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vendredi, 26 novembre 2010

Les égouts de la République refoulent...et ça commence à sentir très mauvais !

Karachi : des documents contredisent Nicolas Sarkozy

LEMONDE.FR | 24.11.10 |

 

Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 16 novembre.

Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 16 novembre. AFP/SEBASTIEN NOGIER

L'affaire de Karachi agace le chef de l'Etat, qui l'a fait savoir, en des termes quelque peu outranciers, aux journalistes qui l'avaient accompagné, vendredi 19 novembre, au sommet de l'OTAN à Lisbonne. Nicolas Sarkozy clame qu'il est accusé à tort.

Voici ce qu'il a expliqué lors de cette réunion informelle : "J'ai jamais été ministre de la défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l'époque avec un président qui s'appelle M. Mitterrand, un premier ministre qui s'appelle M. Balladur, avec un ministre de la défense qui s'appelle M. Léotard. En tant que ministre du budget, je n'ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin puisque même la procédure de validation (par le ministre du budget sur proposition du directeur général des impôts) a été supprimée en 1992 par M. Charasse."

En clair, le chef de l'Etat explique qu'en tant que "simple" ministre du budget, il n'avait pas à donner son autorisation pour le versement de commissions aux intermédiaires de la vente de sous-marins Agosta au Pakistan. Et qu'il n'était pas concerné par les ventes d'armes.

UN DOCUMENT PROUVE QUE NICOLAS SARKOZY ÉTAIT TENU INFORMÉ DU CONTRAT

Une version que Mediapart a mise à mal, mercredi. Le site reprend une série de documents, dont l'un démontre que Nicolas Sarkozy était au minimum informé de cette vente au Pakistan. Cette lettre, versée au dossier du juge d'instruction Marc Trévidic, qui enquête sur l'attentat qui a fait 14 morts à Karachi en 2002, émane de François Léotard, alors ministre de la défense.

La date de la missive n'est pas précisée, mais semble, d'après le contexte, correspondre à fin 1994. Elle est adressée à Nicolas Sarkozy, ministre du budget, et lui demande, sous le sceau du "confidentiel défense", d'accorder la garantie de l'Etat au contrat de vente des sous-marins. Un préalable indispensable à la vente d'armes qui permet au vendeur d'être assuré qu'il touchera le montant de la vente. Il est plus que probable que cette garantie ait été accordée, puisque la vente a eu lieu.

 

Selon les dépositions de certains témoins, le contrat initial comprenait le détail des commissions versées aux intermédiaires pakistanais. Au point que Gérard-Philippe Menayas, alors directeur financier de la Direction des constructions navales, s'est étonné, devant le juge Trévidic, que ce contrat aux "exigences hors normes" en matière de commissions soit accepté alors qu'il avait, selon lui, "toutes les chances d'être refusé".

 D'AUTRES NOTES GÊNANTES POUR NICOLAS SARKOZY

Mediapart a publié d'autres documents citant le chef de l'Etat (lien payant). Notamment des extraits d'un rapport de synthèse de la police luxembourgeoise, selon lequel "les accords sur les créations de société semblaient venir de M. le premier ministre Balladur et de M. le ministre des finances (en fait du budget) Sarkozy".

Par ailleurs, comme le rapportait Le Parisien mardi, le juge Van Ruymbeke, qui enquête sur le volet financier de l'affaire, a effectué une perquisition dans les locaux de la Direction générale des impôts, au sein du ministère du budget à Bercy. Il y a saisi des notes manuscrites, détaillant le montage complexe des commissions du contrat Agosta, qui passaient par plusieurs pays. Les notes préciseraient également un circuit de retour de certains fonds vers la France, ce qui validerait encore l'hypothèse de rétrocommissions illicites.

Plus étrange encore : ces notes, qui datent de la fin 2006, sont adressées à... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur. On peut s'interroger sur les raisons qui ont pu pousser un futur candidat à la présidentielle à s'intéresser à une "vieille" affaire comme celle de ces ventes.

