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jeudi, 19 septembre 2013

Le plan d'urgence contre la délinquance ? Avec Taubira c'est sûr, la police elle n'en veut pas !

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Le 1er juin, sur les marches de la gare à Marseille, elles manifestaient et chantaient le désespoir : "Les enfants de nos quartiers, embarqués sur un navire qui n'a plus ni voile ni avenir, attendent le vent".

Hier, les mères des quartiers Nord de Marseille et des militants associatifs étaient reçus à la Chancellerie, à l'invitation de Christiane Taubira. Le 22 août, gare Saint-Charles, la ministre de la Justice avait brièvement dialogué avec des représentants du Collectif du 1er juin, porteur de 23 propositions pour "sauver ces quartiers" où règnent les trafics et règlements de comptes mais aussi "toutes les violences économiques et sociales".

À cette table ronde, la garde des Sceaux avait invité des représentants des ministères (Logement, Intérieur, Santé, Emploi et formation professionnelle...). Seul le ministère de la Culture n'a pas répondu à l'invitation de Christiane Taubira, au grand dam de Claude Contaret, membre de la délégation et responsable d'une association culturelle de la cité des Cèdres qui a vu là "une forme de mépris alors que, pour ces quartiers abandonnés, la première marque d'intérêt passerait justement par la culture".

Des mesures concrètes

La délégation marseillaise était composée de cinq autres personnes : Yamina Benchenni, porte-parole du Collectif, Fatima Mostéfaoui, Malika Ben Amar, Patrick Rizitelli (Comité d'intérêt de quartiers) et Hocine Benssaïd, directeur d'un centre social. Tous se félicitent que "le dialogue (soit) instauré" pour un diagnostic sans fard et un débat franc, direct, constructif.

Quelques mesures concrètes ont été esquissées, notamment l'implication du parquet de Marseille dans le relogement des familles dont un membre a été victime d'un règlement de comptes ou encore la participation du Collectif au Conseil de sécurité et de prévention de la délinquance. "En fait, nous réinvestissons le débat dans toutes les institutions, explique Yamina Benchenni. Et elles ne vont plus dormir." Les mères et habitants des quartiers Nord réclament des dispositifs spécifiques en matière d'emploi, de santé mentale, d'éducation, de prévention de la délinquance et "des équipes renforcées à la dimension des problèmes massifs que connaissent ces quartiers."

Pas d'élus locaux

Pour l'heure, ces représentants de la société civile ont fait le choix de ne nouer le dialogue qu'avec l'État. "Ce n'est pas qu'on ne veut pas discuter avec les élus locaux mais le travail sur ces territoires n'a pas été fait depuis vingt ans", déplore Malika Ben Amar. Sous les ors de la République, cette mère a expliqué les silences auxquels elle s'est heurtée dès "la première bêtise" de son fils - un recel de caches de scooter. Le jeune homme est mort dans un règlement de comptes. "Des Marseillais se sont levés, le citoyen s'est mobilisé à travers le Collectif, se réjouit Mme Benchenni, alors que, d'une réunion d'élus autour d'un pacte national, il n'est rien sorti d'autre qu'une polémique sur le nombre de policiers municipaux nécessaires à Marseille".

Christiane Taubira s'est enquise des motifs d'une scission au sein de ce mouvement depuis l'entrevue du 22 août. Pour l'heure informel, ce collectif doit prochainement adopter une forme associative. "En attendant, implore Fatima Mostéfaoui, cessons de parler d'armée et de drones pour ces quartiers qui ont besoin de bien autre chose."

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mercredi, 18 septembre 2013

Les gardes rouges cadavériques bougent encore...

Jean Roucas déprogrammé en octobre

 
GARDANNE / PUBLIÉ LE MERCREDI 18 SEPTEMBRE 2013 laprovence
 

 

La décision officielle est tombée aujourd'hui : l'humoriste Jean Roucas, qui s'est rallié à Marine Le Pen, ce week-end aux universités d'été du Front national à Marseille, a été déprogrammé de la saison culturelle gardannaise. Son spectacle, qui devait être présenté à la Maison du peuple en octobre, a été retiré "en accord avec les producteurs du spectacle", indique la mairie. Les acteurs se sont désolidarisés de l'humoriste du fait de son engagement en faveur du FN. Un choix qui correspond à "la philosophie" de la municipalité, "notamment en matière de culture et de solidarité"

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lundi, 16 septembre 2013

Stéphane RAVIER répond au journal Présent

Cliquez sur la vignette ci-dessous pour lire l'entretien.

