner le dossier des retraites, Eric Woerth était responsable du Budget, un poste clé dans le gouvernement de la République. Son titulaire traque les fraudeurs fiscaux et bénéficie d'une marge de manœuvre suffisante pour conclure avec les déserteurs de l'impôt des arrangements à l'amiable. Il a été appelé, en 2007, par Nicolas Sarkozy à occuper ces délicates fonctions. Est-ce un hasard si, à la même époque, son épouse, Florence Woerth, versée dans la finance, a été associée à la gestion des biens de Mme Liliane Bettencourt, héritière du fondateur de L'Oréal? Cette octogénaire pluri-milliardaire a placé en Suisse et ailleurs une partie de sa fortune. Est-ce une coïncidence si l'annonce par Mme Crésus du rapatriement des magots planqués à l'étranger a précédé d'une vingtaine de minutes celle de la démission de sa conseillère, laquelle affirme avoir tout ignoré des libertés prises par sa patronne avec le fisc?
Il ne suffit pas à la France d'être la risée de l'univers footballistique. Son équipe gouvernementale en rajoute. Un ministre, amateur de havanes, en a fait payer l'achat par l'Etat [Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale]. Tel autre a "bidouillé" un permis de construire pour agrandir sa villa de Saint-Tropez [Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie]. Un troisième a mis à la disposition de ses enfants deux appartements de fonction [Christian Estrosi, ministre de l'Industrie]. Quant à une pourfendeuse de la dépravation des mœurs, chargée d'un rapport bidon par le président de la République et coquettement rémunérée pour cela, elle a été joliment qualifiée de "sainte-qui-touche" par Le Canard enchaîné [Christine Boutin, chargée de mission par l'Elysée].
Blindés par une ribambelle de précédents sous des présidences de droite comme de gauche, les Français haussent les épaules: "Tous les mêmes!" C'est à peine s'ils écoutent les cris de paon de politiciens de la majorité, dénonçant les micros espions, les prétendus "ragots" des médias et les charges d'humoristes en passe d'être écartés des micros. Ils n'entendent pas davantage les diatribes de l'opposition. Il y eut certes des scandales, et de taille, sous des règnes antérieurs. Jacques Chaban-Delmas et ses impôts; Valéry Giscard d'Estaing et ses diamants: François Mitterrand et les écoutes téléphoniques; Jacques Chirac et ses casseroles ont rempli les prétoires et les rayons des bibliothèques. Pour pendables qu'ils étaient, ces comportements baignaient dans l'environnement de l'argent-roi. Ils n'étaient pas, non plus, le fait d'élus se faisant les apôtres de "la rupture avec l'Etat instrumentalisé au profit d'intérêts personnels ou politiques", à la façon du candidat Nicolas Sarkozy [dans un discours à Angers, en décembre 2006]. Ils n'accompagnaient pas l'annonce de la rigueur, de coupes drastiques dans les budgets publics et de la réforme des retraites. Bien plus que la déculottée de footballeurs, le fossé entre les surintendants du Fouquet's et le peuple appelé aux sacrifices pourrait provoquer, lui, un véritable "désastre moral".
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Les Jo, Jack, William et Averell français...
SOMMET DU G20
Quatre Français pour rien
Par Romain Gubert Le Point

Au G20, les Français sont en force © AFP
Pour cause de mésententes franco-allemandes, Nicolas Sarkozy a été obligé de mettre d'innombrables bémols à sa position de départ. Histoire de se rabibocher avec Angela Merkel. Même chose pour Jean-Claude Trichet, ouvertement contesté par Axel Weber, le gouverneur de la Banque centrale allemande (Buba). DSK est, lui, écartelé entre les États-Unis, partisans d'une relance ,et l'Europe, contrainte par les marchés de jouer la rigueur budgétaire. Quant à Pascal Lamy, il parle sous le contrôle des "émergents", dont la croissance dépasse 6 à 10 % et pour qui les velléités protectionnistes des pays riches sont totalement inacceptables.
Quatre Français autour d'une table... Et un message inaudible. C'est en réalité la rançon d'un orgueil fou. Cette arrogance française qui pousse l'hexagone à imposer partout des présidents, des directeurs, des secrétaires généraux "made in France" à la tête de toutes les institutions internationales. Pour la seule raison que cela ferait partie de la "grandeur" et du rayonnement du pays. Ces dernières années, et le G20 de Toronto en est la suprême illustration, l'obsession des places, la course au siège est devenu l'axe majeur de la politique française. Au détriment de l'influence... la vraie. Celle qui consiste à convaincre les autres par des arguments forts. Quel dommage !
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