Le rapport de la police luxembourgeoise faisait également état d'un "courrier adressé à M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, le 29 novembre 2006, où on lui demande des instructions par rapport à la démarche à suivre concernant le risque d'une liquidation judiciaire de la société Heine. Il est du moins étonnant de poser une telle question à un ministre français", relevaient les policiers du grand-duché.

Enfin, Le Nouvel Observateur rapporte, mercredi, un autre élément à charge : en 1996, Jacques Chirac a demandé à la Direction des vérifications nationales et internationales (DVNI), qui dépend de la Direction générale des finances publiques, un rapport sur ces fameux contrats Agosta. La DVNI a dénoncé dans son rapport l'opacité des contrats, "déposés dans des coffres en Suisse", qui comportent un montant "exagéré" de commissions.

Dominique de Villepin doit apporter jeudi son témoignage au juge Van Ruymbeke. Mardi soir, sur Public Sénat, en bon connaisseur des rouages de la République, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a expliqué que, selon lui, il "existe une liste des rétrocommissions". "Elle existe cette liste des rétrocommissions, dit-il, puisqu'on la protège avec le secret-défense. Si elle n'existait pas, on n'aurait pas besoin de la protéger."

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jeudi, 25 novembre 2010

La barbarie au quotidien

Un collégien de 15 ans lynché à Orléans pour un simple "échange verbal"

Le Point.fr

Un collégien de 15 ans lynché à Orléans pour un simple "échange verbal"

Trois collégiens de 15 ans ont été placés en garde à vue après l'agression d'un de leurs camarades. © Maxppp

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La violente agression d'un collégien de 15 ans par trois jeunes de son âge, mardi près d'un collège de la banlieue d'Orléans, a suivi une "toute petite" altercation avec un élève difficile de sa classe, a souligné jeudi la principale adjointe de l'établissement Sylvie Méry. La victime, Vivien, qui a subi une ablation de la rate après avoir été passé à tabac par l'un des jeunes, "va beaucoup mieux", a assuré Sylvie Méry. "Il est toujours hospitalisé, mais il est tiré d'affaire, c'est le principal."

Trois adolescents de 15 ans ont été interpellés et placés en garde à vue, mercredi, au commissariat central d'Orléans. Sur ces trois jeunes, seuls deux étaient élèves du collège André-Chêne de Fleury-les-Aubrais, a souligné Sylvie Méry, insistant sur l'"énorme disproportion" entre l'incident déclencheur et les conséquences. "Le démarrage, c'est un échange verbal un peu difficile dans une classe, lundi, c'était vraiment quelque chose de tout petit", entre Vivien, délégué de classe, et un autre élève, a-t-elle expliqué. Ce dernier, apparemment vexé, a appelé à l'aide un camarade, et un début de bagarre a éclaté le lendemain, dans l'enceinte de l'établissement, entre Vivien et l'autre garçon, un élève difficile. "C'était un gamin qu'on suivait depuis longtemps, un élève ascolaire, très compliqué à mettre dans un cours", a expliqué la principale adjointe de cet établissement calme de 550 élèves, situé dans un quartier populaire.

Après ce début de bagarre, l'agresseur avait été temporairement suspendu, mardi à la mi-journée, "à titre conservatoire, dans l'attente d'un conseil de discipline", selon Sylvie Méry. La direction du collège a suggéré à la mère de Vivien de venir le chercher à la sortie des cours, ce qu'elle a fait. C'est sur le chemin du retour, en fin d'après-midi, que Vivien a été violemment agressé par trois jeunes, dont un, extérieur au collège, a ajouté la principale adjointe. Un seul des trois agresseurs aurait toutefois porté les coups, apparemment sous les yeux de la mère de Vivien.

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25 ans après LE PEN, l'archevêque de Lyon prédit une France islamique.

L’archevêque d’Avignon : “On peut penser que la France sera à majorité musulmane dans vingt ou trente ans”

Mgr Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque d’Avignon, confie avoir également croisé de semblables jeunes. « Ma croix pectorale est parfois l’objet de moqueries de jeunes Français d’origine maghrébine. Quand je leur dis que c’est le pape Benoît XVI qui me l’a donnée, ils me répondent : “C’est qui celui-là ?” », raconte le prélat.