Hébergement photos

Merci à la rédaction de Présent, journal qui compta beaucoup dans ma formation politique.

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dimanche, 15 septembre 2013

Une UDT historique !

Le FN savoure discrètement le message du "VRP" Fillon

Publié le 15-09-2013 Nouvel Obs'

En campagne présidentielle permanente, Marine Le Pen a clôturé dimanche l'université d'été du Front national, se félicitant d'être "au centre" des préoccupations.

Marine Le Pen souhaite incarner le "camp des patriotes" face à l"UMPS" qui se livrent à un "concours du pire", conspuant "l'atlantisme" de la France, "maîtresse des USA devenue catin d'émirs bedonnants". (AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS)

Marine Le Pen souhaite incarner le "camp des patriotes" face à l"UMPS" qui se livrent à un "concours du pire", conspuant "l'atlantisme" de la France, "maîtresse des USA devenue catin d'émirs bedonnants". (AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS)

"François Fillon tue un cadavre." Marine Le Pen, quand on l'interroge sur les déclarations de l'ancien premier ministre qui ne cessent ces derniers jours d'agiter la droite, s'amuse. Le cadavre en question, c'est le Front républicain, mort selon la présidente du Front national depuis bien longtemps. Quant à l'UMP, elle poursuit son "implosion molle".

"Fillon comme les autres est le VRP du FN"

Si les cadres du parti savourent, lors de l'université d'été du FN, la sortie du député de Paris qui a appelé dimanche dernier les électeurs à "voter pour le moins sectaire" entre un candidat PS et un candidat FN, ils ne s'épanchent pas pour autant sur le sujet.

"Ça nous a surpris dans un premier temps, parce que ce n'était pas son positionnement habituel", explique le bras de droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, qui n'y voit qu'une "tactique" de plus, basée sur les sondages et destinée seulement "à Copé et Sarkozy". Tactique dont il se félicite puisque qu'elle met le FN "encore plus au centre" du jeu. "Fillon, comme les autres est le VRP du FN", conclut-il.

Même réaction de la part de la députée Marion Maréchal Le Pen, pour qui François Fillon ne fait qu'"acter une réalité". Nicolas Bay, responsable de la campagne pour les municipales tacle de son côté l'UMP, une "petite structure nombriliste et polyfracturée".

Seul le secrétaire général Steeve Briois estime que l'ancien Premier ministre a, par sa déclaration, "replacer le FN dans le champs républicain". Ce sera tout. Inutile, pour le Front national, d'en rajouter. Marine Le Pen a compris depuis longtemps qu'il était plus efficace pour elle de laisser les autres semer, la récolte n'en serait que meilleure. 

"Le parti de la réalité vécue"

Tandis que l'UMP et le PS ont le FN en "obsession", selon les mots de Marine Le Pen, l'ancienne candidate à la présidentielle poursuit ce qu'elle espère être sa conquête du pouvoir. C'est le message délivré en substance dans son discours de clôture ce dimanche à Marseille. Un discours de politique générale tourné vers 2017, sensiblement similaire à celui qu'elle avait tenu il y a un an à La Baule pour la rentrée du parti. Marine Le Pen souhaite incarner le "camp des patriotes" face à l"UMPS" qui se livrent à un "concours du pire", conspuant "l'atlantisme" de la France, "maîtresse des USA devenue catin d'émirs bedonnants".

Le FN est "le parti de la réalité vécue", assène la présidente du parti frontiste qui fustige les "promesses" jamais tenues de ceux qui gouvernent. Et de formuler la promesse de ne jamais rien promettre à part des "objectifs".

"On est chez nous !"

Comme toujours, il était difficile de trouver dans son discours incantatoire la moindre proposition, si ce n'est celle de retirer les drapeaux européens des édifices publiques. Et de réintroduire l'histoire de France dans les programmes scolaires, comme si ce n'était pas le cas. Mais qu'importe: les cinq mille militants présents dans le hangar du parc Chanot sont aux anges, brandissent haut leur drapeau français, et sifflent la Garde des Sceaux Christiane Taubira et le secrétaire du PS Harlem Désir à s'en crever les tympans. "On est chez nous ! On est chez nous !", entonnent-t-ils à plusieurs reprises pendant le discours de la présidente du FN. 

