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dimanche, 27 octobre 2013

La gaudinisme ? Un grand gâchis.

Le Point.fr - Publié le 26/10/2013 

Les agressions mortelles se multiplient dans la cité phocéenne rongée par sa dette, son taux de chômage et la ghettoïsation de ses quartiers.



Mais qu'est-il donc arrivé à Marseille ? Pendant les Trente Glorieuses, la ville fut un symbole du dynamisme et de la croissance de la France. Façade ouverte sur la Méditerranée, elle était un foyer économique, très actif dans l'agroalimentaire, qui a attiré 250 000 habitants supplémentaires entre 1955 et 1975. Les chiffres lui donnent désormais l'image d'une ville pauvre, en dessous de tous les standards nationaux. Moins de la moitié des foyers fiscaux sont imposables, le taux de chômage dépasse 17 %, et en 2012, 26 % des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté avec moins de 964 euros par mois. 

Dans cette économie dégradée, les règlements de comptes s'enchaînent : déjà le seizième cette année. Le phénomène n'est pas nouveau : il y en a eu 25 en 2012, 29 en 2011, 24 en 2010, 29 en 2009 et 14 en 2008. Marseille détenait même en 2012 le triste record national d'infractions commises, selon un rapport de la Direction centrale de la police judiciaire. Pour tous les acteurs, la violence actuelle, souvent liée au trafic de drogue, est un des symptômes de l'échec de la politique économique dans des quartiers enclavés, laissés "à l'abandon".

Appauvrissement du centre

Le déclin marseillais s'amorce dans les années 1970 avec le choc pétrolier : 60 000 emplois sont détruits entre 1975 et 1990 sous le règne de Gaston Defferre, puis de son successeur Robert-Paul Vigouroux. Même si Jean-Claude Gaudin clame le contraire, la municipalité de droite, au pouvoir depuis 1995, n'a pas réussi à rattraper le retard accumulé. "Nous n'avons jamais réussi à créer de l'emploi avec de l'argent privé", constate un ancien membre de l'équipe municipale UMP. "Beaucoup d'entreprises sont parties, laissant Marseille aux mains de l'administratif et des services. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un capitaine d'industrie !" affirme l'ancien élu. 

Deuxième ville de France, la cité phocéenne est aussi la deuxième ville la plus endettée : cette année, la dette est encore de 1,8 milliard d'euros, creusée par des investissements dans les infrastructures de la ville, comme la rénovation du stade Vélodrome qui a coûté 267 millions d'euros. Marseille souffre d'une base fiscale très pauvre : dans certains quartiers, 10 % des foyers n'ont aucun revenu. "L'impôt est majoritairement supporté par la classe moyenne, qui souhaite des services de qualité et un cadre de vie agréable. Beaucoup de ces personnes quittent alors le centre pour accéder à la propriété à La Valentine, à Vitrolles, à Marignane ou dans la région d'Aix", souligne Frédéric Rychen, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, spécialisé en économie régionale. "Ce mouvement de population contribue à l'appauvrissement du centre de Marseille." 

La cité phocéenne pâtit d'un manque d'infrastructures, malgré une volonté d'investissements de la municipalité : "Le grand chantier de Marseille, c'est les transports", relève Frédéric Rychen. Dans une ville deux fois et demie plus étendue que Paris, le manque de transports en commun est flagrant. La ville avait d'ailleurs été rebaptisée "capitale européenne de l'embouteillage" par le journal La Provenceà la suite d'une étude révélant que les Marseillais passaient 177 heures par an dans les bouchons, soit une semaine dans leur voiture à l'arrêt. Le projet de métropole pourrait contribuer à améliorer la situation en relançant le plan des déplacements urbains. Mais il est déjà décrié par beaucoup d'élus des communes avoisinantes, fâchés par une redistribution des profits de la périphérie vers le centre. "Il est absolument nécessaire que ce projet voie le jour ; à long terme, la périphérie seule ne pourra pas être attractive", analyse Frédéric Rychen, "le centre a une attractivité forte, il faut désormais qu'il arrive à garder les populations à moyens et hauts revenus, cela suppose de pouvoir proposer des formations, de l'emploi et un cadre de vie agréable." 

Revenus illégaux et économie souterraine

Dans l'état actuel des choses, la ville - centre compris - est loin du compte. 25 % des jeunes n'ont pas de diplôme et accèdent difficilement à l'emploi. Dans certains quartiers, 50 % des gens sont au chômage, mais des secteurs comme le bâtiment, qui ne demandent pas toujours de diplômes particuliers, ont du mal à recruter. "La notion de revenus illégaux et d'économie souterraine est très forte dans certains quartiers, certains jeunes sont découragés et abandonnent l'idée de passer par la voie de la réussite scolaire", souligne le maître de conférences. Ces quartiers pauvres, où les actes de violence sont souvent recensés, sont disséminés : Marseille n'a ni banlieue ni territoires qui concentrent tous les atouts. "Marseille est peut-être une zone sensible en soi, mais les quartiers sont très différents les uns des autres, il n'y a pas une seule et même explication pour rendre compte des difficultés de la ville."

Dopée par les emplois publics, les revenus des retraités et les prestations sociales, Marseille reste relativement imperméable à la conjoncture nationale. Une inertie salvatrice en période de crise, mais qui empêche la cité phocéenne de profiter d'une reprise, même timide, de l'économie française. Marseille semble vivre en repli, économiquement et politiquement, n'arrivant pas souvent à saisir les occasions et les financements venant de France ou d'Europe. Cependant, des projets comme EuroMéditerranée, qui vise à créer un pôle tertiaire dans la ville et faire revenir des habitants par la réhabilitation de ses infrastructures, montrent qu'une opération née de gros moyens publics peut trouver des relais privés et avoir un effet d'entraînement important pour le dynamisme économique de la ville. Mais en attendant, la ville reste largement sous perfusion de l'État.

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Commentaires

Le natif de Mazargues, le chantre de Marseille, a détruit cette ville. 2600 ans d'histoire pour en arriver à ce résultat qui n est pas pitoyable mais bel et bien scandaleux ! Et Gaudin et sa clique rose avec qui il co-détruit la ville est coupable ! On peut aisément parler de haute trahison !
Allons enfants de la Patrie et de Marseille : aux bulletins de vote ! Votons massivement pour Stéphane Ravier, pour Marseille Bleu Marine, pour la France !

Écrit par : Victoire | mardi, 29 octobre 2013

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