La sénatrice PS de Marseille Samia Ghali, arrivée en tête de la primaire socialiste en vue des municipales à Marseille, s’est demandée si la ministre chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti, arrivée troisième et éliminée, ne devrait pas quitter le gouvernement. «Si j’étais à sa place, peut-être que je rendrais mon poste de ministre», a déclaré Samia Ghali sur i-Télé, tout en se demandant si Marie-Arlette Carlotti n’avait pas été sanctionnée en raison «de son travail de ministre».


Dans la foulée, l'entourage de la ministre a fait savoir que celle-ci n'envisage pas de démissionner. «Une démission n’est pas à l’ordre du jour», ont ainsi dit ses proches à l'AFP, avant que Matignon ne prenne sa défense à son tour. Un conseiller du Prermier ministre a ainsi déclaré que la ministre avait«toute sa place au sein du gouvernement».

Marie-Arlette Carlotti doit par ailleurs rencontrer le Premier ministre dans la semaine.

Arrivée troisième malgré son statut de favorite, Marie-Arlette Carlotti avait vivement dénoncé dimanche «un fonctionnement à plein régime du clientélisme» à propos de sa rivale socialiste lors du premier tour de la primaire de dimanche.

«Personne n’avait vu jusqu’à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, un tel sentiment d’impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, des échanges d’argent, toute une organisation que j’ai envie de qualifier de "paramilitaire"», avait-elle asséné. «Oui, il a fallu s’organiser pour aller voter car les transports dans certains quartiers sont inaccessibles», s’était défendue l’intéressée. Cette réaction a, selon une source proche du PS, donné lieu à un coup de fil de Jean-Marc Ayrault, visiblement très mécontent.

Arrivé deuxième, le député Patrick Mennucci, qui a reçu dimanche soir le soutien de Marie-Arlette Carlotti pour le second tour, a qualifié d'«absurdes» les propos de Mme Ghali. «Mme Carlotti est ministre, il n’appartient certainement pas à Samia Ghali de décider si elle doit le rester ou pas».

Réagissant lundi matin, le conseiller régional FN Stéphane Ravier a estimé que le«spectacle donné par les socialistes» lors du premier tour des primaires à Marseille était «digne des pires républiques bananières».

«Nous avons désormais la certitude qu’ils sont dignes des pires républiques bananières et surtout indignes de prendre les manettes à Marseille», juge-t-il.«Bourrage d’urnes ici, minibus affrétés là, proclamation anticipée des résultats avant la fin du scrutin, accusations réciproques de magouilles ont ponctué une journée qu’ils avaient promise exemplaire», raille Ravier.

«Comment pourraient-ils éviter de tricher contre des adversaires politiques quand ils se livrent aux tricheries les plus évidentes entre "camarades" ?», poursuit-il.«Tous souhaitaient que le meilleur gagne. Il s’agira donc à n’en pas douter du meilleur tricheur», conclut-il.