Cette enthousiasme militant, Marine Le Pen en est persuadée, est un reflet décuplé du vote FN, devenu "un vote positif, assumé et plein d'espoir". ET la dynamique qu'elle "sent s'accélerer" la mènera jusqu'aux plus hauts sommets. Pourtant, selon le sondage BVA publié par le "Parisien" ce jour même, trois français sur quatre (74%) ne lui feraient pas confiance pour gouverner le pays et 58% la trouve toujours raciste. "La dédiabolisation n'est jamais achevée !", est forcée de reconnaitre l'intéressée. 

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Accolade présidentielle

Accolade entre Marine Le Pen et Stéphane Ravier

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE SAMEDI 14 SEPTEMBRE 2013 laprovence
 
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PHOTO CYRIL SOLLIER
Stéphane Ravier et Marine Le Pen.

 

A l'université du FN, qui a commencé ce matin au Parc Chanot à Marseille, Marine Le Pen, la présidente du mouvement et Stéphane Ravier, candidat Front national aux municipales dans la cité phocéenne, sont arrivés tout sourire. Et, se sont donnés l'accolade.

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Le FN au coeur des débats, au coeur des Français

Université d'été du FN : le parti se voit au coeur des débats

 

"On ne parle que de nous !", "On les obsède" : le FN, réuni en université d'été à Marseille s'est senti samedi plus que jamais au "centre de gravité" de la vie politique avec la polémique autour des propos de François Fillon. Tour à tour, les responsables du parti de Marine Le Pen se sont efforcés, dans les travées du parc Chanot, à l'est de la cité phocéenne, de relativiser la formule de l'ancien Premier ministre UMP. "Médiocre", a dit le vice-président Florian Philippot. "Demain il dira peut-être le contraire, comme il le disait hier".

Mais les frontistes n'ont pu totalement masquer une satisfaction résumée d'une formule gaillarde par Gilbert Collard, l'un des deux députés FN: "on prend notre pied" avec cet "appel du pied". M. Fillon a réaffirmé vendredi à Nice ses propos sur l'équivalence de sectarisme entre certains PS et certains FN, qu'il refuse de départager. Il a aussi jeté aux orties le "ni, ni" (ni FN, ni PS) et le "front républicain" (vote pour le candidat non FN).

Ce qui a suscité des réactions outrées à droite (Jean-Pierre Raffarin), au centre (Hervé Morin, Yves Jégo) et à gauche (Harlem Désir, Jean-Vincent Placé). A Poitiers, lors de l'université de retrée de son parti, le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a estimé que l'UMP, avec comme "prétention d'incarner la droite et le centre, (était) morte cette semaine". "Le parti unique n'est plus celui de la droite et du centre", a-t-il dit. Au FN, au contraire on prenait les choses avec ironie et on se voulait au-dessus de ces empoignades. "On est loin de ces querelles politiciennes", a déclaré Marine Le Pen.

La présidente devait clôturer demain dimanche ces deux jours de travail et de débats (de 2 à 4 000 participants attendus) placés sous le signe d'une préparation"sérieuse" des municipales de mars, mais aussi d'un optimisme sur la performance à venir du Front à ces élections et aux Européennes qui suivront. Le FN espère des "centaines d'élus en mars et la place de parti numéro un en juin.

Outre le fait que les débats tournent encore et toujours autour de la formation qu'elle entend bien conduire au pouvoir, Mme Le Pen y voit la démonstration du fameux système "UMPS" qu'elle dénonce sans relâche.

Des "VRP du FN"

"Ce qui est intéressant dans ce théâtre d'ombres, c'est la violence avec laquelle Harlem Désir demande des comptes", a-t-elle dit. Le Premier secrétaire du PS a appelé M. Fillon à renoncer à "une ligne politique inacceptable". "On a l'impression qu'Harlem Désir est une sorte de femme trompée qui exige des comptes à son mari", a ironisé l'eurodéputée auprès des journalistes. "C'est comme dans un couple, ce n'est pas parce qu'ils s'engueulent qu'ils vont se séparer", dit-elle.

