vendredi, 16 avril 2010

La crise ? Décidèment l'UMP ne connaît pas...

Régionales Paca : qui a payé l'avion de Fillon ?

Le 18 mars, le Premier ministre a fait un aller-retour express à Marseille pour soutenir Thierry Mariani. Il a utilisé deux Falcon 900, loués à des sociétés privées. Une escapade électorale prise en charge par l'UMP ? Matignon l'affirme...

En visite à Marseille pour soutenir le candidat UMP Thierry Mariani, François Fillon s'était vu offrir un maillot de l'OM à son nom.

Photo La Provence

C'était l'opération de la dernière chance, la charge de la cavalerie, l'arrivée des tuniques bleues... Le jeudi 18 mars, entre les deux tours des élections régionales, François Fillon vole au secours d'un Thierry Mariani coincé entre Michel Vauzelle et Jean-Marie Le Pen, avec une visite express à Marseille.

En guise de tunique bleue, le Premier ministre venu de Paris a droit à un maillot de l'OM floqué à son nom, offert par les cadors provençaux de l'UMP. Et après une mini-conférence de presse en plein air, il gagne d'autres cieux, laissant son champion essayer la veste qu'il devra enfiler trois jours plus tard.

Pour cette escapade électorale, François Fillon utilise un Falcon 900, le top du top en matière d'avion d'affaires (ce triréacteur Dassault spécialisé dans les traversées transocéaniques peut voler à 860 km/h et emporter 14 passagers, avec zone salon, salle à manger et espace repos). Et même deux puisque ce jour-là, il voit du pays : après sa visite marseillaise, il se rend à Strasbourg, de nouveau pour soutenir le candidat local de l'UMP, avant de rejoindre dans la nuit la capitale. Pour atteindre la cité phocéenne, le Premier ministre embarque à bord d'un appareil de la compagnie privée Aéro Services Group. Puis, il emprunte un avion d'une autre société, Masterjet qui bat pavillon portugais.

"Emprunter" est naturellement une formule de style puisque de tels appareils se louent une fortune. Si les deux sociétés ne communiquent guère leurs tarifs, on a appris que François Fillon avait déboursé quelques jours plus tôt 13 000 euros pour un aller-retour Paris-Lyon, toujours pour des raisons électorales.

Un coût auquel s'ajoute celui d'un avion de la flotte républicaine (1), qui accompagne toujours le Premier ministre dans ses périples divers et variés, censé le rapatrier à tout moment en cas de problème. Plus des personnels de sécurité, officier de protection, médecin, transmetteur...

Qui a payé la facture? Pour "l'avion suiveur", c'est logiquement les services de l'Etat. De même que pour les forces de l'ordre déployées le temps de cette visite non officielle : "Quand nous avons appris la visite du Premier ministre, nous sommes allés aux nouvelles, indique-t-on au service de presse de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Comme c'était dans le cadre de l'élection, notre mobilisation s'est arrêtée là. En revanche, des mesures de sécurité ont, bien entendu, été prises, comme toujours lorsqu'une telle personnalité se déplace".

Et pour les Falcon 900 ? "Ce sont les instances nationales de l'UMP, précise bien volontiers Thierry Mariani. Dans nos frais de campagne, il y a toujours une part qui est réservée à ce type d'actions qui ont un impact qui dépasse la région. Sur un budget qui tourne autour d'1,4 million d'euros, c'est quelque chose qui se monte au final à un peu plus de 250 000 euros".

Une version confirmée par le sommet de l'UMP ? Pas aussi clairement qu'on pourrait le souhaiter... "Quand il y a le Premier ministre, c'est Matignon qui s'en charge", explique-t-on. De l'organisation ? Du coût ? Du financement ? "Oui, de tout ça... Voyez avec eux". Dans un communiqué, le service de presse de Matignon indique que "tous les déplacements organisés dans le cadre de la campagne électorale des élections régionales ont été pris en charge financièrement par l'UMP, conformément à la législation électorale".

Depuis la polémique autour de l'avion d'Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat UMP à la Coopération qui a loué 116 500 euros un jet privé afin de se rendre aux Antilles et revenir à temps pour le conseil des ministres, le sujet des déplacements est devenu ultra-sensible. L'affaire a même conduit le directeur de cabinet de François Fillon à adresser une note aux membres du gouvernement, renforçant le contrôle des déplacements ministériels et les invitant à être "exemplaires dans une période où chacun est amené à faire des efforts".

Tous les candidats doivent déposer un dossier complet d'ici le 21 mai devant la Commission des comptes de campagne et du financement. De son côté, le Conseil constitutionnel a jugé que "les frais de déplacement de représentants d'une formation politique venus soutenir un candidat ne sont pas des dépenses électorales".

Source : Frédéric Guilledoux, La Provence

Publié le mardi 13 avril 2010 à 14H09

NDLR : il revient très cher le soutien à Thierry Mariani, très très cher... Quand on sait dans que état de crise économique se trouve la PACA et la France, l'UMP est d'une indécence rare. Mais malheureusement pour m. Mariani, l'argent n'a pas suffi à masquer sa débandade politique et la cuisante défaite électorale.

Le Front National avec Jean-Marie LE PEN et Stéphane RAVIER dans les Bouches-du-Rhône a confirmé la force de sa présence en obtenant un vrai succès politique et patriotique loin de ces artifices bling-bling payés avec l'argent des contribuables !

vendredi, 02 avril 2010

Le moment de lucidité de Thierry Mariani

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Il ne sera pas ce soir à l’Elysée avec ses collègues UMP de l’Assemblée nationale. Et ne répondra pas non plus, demain soir, à l’invitation de Nicolas Sarkozy qui recevra les têtes de liste de sa majorité aux dernières élections régionales.

Le député du Vaucluse Thierry Mariani qui conduisait les couleurs UMP en Paca en a assez. "Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses", a-t-il lâché aujourd'hui à Paris. Si la déclaration peut surprendre chez ce fidèle du chef de l’Etat, elle intervient quelques jours après un remaniement ministériel sur lequel il formulait de sérieux espoirs. Fondés notamment sur un entretien téléphonique de dix minutes avec Nicolas Sarkozy juste après les régionales.

"Je vois trois promus entrer dans le gouvernement alors qu’ils étaient très critiques avec le président de la République. C’est le mec qui tape comme un malade sur Sarko qui est pris", avait-il glissé à chaud après avoir découvert qu’il n’était finalement pas intégré au gouvernement.

A noter que vendredi, Thierry Mariani avait pourtant été catégorique devant notre caméra : "Je n’ai jamais dit ‘Sarkozy m’a pris pour un con’ ". C'est maintenant chose faite.

La Provence 31 mars 2010