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jeudi, 19 septembre 2013

Le plan d'urgence contre la délinquance ? Avec Taubira c'est sûr, la police elle n'en veut pas !

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Le 1er juin, sur les marches de la gare à Marseille, elles manifestaient et chantaient le désespoir : "Les enfants de nos quartiers, embarqués sur un navire qui n'a plus ni voile ni avenir, attendent le vent".

Hier, les mères des quartiers Nord de Marseille et des militants associatifs étaient reçus à la Chancellerie, à l'invitation de Christiane Taubira. Le 22 août, gare Saint-Charles, la ministre de la Justice avait brièvement dialogué avec des représentants du Collectif du 1er juin, porteur de 23 propositions pour "sauver ces quartiers" où règnent les trafics et règlements de comptes mais aussi "toutes les violences économiques et sociales".

À cette table ronde, la garde des Sceaux avait invité des représentants des ministères (Logement, Intérieur, Santé, Emploi et formation professionnelle...). Seul le ministère de la Culture n'a pas répondu à l'invitation de Christiane Taubira, au grand dam de Claude Contaret, membre de la délégation et responsable d'une association culturelle de la cité des Cèdres qui a vu là "une forme de mépris alors que, pour ces quartiers abandonnés, la première marque d'intérêt passerait justement par la culture".

Des mesures concrètes

La délégation marseillaise était composée de cinq autres personnes : Yamina Benchenni, porte-parole du Collectif, Fatima Mostéfaoui, Malika Ben Amar, Patrick Rizitelli (Comité d'intérêt de quartiers) et Hocine Benssaïd, directeur d'un centre social. Tous se félicitent que "le dialogue (soit) instauré" pour un diagnostic sans fard et un débat franc, direct, constructif.

Quelques mesures concrètes ont été esquissées, notamment l'implication du parquet de Marseille dans le relogement des familles dont un membre a été victime d'un règlement de comptes ou encore la participation du Collectif au Conseil de sécurité et de prévention de la délinquance. "En fait, nous réinvestissons le débat dans toutes les institutions, explique Yamina Benchenni. Et elles ne vont plus dormir." Les mères et habitants des quartiers Nord réclament des dispositifs spécifiques en matière d'emploi, de santé mentale, d'éducation, de prévention de la délinquance et "des équipes renforcées à la dimension des problèmes massifs que connaissent ces quartiers."

Pas d'élus locaux

Pour l'heure, ces représentants de la société civile ont fait le choix de ne nouer le dialogue qu'avec l'État. "Ce n'est pas qu'on ne veut pas discuter avec les élus locaux mais le travail sur ces territoires n'a pas été fait depuis vingt ans", déplore Malika Ben Amar. Sous les ors de la République, cette mère a expliqué les silences auxquels elle s'est heurtée dès "la première bêtise" de son fils - un recel de caches de scooter. Le jeune homme est mort dans un règlement de comptes. "Des Marseillais se sont levés, le citoyen s'est mobilisé à travers le Collectif, se réjouit Mme Benchenni, alors que, d'une réunion d'élus autour d'un pacte national, il n'est rien sorti d'autre qu'une polémique sur le nombre de policiers municipaux nécessaires à Marseille".

Christiane Taubira s'est enquise des motifs d'une scission au sein de ce mouvement depuis l'entrevue du 22 août. Pour l'heure informel, ce collectif doit prochainement adopter une forme associative. "En attendant, implore Fatima Mostéfaoui, cessons de parler d'armée et de drones pour ces quartiers qui ont besoin de bien autre chose."

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