"Peut-être que M. Fillon a réalisé que le Front national n'était que l'expression, la concrétisation d'une volonté populaire et que derrière, il y a des milliers d'électeurs français, des contribuables, des gens qui souffrent, et qu'il serait peut-être temps de ne plus les insulter", a affirmé Stéphane Ravier, l'ambitieux candidat du FN à Marseille qui veut "déboulonner" l'UMP Jean-Claude Gaudin.

Pour Florian Philippot, la prise de position filloniste "répond à une stratégie interne, mais malgré eux, évidemment qu'ils contribuent à nous mettre au centre du débat". "On a beaucoup de VRP du FN", s'est-il amusé. "Ca démontre que l'UMP est usée dans sa guerre des tranchées, incarne un ancien régime et n'en sortira pas", selon le candidat à la mairie de Forbach (Moselle).

Jean-Marie Le Pen, président d'honneur et fondateur du FN, a prononcé un discours intitulé - pas moins - "Les quatre cavaliers de l'apocalypse". A 85 ans, il avait donné un avant-goût de sa combativité provocatrice en déclarant à la presse, à propos du commerçant accusé d'homicide d'un de ses agresseurs à Nice."Je crois que si j'avais été le bijoutier, j'aurais fait comme lui".

Ovationné par l'assistance - qui ne remplissait pas la salle en début de soirée - il a énoncé, assis, veste jaune, des rafales de statistiques sur les "quatre I" : immigration, islamisme, insécurité, impôts. Ces sujets, dit-il, engagent la survie d'une France "menée à l'abattoir par une classe politique aboulique, corrompue, impuissante". Son propos s'est conclu sur un hommage inattendu à François Fillon, qui "avait eu le courage de se dire à la tête d'un Etat en faillite".

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L'UDT en quelques mots...

Université FN à Marseille : déclarations choc et un soutien inattendu

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2013laprovence

Ce week-end le Front National a organisé son rassemblement au Parc Chanot

 

 


Jean Roucas, l'humoriste marseillais, est venu soutenir le Front national, dimanche après-midi, lors de l'université du parti.
 

 

L'université du FN a eu lieu ce week-end à Marseille. Voici un florilège des déclarations des leaders du Front national :

- Jean-Marie Le Pen : 
. "J'aurais fait la même chose que le bijoutier de Nice" qui a abattu un braqueur la semaine dernière.

- Marine Le Pen : 
."Je n'aurais pas fait comme le bijoutier de Nice, de peur de me retrouver aux assises" ; 
."L'UMP brille d'une lumière d'étoile morte" ; 
."L'UMP ? C'est le syndicat de défense des intérêts électoraux de ses membres"
."Le FN arrivera au pouvoir dans les 10 ans qui viennent"
. "Le soutien apporté par Jean Roucas rompt avec le terrorisme intellectuel ambiant"

- Gilbert Collard : 
."Si Fillon veut rejoindre le FN, il y a un strapontin qui l'attend...".

- Stéphane Ravier : 

. "Les socialistes sont tous des roses qui ont poussé grâce à l'engrais du guérinisme sous la serre du gaudinisme"

Ce dimanche, Jean Roucas ("A la prochaine élection je voterai Marine le Pen") est venu à l'université du FN pour soutenir le parti de son ami Gilbert Collard. Philippe Vardon, le président du Bloc identitaire, parti extrémiste (à droite de l'extrême-droite), était aussi là.

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jeudi, 12 septembre 2013

Gestion Gaudin: Les copains d'abord ?

Aménagement : des millions d'euros dépensés sans contrôle à Marseille

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE MERCREDI 11 SEPTEMBRE 2013 laprovence
 

Un rapport confidentiel de la Chambre régionale des comptes critique les opérations commandées par la mairie

 

 

"Il n'est pas encore possible de le rendre public, mais il n'y a rien d'inquiétant à l'intérieur." Lundi, lors d'un conseil d'administration de Marseille Aménagement (Sema), l'élue UMP Dominique Vlasto qui préside cette société d'économie mixte ne s'est pas attardée sur le rapport que la Chambre régionale des comptes vient de lui adresser (1).

Contacté par La Provence, Charles Boumendil, l'ancien directeur de Marseille Aménagement, estime lui que le travail des magistrats lui rend justice : "Alors que j'ai été très critiqué par des donneurs de leçons, la Chambre n'a pas identifié de manquements aux règles."