"Nous sommes à un tournant de l’histoire religieuse de notre pays "

Avec son franc-parler, il s’interroge sur les conditions du « vivre ensemble » dans la France de demain. « Nous sommes à un tournant de l’histoire religieuse de notre pays », poursuit Mgr Cattenoz. L’ancien prof de maths a fait ses calculs :

« les familles “gauloises”, traditionnellement chrétiennes, ont en moyenne deux enfants. Dans les familles musulmanes vivant en France, on approche plus souvent quatre, cinq, voire six enfants. Partant de là, on peut penser que la France sera à majorité musulmane dans vingt ou trente ans », prédit l’évêque.

Il ajoute, avec un brin de provocation : « J’ai déjà vécu quinze ans en terre d’islam. Je suis donc prêt à vivre dans une France à majorité musulmane. Simplement, je m’interroge sur les conditions de notre cohabitation ». [...]

Famille chrétienne 

Merci à fdesouche

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VIVE LA SUISSE LIBRE !

Référendum : la Suisse appliquera-t-elle                                    le programme du FN ?

Gilbert Casasus - Tribune | Jeudi 25 Novembre 2010  Marianne2

La Suisse serait-elle en train de devenir le royaume des référendums anti-étrangers ? Dimanche, le peuple helvétique est appelé à se prononcer sur un texte de loi qui vise à priver de droit de séjour les étrangers condamnés pour un délit grave. Pour Gilbert Casasus, professeur en études européenne à l'Université de Fribourg, une partie de l'électorat se radicalise..



En cette fin de novembre, la Suisse s’apprête à vivre un dimanche électoral auquel elle nous a malheureusement trop habitués depuis quelques années. Après les référendums sur l’asile, l’accueil des étrangers et l’immigration en 2006 et celui sur l’interdiction des minarets en 2009, voilà que le peuple suisse va vraisemblablement se prononcer pour la privation du droit de séjour pour les criminels étrangers, « indépendamment de leur statut et de tous leurs droits à séjourner en Suisse ». Sont visées notamment toutes les personnes qui « ont été condamnées par un jugement entré en force pour meurtre, viol, ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d'une autre nature tel que le brigandage, la traite d'êtres humains, le trafic de drogue ou l'effraction; ou si elles ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale ».

Fruit d’une initiative populaire, déposée comme à l’accoutumée par ladite Union Démocratique du Centre (UDC), ce référendum ne laisse planer aucun doute sur l’idéologie profondément xénophobe de ce parti. Parce que conscient des effets négatifs que pourrait entraîner l’adoption de ce texte par le peuple, le Conseil fédéral, soit le gouvernement suisse, a décidé de proposer « un contre projet » destiné à « préciser les motifs de révocation, (à) tenir davantage compte du degré d’intégration lors des décisions (et à) réserver le principe constitutionnel de la proportionnalité des mesures prises par l’autorité et le droit international public ». Toutefois, parce que trop proche de l’initiative de l’UDC, ce contre projet est également combattu par une grande partie de la gauche et par l’ensemble des organisations de défense des droits de l’homme.

De même, nombre de juristes s’insurgent contre l’initiative de l’UDC. Ils la jugent contraire à plusieurs clauses de la Convention européenne des droits de l’homme et en contradiction parfaite avec les accords de libre circulation des personnes que la Confédération helvétique a conclus avec l’Union Européenne. Celle-ci a d’ailleurs d’ores et déjà manifesté ses plus vives inquiétudes et menacé Berne à demi-mot de remettre en cause l’avenir des négociations bilatérales qu’elle a menées depuis une dizaine d’années avec la Confédération helvétique. Enfin, de nombreuses voix s’élèvent contre cette initiative, la considérant tout simplement comme inapplicable car se heurtant, et heureusement, à trop de garde-fous et de recours juridiques.

