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dimanche, 25 août 2013

Merci Monsieur Mélenchon !

Le Point.fr - Publié le 25/08/2013 

Les municipales de 2014 sont cruciales pour le PC. Les amis de Pierre Laurent ne peuvent prétendre maintenir leurs positions qu'avec l'appui des socialistes.

Jean-Luc Melenchon et Pierre Laurent au congrès du Front de gauche, dans le Val-de-Marne, en 2012.Jean-Luc Melenchon et Pierre Laurent au congrès du Front de gauche, dans le Val-de-Marne, en 2012. © REVELLI-BEAUMONT/SIPA

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"Préservez-moi de mes amis ; mes ennemis, je m'en occupe !" Ces jours-ci, Jean-Luc Mélenchon doit méditer cette phrase. Le leader duFront de gauche n'aime rien tant que de se moquer de François Hollande et de sa majorité, de se jouer de l'UMP et de sa querelle des chefs et d'ajuster des flèches au curare à destination de Marine Le Pen. L'ancien ministre fait d'ailleurs cela très bien, il manie parfaitement la langue française, connaît son histoire de France sur le bout des doigts, est un fin lettré et voyage beaucoup. Mais ce franc-parler agace de plus en plus ses amis. Pierre Laurent, numéro un du PC, l'a appelé à refuser "la provocation et l'invective". Il faisait allusion à une interview donnée par son partenaire du Front de gauche au Journal du dimanche dans laquelle il avait des mots forts contre Manuel Valls : "Un dur et violent qui chasse sur les terres de madame Le Pen." Mécontent de se faire recadrer, Mélenchon a fustigé le "tireur dans le dos". "Nous avons un devoir de respect mutuel et de solidarité", a-t-il dit, ajoutant que le Front de gauche ne supporterait pas de "compétition d'ego". Depuis, la tension ne cesse de monter entre les frères ennemis, qui devaient se croiser aux estivales du Front de gauche.

Des municipales vitales pour les communistes

Cette sortie reflète moins une guerre des ego que deux stratégies diamétralement opposées à sept mois des élections municipales. Le PC ne peut garder ses villes qu'avec l'appui des socialistes. La critique du gouvernement doit donc rester raisonnable et mesurée sous peine que celui-ci n'encourage ou ne fomente des listes dissidentes qui pourraient priver la gauche de la gauche de ses ultimes bastions. Et à ce petit jeu, les amis de Mélenchon ne peuvent pas proposer d'alternative. Ils n'ont pas de bastions électoraux et sont incapables de contrebalancer le retrait des voix PS par leurs propres forces électorales.

Or, sans ses mairies du Val-de-Marne, de Seine-Saint-Denis, de l'Allier, du Nord-Pas-de-Calais et du sud de la France, le Parti communiste serait rayé de la carte électorale et entraîné dans une dérive groupusculaire. Une préoccupation que Mélenchon et ses amis ne comprennent pas, car l'état-major du Parti de gauche n'est pas composé d'élus locaux. La seule ville d'importance qu'ils détiennent est Viry-Chatillon dans l'Essonne. Martine Billard, coprésidente avec Mélenchon du mouvement, n'est plus élue à Paris et lui-même pantoufle au Parlement européen. Alexis Corbière, François Delapierre (conseiller régional d'Ile de France), Éric Coquerel, ses principaux collaborateurs, ne bénéficient pas d'ancrage locaux forts.

Il y a donc fort à parier que les tensions iront crescendo entre les deux "amis". Le Parti socialiste connaît la valeur de son soutien et la puissance des rétorsions qu'il peut exercer sur le Parti communiste. Une alliance - qui ne dira pas forcément son nom - entre les deux formations dans le but de museler Jean-Luc Mélenchon et de lui faire perdre son influence est en marche. Sentant le danger venir, celui-ci a proposé des alliances à Europe Écologie-Les Verts, eux-mêmes de plus en plus critiques envers la politique gouvernementale. "Je pense que nous pouvons dès le premier tour faire des listes avec des écologistes dans de très nombreuses villes", a-t-il dit jeudi. "J'espère voir ça se réaliser parce que les élections municipales sont des élections locales, mais elles peuvent avoir un impact national, donc nous pourrions, à travers les élections municipales, commencer à construire cette majorité alternative que j'appelle de mes voeux", a-t-il ajouté, dévoilant ainsi sa contre-offensive anti-encerclement.

 

 

Mélenchon joue-t-il sa survie ?

Le conflit se résoudra d'ici la fin de l'année, lorsque seront dévoilées les listes communes et les alliances aux municipales. Seul, le parti de gauche semble incapable de conquérir la moindre ville d'importance en 2014. À l'inverse des communistes qui n'ont qu'une obsession : conserver l'essentiel des 28 villes de plus de 30 000 habitants qu'ils détiennent. Pour ce faire, leurs 8 000 élus municipaux sont prêts à quelques associations contre nature. 

Iront-ils jusqu'à la rupture avec leur turbulent allié ? Celle-ci priverait l'eurodéputé d'une tribune médiatique efficace (quand il parle aujourd'hui, Méluch' s'exprime au nom du PC), du maillage administratif et des militants du PC, voire de la possibilité de constituer une liste cohérente et puissante aux élections européennes afin de sauver son seul fauteuil électoral. Entre le Parti communiste et le Parti de gauche, la guerre a commencé. Mélenchon, combien de divisions ? 

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