La lecture de ce rapport que La Provence s'est procuré est beaucoup moins rassurante que ne le laissent entendre ces responsables. Bras armé de la Ville pour l'aménagement et l'immobilier, la Sema s'était vue confier des dossiers lourds de la politique municipale comme la Zac de la Capelette, la réhabilitation du centre-ville, le Mémorial de La Marseillaise...

Lancé en 2010, le contrôle de la Chambre a permis d'identifier de multiples dysfonctionnements. Gaspillages en série, défauts de concurrence, clientélisme, efficacité souvent limitée, le constat est redoutable. Ce qui a poussé la Chambre à formuler des recommandations très strictes, pour tenter de redresser la barre. Tour d'horizon.

Cap est : le choix secret des promoteurs

Pour un promoteur, une opération d'aménagement publique est un véritable jackpot... à condition d'être sélectionné. Or, la Chambre a identifié que la Sema ne pratiquait guère la concurrence au moment de vendre des terrains à des sociétés : "La Sema définit tout d'abord, pour chaque lot, le type de projet qu'elle souhaite voir réalisé et contacte l'acheteur potentiel qu'elle a elle-même identifié en lui proposant un prix de vente du terrain", écrivent les magistrats. Exemple à la Capelette, sur l'opération Cap Est : pour les programmes de logements haut-de-gamme, les plus rentables, trois promoteurs ont été sélectionnés, étant considérés comme... "les seuls présents sur la place capables" d'intervenir sur un tel créneau. Les autres lots ont ensuite été répartis"de manière équitable" entre d'autres promoteurs. Interrogée par la Chambre, la Sema a affirmé qu'elle avait préalablement élaboré "une grille de prix", appuyée sur "une stratégie d'aménagement et d'analyse du marché immobilier". Ce qui n'a guère convaincu les magistrats, qui jugent "indispensable" que soit désormais mis fin à ces "tête-à-tête avec des promoteurs", afin que la Ville et la Sema obtiennent le meilleur prix de la vente de terrains.

Centre-ville, des travaux sans contrôle

Noailles, Panier, Thubaneau, République... Ce sont quelques-uns des quartiers du centre-ville où la Sema a réhabilité des logements. Selon la Chambre, elle est loin d'avoir rempli sa mission : fin 2009, 40 % des travaux prévus à Thubaneau n'avaient pas été réalisés et au Panier, "seulement 15 adresses sur 59 étaient louées". Pour la revente de logements, de nouveaux défauts de concurrence ont été relevés : des "commercialisateurs" ont été désignés dans des conditions opaques, alors qu'"ils ont perçu 4,8 millions d'euros de commissions qui ont alourdi le déficit des opérations, comblé par la Ville". Le plus étonnant est que quand des travaux bénéficiant de subventions étaient censés être réalisés, ils semblent avoir été peu contrôlés par la Sema ou par l'architecte mandaté par la Ville : la Chambre n'a pas pu mettre la main sur des documents prouvant que l'argent n'avait pas été dépensé en pure perte...

De nouveaux locaux pour Force Ouvrière

Etre le principal syndicat à la mairie et à la communauté urbaine justifie-t-il un traitement de faveur ? Toujours est-il que la Chambre s'est étonnée en découvrant que la Sema avait dépensé près d'un million d'euros pour acheter et aménager 620 m2 de bureaux destinés à... Force ouvrière. Les magistrats soulignent que le Code général des collectivités territoriales ne prévoit pas de tels travaux "uniquement dans le but de satisfaire des besoins propres à un syndicat". Contacté par La Provence, Patrick Rué, le patron de FO, s'est défendu de tout favoritisme : "La mairie nous dit de nous installer là, on s'installe là. Si des travaux ont été faits avant, ce n'est pas de notre fait".

Le faux départ de trois salariés

En 2010, trois cadres importants de la Sema ont rompu leurs contrats et bénéficié de fortes indemnités, au montant "anormalement élevé". Surprise, une fois partis, ils ont créé des sociétés privées qui ont passé contrat avec la même Sema... pour exécuter les mêmes missions que celles qui étaient les leurs jusqu'alors.

Le tout pour des montants annuels oscillant entre 46 800 euros et 66 600 euros. Pour la Chambre, il y a un risque "important" de voir ces contrats de services"requalifiés en contrats de travail dissimulés". On ignore pour l'heure si elle a saisi la justice.