Mais tous ces avertissements ne semblent pas faire mouche. De plus en plus, les étrangers, criminels ou non, deviennent les parfaits boucs-émissaires d’une Suisse repliée sur elle-même. Alors qu’elle doit sa prospérité au plus de 1,8 million d’immigrés qu’elle accueille sur son territoire, la Confédération helvétique n’est donc pas à l’abri d’un racisme, par nature honteux et dégradant. Notamment promu par un parti de plus en plus proche de l’extrême droite, il gagne du terrain chez un électorat que l’on n’aurait jamais soupçonné, il y a quelques années, de sympathies xénophobes. Ainsi de nombreux citoyens, électeurs de la droite traditionnelle, désirent désormais apporter leur suffrage à l’initiative de l’UDC.

Car c’est bel et bien au centre-droit que se joue l’avenir politique de la Suisse. Officiellement qualifiés de « bourgeois », les partis de la droite centriste n’arrivent guère plus à se positionner au sein d’un échiquier politique qu’ils ont dominé durant plusieurs décennies. Parce qu’incapables de rompre leurs alliances nationales, cantonales et locales avec l’UDC, ils sont même prêts à abandonner leurs propres idées pour faire allégeance à celles de l’Union Démocratique du Centre. Si les chrétiens-démocrates, souvent fidèles aux principes humanistes de la religion, s’opposent en grande majorité à cette initiative, il n’en est pas toujours ainsi chez certains libéraux et chez nombre de leurs électeurs dont beaucoup se reconnaissent dans les thèses de la droite dure. Déjà très proches des milieux patronaux et fervents partisans du néolibéralisme économique, ces libéraux, que l’on nomme « radicaux » en Suisse romande, prennent désormais leurs distances vis-à-vis de positions qui naguère avaient fait leur force.

Il y a quelques semaines, ils ont renoncé à leur engagement européen et renvoyé aux calendes grecques une adhésion éventuelle de la Suisse à l’Union européenne. Quant aux idées de la philosophie libérale, elles sont de plus en plus reléguées au second plan. Reste alors aux libéraux, dignes de ce nom, le soin de se démarquer de l’UDC et de ne pas tomber dans le piège que celle-ci tend avec succès aux responsables de leur parti. Car en Suisse, comme partout ailleurs en Europe, la démocratie ne saurait accepter la remise en cause de l’État de droit et les atteintes portées aux libertés individuelles qui s’appliquent à chaque citoyen, quelle que soit sa nationalité.     
Merci à Simianais


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mardi, 23 novembre 2010

Ca sent de plus en plus le roussi pour le petit Nicolas....

Giscard: "une liste des retrocommissions"

AFP
23/11/2010  lefigaro.fr

L'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, a affirmé aujourd'hui sur Public Sénat qu'il "existait une liste des rétrocommissions" relative à la vente d'armes par la France au Pakistan.

Invité de l'émission "Bibliothèque Médicis", Valéry Giscard d'Estaing était interrogé sur d'éventuelles rétrocommissions ayant accompagné la vente de sous-marins au Pakistan. La justice soupçonne qu'une partie des commissions versées dans le cadre de cette vente soit revenue en France - "rétrocommissions" - pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole en 1995.

"Si elle n'existait pas, on n'aurait pas besoin de la protéger"

"La question qu'il faut poser, c'est: il (l'argent) revient pour qui et pour quelles raisons", a déclaré l'ancien président, avant d'expliquer: "la commission, c'est pour vendre, la rétrocommission ce n'est pas pour vendre". Les rétrocommissions, "c'est un scandale", a-t-il dit.

Comme on lui demandait s'il savait si des rétrocommissions existaient, il a répondu: "elle existe cette liste des rétrocommission puisqu'on la protège avec le secret défense". "Si elle n'existait pas, on n'aurait pas besoin de la protéger. Cela n'a rien à voir avec le secret défense", a ajouté l'ex chef de l'Etat, qui a affirmé ne pas savoir où était cette liste de rétrocommissions.

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Le cannabis "français" bientôt A.O.C. ?

