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lundi, 14 octobre 2013

Mini Prix, minibus, mais il fait le maximum !

Le Point.fr - Publié le 13/10/2013 

Récit d'une journée sous haute tension qui voit l'élimination dès le premier tour de la ministre Marie-Arlette Carlotti et des soupçons peser sur Samia Ghali

 

De NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE À MARSEILLE 

La star du soir chez les socialistes marseillais, c'est lui ! Ndlr


L'ambiance est électrique dans les bureaux de vote du 15e arrondissement, tous réunis en un lieu : la maison municipale La Calade, boulevard Ledru-Rollin, au coeur des quartiers nord de Marseille. Alors qu'ils devaient fermer à 19 heures, ils continuent - comme ceux de toute la ville - d'accueillir des électeurs jusqu'à 20 heures. À 19 h 30, ils sont des dizaines à se masser devant les urnes, carte d'identité à la main. Le 15e arrondissement catalyse toutes les attentions depuis dimanche matin, jour du premier tour de la primaire du PS pour désigner le candidat du Parti socialiste aux municipales.

Flash-back. Les listes du bureau n° 49 se révèlent erronées aux alentours de 10 heures : les dates de naissance des votants ne correspondent pas. Le bureau ferme donc plusieurs heures, avant de rouvrir seulement au milieu de l'après-midi. D'où la décision de garder les six bureaux du 15e ouverts jusqu'à 20 heures.

Sauf que cette "erreur technique" (dixit Jean-Pierre Mignard, président de la haute autorité en charge du bon déroulement de la primaire), qui aurait pu passer relativement inaperçue, entre rapidement en collision malheureuse avec des soupçons de pratiques frauduleuses... 

L'affaire des minibus

L'une des six candidates, Samia Ghali, est soupçonnée par ses concurrents, principalement par la ministre déléguée aux Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti, d'affréter des minibus pour que ses partisans viennent "voter en masse", dixit une proche de Carlotti.

L'équipe de Ghali assume et assure que les "deux minibus" seront comptabilisés sur les comptes de campagne de la candidate... Et hurle au scandale à son tour ! Le 15e arrondissement est largement pro-Samia Ghali. La fermeture du bureau n° 49 plusieurs heures leur fait perdre "200 votants", assure-t-elle.

L'envoyé spécial de la Rue de Solférino à Marseille, Alain Fontanel, cherche à déminer, en prenant plutôt le parti de Samia Ghali. Devant la presse, à la mi-journée, il rappelle qu'il y avait "aussi des bus lors de la primaire du PS en 2011" : "La primaire, c'est mobiliser les citoyens", ajoute le représentant d'Harlem Désir. Marie-Arlette Carlotti est en coulisse, accusée par le PS d'orchestrer "un débat d'opportunité, avec des raisonnements spécieux". 

"Cinq joueurs d'une équipe de basket"

Mais il n'y a pas que le problème des minibus... La nuit pointe le bout de son nez et les ennuis se poursuivent. Retour dans le 15e arrondissement. Le directeur du bureau de vote n° 51, Nicolas Launey, partisan de Marie-Arlette Carlotti, assure que les pro-Samia Ghali ont payé à de nombreuses personnes l'euro dont doivent s'acquitter les électeurs pour voter. 

Bernard Mas, partisan de Patrick Mennucci, assesseur dans le bureau d'à côté, livre le même récit. Et développe. "J'ai eu cinq joueurs d'une équipe de basket qui ne savaient même pas pourquoi ils étaient là. On leur a dit de mettre le bulletin dans l'enveloppe, ils se sont exécutés."

Un assesseur suppléant (pro-Carlotti) a même écrit un procès-verbal, que Le Point.fr a lu. Il est écrit : "À 17 h 50, un individu a donné une pièce de 1 euro à un votant dans le bureau de vote. Il a ensuite montré le bulletin de S. Ghali au votant, qui a pris uniquement ce bulletin et une enveloppe, sans passer par l'isoloir."

"Échanges d'argent, intimidations..."

Guillaume Merland, avocat du cabinet marseillais de Jean-Pierre Mignard, envoyé en renfort dans le 15e au nom de la haute autorité, admet : "Ce n'est pas un climat sain."

À 21 h 16, alors que Samia Ghali semble sortir en tête du premier tour (devant Patrick Mennucci), Marie-Arlette Carlotti envoie à la presse un communiqué au vitriol. Elle dénonce les méthodes de campagne de Samia Ghali : "Nous avons assisté au cours de cette journée à un fonctionnement de clientélisme à plein régime [...] avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, avec des échanges d'argent, des intimidations, le tout avec une organisation que je qualifierai de paramilitaire." Carlotti en appelle à la haute autorité pour faire le clair sur les comptes de campagne des candidats. 

Le second tour aura lieu dimanche prochain, 20 octobre. Il s'annonce particulièrement tendu. 

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