(1) Contactées la semaine dernière et hier, Dominique Vlasto et la Ville nous ont répondu par écrit qu'ils réservaient leurs réponses à la présentation du rapport en conseil municipal, début octobre.


Charles Boumendil, l'ex-directeur sur la sellette

Nommé directeur général en 1998, Charles Boumendil a quitté Marseille Aménagement (Sema) cette année. Régulièrement, sa gestion a été critiquée, notamment par Philippe Sanmarco qui a brièvement présidé la société d'économie mixte et qui voyait en lui "un simple exécutant" du cabinet du maire, pour lequel il avait d'ailleurs travaillé. Si la Chambre régionale des comptes est moins lapidaire, elle met en cause son "rôle prééminent", soulignant qu'il bénéficiait d'un statut qui "(dépossédait) complètement le conseil d'administration".

Comme elle l'avait fait dans son premier rapport provisoire, la CRC regrette que la Sema ait financé en 2008 deux réceptions "dont l'objet avait un lien direct avec la situation personnelle ou les centres d'intérêt du directeur général"Primo, elle vise la cérémonie organisée pour la remise de sa Légion d'honneur par Jean-Claude Gaudin, avec des frais de cocktail pour un montant de 8 000 euros (notre photo). Secundo, elle s'étonne que 13 000 euros aient été dépensés pour "une soirée organisée pour le Grand prix des voitures anciennes de Marseille" : 130 personnes avaient été invitées par Charles Boumendil, connu pour être un grand amateur de vieilles mécaniques.

Contacté par La Provence, l'ex-directeur général a tenté de justifier ces dépenses : "Pour la Légion d'honneur, tout le monde fait comme moi, y compris dans les Chambres régionales des comptes, les préfectures, etc. En plus, les 700 personnes présentes étaient invitées par le maire de Marseille, président de Marseille Aménagement à l'époque. Ce n'est pas moi qui ait choisi qu'il en soit ainsi". Pour la "soirée voitures", Charles Boumendil parle d'une simple soirée communication : "Entre 2000 et 2008, nous avons organisé chaque année une manifestation qui rassemblait une centaine de personnes, des gens qui pouvaient nous apporter des marchés. À chaque fois, c'était à un endroit différent : on l'a fait au Festival de jazz, au Festival de Marseille..." Adressées à la CRC, ces explications n'ont pas été retenues pour le rapport définitif : "Le lien (de ces deux réceptions) avec l'objet social de la Sema, même dans le cadre d'une opération de communication n'apparaît pas", écrivent-ils.


Patinoire, l'incroyable surcoût du terrain

La Chambre multiplie les critiques sur la Zac de la Capelette, dont la gestion avait été confiée à Marseille Aménagement (Sema) pour 52,8 millions... sans respecter les règles de concurrence, pourtant obligatoires. Une obligation que la Ville reconnaît mais dont elle s'est affranchie au nom de "la faisabilité pratique". Ce défaut est lourd pour la CRC qui considère que l'aménagement de la Capelette a été mené "sans réelle planification urbaine ni étude cohérente préalable" : "Cette opération s'est limitée à saisir les opportunités d'acquisitions foncières".Une analyse à laquelle la mairie peine à répondre, affirmant qu'il n'existe "aucun élément" démontrant que l'absence d'études "a nui à la réflexion éclairée" du conseil municipal...

Parmi les bizarreries soulignées par la Chambre, on trouve le prix du terrain acheté à RFF pour construire le Palais de la glisse : il a coûté 3 395 487 €. Une somme dont 2 millions ont servi à faire partir l'ancien locataire, la société Laser Propreté. Or, la Sema aurait pu se contenter d'une indemnité de 193 000 € : le contrat de location prévoyait "une indemnité maximale". Laser Propreté ayant contesté son expulsion, il a été fait appel à un expert. La Chambre a découvert qu'il avait des relations antérieures avec le locataire récalcitrant, signe pour elle de "la confusion dans laquelle sa mission s'est déroulée". Elle parle même d'un"rapport tronqué". Toujours est-il que pressée de conclure, la Sema s'est montrée peu regardante : "Plus que la préservation de ses droits, elle a choisi de privilégier une libération rapide du terrain malgré le coût élevé induit pour les finances publiques", regrette la Chambre. Il faut dire que la construction du Palais de la glisse était considérée comme une urgence dans la perspective des municipales de 2008.

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