Cannabis : une production française

Par Jean-Marc Leclerc lefigaro.fr
23/11/2010 | 
Les plants de cannabis poussent dans des hangars, sous lumière artificielle.
Les plants de cannabis poussent dans des hangars, sous lumière artificielle. Crédits photo : -/AFP

L'herbe pousse désormais en banlieue, faisant de l'ombreà la résine marocaine. Et les dealers sont plus intégrés que l'on croit.

À l'heure où les rivalités entre les bandes de dealers s'exacerbent, comme à Marseille, deux équipes de criminologues publient aujourd'hui, dans le cadre du rapport annuel de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), un portrait saisissant du trafic de stupéfiants en France.

Première étude et première révélation : «l'émergence de la culture du cannabis dite indoor» dans l'Hexagone. En clair : le cannabis cultivé directement dans les banlieues, au plus près du consommateur. Ce produit va révolutionner le marché. Et il explique peut-être en partie les tensions sur le terrain.

Selon David Weinberger, de l'Institut national des hautes études de sécurité et de justice (INHESJ), «une nouvelle variété made in Europe s'installe durablement en France et tend désormais à rivaliser avec la résine marocaine».

Le chercheur décrit les étapes de cette mutation : «En l'espace de quinze ans, s'est opérée une diffusion concentrique de la culture en intérieur dont le centre se situe à Amsterdam. Cette diffusion s'est essentiellement reposée sur le partage des savoir-faire au travers des ouvrages et des sites Internet, puis des semences et des matériels facilement accessibles en ligne.»

Aujourd'hui, la «culture» s'est professionnalisée. L'herbe pousse dans des hangars, sous lumière artificielle. Le «cannabiculteur» français est passé du stade artisanal à la production de masse. Avec une multitude de groshops, ces chaînes de magasins qui fournissent sur la Toile de quoi monter sa propre exploitation, pour participer à une sorte de franchise de la production de stups. Pas moins de «400 groshops existent désormais en métropole», assure David Weiberger, la plupart se présentant astucieusement sous une activité anodine de jardinerie.

Selon lui, «l'herbe représente désormais 40 % du marché français alors que la résine constituait 90 % du marché jusqu'au milieu des années 1990». Or, précise-t-il, «l'herbe française est la plus fréquente sur notre marché, puisqu'un usager sur deux (47,7 %) estime consommer de l'herbe made in France». Autres chiffres avancés : 2 106 plantations démantelées par la police et quelque 56 000 plants de cannabis détruits en 2009.

Certes, les cannabies factories à la française n'ont pas encore atteint la taille des plantations du sud de l'Italie, par exemple, où la police a dû incinérer dans l'une d'elles plus d'un million de plants. Mais David Weiberger met en garde : «C'est l'idée même que la France puisse abriter des plantations de grande ampleur financées par des groupes criminels organisés qui s'impose désormais, battant en brèche l'image inoffensive du cultivateur hippie du Larzac.»

Autre étude, autres surprises : «Le profil socio-économique des trafiquants interpellés» . Deux chercheurs, Nacer Lalam (INHESJ) et Franck Nadaud (CNRS), ont pu accéder, pour la première fois, à la base de données Osiris de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) nourries par l'ensemble des procédures et messages de la police, de la gendarmerie et des douanes liées à cette matière. Or, à en croire le fichier déclaré à la CNIL, «plus de 85 % des trafiquants internationaux ou locaux occupent un emploi. En contradiction avec nombre d'analyses et de représentations qui tendent à valider la thèse que le trafic est le fait, en grande partie, d'individus désinsérés» , déclarent les deux chercheurs.

 

Des chiffres inédits 

Selon eux, «l'âge moyen du trafiquant interpellé se situe à 27,8 ans». Si parmi les trafiquants français, la part de ceux d'origine étrangère n'est pas révélée dans leur étude, ils sont, en revanche, catégoriques concernant les origines des trafiquants étrangers (un quart du total des interpellés) : «Les Nord-Africains représentent 51 % des étrangers impliqués dans le trafic local de cannabis», écrivent-ils.

Et d'ajouter : «Les communautés nord-africaine et africaine sont, parmi les étrangers interpellés pour trafic local de drogues, les plus nombreuses, à savoir 3 865 individus entre 2005 et 2009, correspondant à 70,2 % des trafiquants locaux de nxationalité étrangère interpellés.» Des chiffres totalement inédits.

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lundi, 22 novembre 2010

Nouveau rebondissement dans l'affaire de la fusillade du Clos La Rose

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Les kalachnikovs, nouvelles armes des caïds des cités de Marseille

 

C'était un peu ce que redoutaient les enquêteurs. Que ceux qui ont commis le crime de La Rose, jeudi à Marseille, ne soient pas de "petites frappes", facilement identifiables, mais plutôt des professionnels aguerris, disposant d'une logistique de pointe et d'une expérience les rendant très difficiles à identifier. Leurs craintes se sont confirmées samedi. Ils ont découvert les deux voitures utilisées par les malfaiteurs, une Audi TT grise et une Alfa Romeo 147 rouge, entièrement carbonisées, sur un chemin forestier, à proximité de Fuveau.

Plus inquiétant, s'y trouvaient également trois kalachnikov et leurs chargeurs, ainsi qu'un pistolet 9 mm, très vraisemblablement utilisés pour commettre l'assassinat. "De deux choses l'une, indiquait hier un enquêteur. Soit ils ont décidé de se débarrasser à tout prix de ces armes, soit ils disposent d'un stock tellement important qu'ils n'ont pas besoin de prendre le moindre risque. Je pencherais plutôt pour la deuxième solution." Cette hypothèse renforce encore la thèse d'une opération punitive menée par les têtes des réseaux locaux, destinée à faire le "ménage" dans le quartier.

Ils auraient commencé, le 11 novembre par le petit "plan" à proximité de la cité Saint-Théodore, puis, utilisant un mode opératoire presque identique, ils auraient sévi au Clos La Rose. Ceux qui y tenaient le trafic n'auraient d'ailleurs été installés qu'il y a quelques mois. Une opération de police, en juin dernier, avait déjà été menée sur place. Elle avait conduit à l'interpellation du principal revendeur et de deux guetteurs. Ils auraient d'ailleurs depuis été condamnés à de sévères peines de prison. La place laissée vacante aurait donc été récupérée par une nouvelle équipe.

Samedi, une source policière nous indiquait déjà qu'il pourrait s'agir de trafiquants issus de Frais-Vallon, le quartier voisin où s'organise l'un des plus gros réseau de trafic de drogue. Ils auraient donc installé, Jean-Michel, un "charbonneur" du Clos La Rose pour revendre la résine de cannabis. Considéré comme un "traître" par ceux qui tiennent les rênes de la cité, celui-ci se serait alors retrouvé au coeur de cette guerre de territoire. Pour les trafiquants marseillais, cette nouvelle tuerie et l'ampleur qu'elle a générée jusqu'au ministère de l'Intérieur commence déjà à les pénaliser, tous.

Hier, alors que Brice Hortefeux détaillait son plan d'action, une trentaine de policiers marseillais le mettaient déjà en action.Ils venaient de déployer un dispositif de contrôle d'identité à la sortie de la cité La Paternelle (15e), devant le Marché d'intérêt national, sur un axe d'échange majeur des quartiers Nord. L'objectif : trouver des armes. En un peu plus de deux heures, les fonctionnaires de police ont arrêté et fouillé pas moins de 80 véhicules. Aucune kalachnikov ni arme automatique n'a été mise au jour. Trois jeunes gens ont néanmoins été interpellés en possession de stupéfiants.

Dans les prochains jours, cette volonté de mettre à mal les trafics va se prolonger. Jusqu'à ce que la drogue disparaisse des cités ? Sans faire offense au ministre, si cet événement se produit un jour, Brice Hortefeux aura abandonné son maroquin depuis longtemps.

Source La Provence le 22 novembre 2010

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Trafics de drogue dans les cités de Marseille, un témoignage édifiant...

13, porte-malheur. Karim, 45 ans, a passé 13 ans derrière les barreaux. Braquages. Mais il a trafiqué la drogue aussi. Chef du réseau "cocaïne" dans une cité du 14e arrondissement de Marseille. Aujourd'hui, il est rangé. Mais il vit toujours dans la cité. Au coeur des réseaux qu'il connaît aussi bien qu'à l'époque, pas si lointaine, où il les dirigeait. Il raconte l'évolution du trafic et ce qui est devenu une guerre des gangs.

http://podcast.blog.lemonde.fr/files/2007/03/cannabis-ump.1174657028.JPG

 

"Je me souviens qu'il y a quelques années, on ne trouvait à Marseille que du shit dans le quartier de Saint-Gabriel. Aujourd'hui, il y a des réseaux dans toutes les cités et plusieurs réseaux par cité. À La Castellane, il y en a un pour le shit, un pour l'héroïne et un troisième pour la cocaïne. Et évidemment ça rapporte. Un réseau peut ramasser 20 000€ par jour. Une fois les quelques guetteurs payés, une centaine d'euros chacun, il reste bien 15 000 € pour le caïd qui ne vient qu'une fois tous les quinze jours.

"Je ramassais 45 000 francs en une heure"

"Il ne faut pas croire qu'il passe sa vie dans la cité. C'est donc beaucoup d'argent et c'est pour ça qu'ils se font la guerre. Cette année, un réseau de la cité Félix-Pyat a envoyé un jeune racketter des trafiquants à La Castellane pour essayer de s'emparer de leur réseau. Il faut être fou pour faire ça. Là-bas, ils l'ont vite repéré et lui ont dit : Soit tu es inconscient, soit tu veux mourir. Et ils l'ont fait déguerpir. Alors, l'équipe de Félix-Pyat l'a envoyé à la cité Campagne-Lévêque. Il est venu une première fois, il n'a trouvé personne. Il est venu une deuxième fois avec une arme et un gilet pare-balles et cette fois, ils s'est fait descendre. Le tueur a seulement 19 ans. Quand j'étais chef dans le 14e, il y avait pourtant déjà des réseaux dans toutes les cités. Et le trafic était important, on gagnait beaucoup d'argent. Moi, il y a 10 ans, je ramassais 45 000 francs en une heure (NDLR : près de 7000€).

"Un acheteur pouvait mettre une brique sur la table. Mais chaque réseau se respectait. Un jour, j'ai vu venir un gars trafiquer dans ma cité. Je lui ai dit gentiment de partir, sinon je le tuais. Il est parti. Et puis, quand il y avait du retard dans les paiements ou dans le transfert de la drogue, on discutait. On pouvait même se permettre de perdre la marchandise, il y avait la confiance. Maintenant, on se tire dessus. On cherche à prendre des territoires et on intercepte même la marchandise des autres.

"Utiliser les enfants est dégueulasse"

"Le pire c'est qu'on met les enfants de 12 ans au milieu, les fameux guetteurs qui gagnent le double de leur père sans rien faire. Cette utilisation des enfants est dégueulasse. Nous, on faisait nos trafics entre adultes. J'en aibien vu des enfants qui voulaient faire les cons. Je les frappais et les enfermais une journée entière dans la cave. Je vous garantis qu'ils changeaient de comportement. Aujourd'hui, on les met au premier plan. Et on les tue à la kalash. La kalash, parlons-en. J'ai vu arriver les premières il y a 6-7 ans. Avant, j'avais un 11,43, un moser, une grenade parfois. Aujourd'hui, l'armement n'a plus rien à voir. Des kalash, il y en a partout. Il y a de vraies armureries dans les cités.

"J'ai un copain, Victor. Dans une pièce, chez lui, il y a des kalash, des Uzi, des 11,43. Une armurerie, je vous dis. Quant à ce qui s'est passé à La Rose, c'est une histoire de lutte pour le territoire et de représailles, n'allez pas chercher plus loin. Malheureusement, je crains que la situation ne s'aggrave à Marseille. Il y abeaucoup trop d'argent en jeu et plus aucune confiance entre les réseaux. Le pire c'est que les flics sont au courant de tout, ils en savent autant que moi. Et ils laissent faire."

 

Source La Provence le 22 novembre 2010

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