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mardi, 20 août 2013

Marseille: rien n’arrêtera la vague bleu Marine !

Marseille : PS et UMP tentent d’endiguer la montée du FN

JDD 20/8/13

A Marseille, insécurité, clientélisme et affaires à répétition semblent être un terreau favorable à la progression du Front national. UMP et PS tentent d’organiser la riposte contre une extrême droite qui pourrait avoir un poids considérable dans lors des prochaines municipales.

Stéphane Ravier

Alors que le Front national avait déjà ravie des mairies provençales dans les années 90, cette fois, c’est sur Marseille que plane la flamme frontiste. En juillet, un sondage Ifop  a sonné l’alarme : 25% des intentions de vote au premier tour iraient au représentant "bleu Marine", alors qu’en mai, elles étaient de 18%. Le FN peut jouer les arbitres du scrutin et pourrait même remporter certaines mairies de secteur.Alors qu’un temps, tous les regards se sont tournés vers le très médiatique député Gilbert Collard, le FN a finalement investi Stéphane Ravier. Inconnu sur la scène politique nationale, le  conseiller municipal n’en est pas à son premier essai. L’an passé, il avait fait un très bon score au deuxième tour des législatives, où il avait recueilli 49% des suffrages face à la socialiste Sylvie Andrieux."Quand ça va mal en France, ça va encore plus mal à Marseille, qui cristallise les problèmes nationaux : insécurité, islamisation, chômage, précarité, problème de transport et surtout clientélisme", explique au JDD.fr  Stéphane Ravier, qui voit là les raisons d’un engouement pour son parti.

Clientélisme et affairisme

Au PS comme à l’UMP, on tente d’endiguer le phénomène tout en se renvoyant la balle quant aux causes. Pour la gauche, la droite locale gère mal le problème d’insécurité, pour la droite, le gouvernement socialiste n’est pas assez prompt à réagir aux règlements de comptes qui agitent la cité phocéenne. Ils soulignent respectivement les défauts du camp adverse : un PS marseillais qui serait rongé par les affaires judiciaires et un UMP trop enclin à l’immobilisme et au clientélisme. Tout cela faisant les choux gras du proche de Marine Le Pen."On a à Marseille, un maire UMP qui n’a plus les moyens d’agir, un président de la communauté de communes PS arrivé là par un hold-up politique et un président de conseil général PS mouillé jusqu’au cou dans de sombres affaires. Bref, c’est une ville qui n’a plus de patron et le FN s’engouffre dans cette brèche", analyse pour le JDD.fr Renaud Muselier, secrétaire départemental de l’UMP. Si le responsable politique n’envisage en aucun cas d’alliance entre sa formation et le FN, il n’envisage pas non plus un rapprochement avec le PS pour faire barrage à la vague "bleu Marine". "Le système électoral fait qu’ils ne peuvent pas ravir la mairie centrale", note-t-il. Ils peuvent toutefois avoir assez de conseillers municipaux ou de maires de secteur pour rendre la ville ingouvernable.

"Le FN n’est pas vierge non plus"

Mardi matin, à peine avait-elle fait sa rentrée gouvernementale, que Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et candidate à la primaire socialiste marseillaise pour les municipales 2014,  était de retour sur la Canebière pour y décliner ses thèmes de campagne préférés: le besoin de rassemblement pour endiguer la poussée frontiste et les solutions à l’insécurité.  Un déplacement prévu de longue date, mais qui a été rattrapé par l’actualité et la venue du Premier ministre sur ses terres."Si on veut gagner Marseille, il faut changer d’attitude", explique Marie-Arlette Carlotti au JDD.fr, qui précise : "Je ne veux pas sur nos listes de gens discrédités au regard des électeurs". D’autant que si le PS local a longtemps alimenté les rubriques judiciaires, "le FN n’est pas vierge non plus", tient à rappeler la ministre. "Le clientélisme, ils connaissent mieux que quiconque. A Marignane, Simonpieri a fini devant un tribunal!" "Faux", rétorque le candidat frontiste qui assure que lorsque les maires de Marignane et Vitrolles ont été condamnés, ils n’étaient plus au FN.

"Nous avons de grandes ambitions"

S’il fallait un symbole de cette progression, c’est l’université d’été du FN. Comme les Verts, c’est à Marseille que Marine Le Pen a décidé d’organiser la session 2013, les 14 et 15 septembre.  Pour Stéphane Ravier, "le FN ne s’interdit rien en termes de conquête. Petite ville comme grande ville, nous avons de grandes ambitions." Ce sera l’occasion d’affirmer une présence forte sur les terres phocéennes."Ne comptez pas sur moi pour manifester devant la porte", lance Marie-Arlette Carlotti. "Ils sont libre d’organiser leur rassemblement où ils veulent." Elle ne manifestera pas, mais compte jouer le jeu des alliances en appelant au rassemblement politique contre l’extrême-droite. A gauche, bien sûr, avec les radicaux et les écologistes. Mais pas seulement : la ministre fait aussi du pied aux centristes du MoDem. Son but : évité un "21 avril" marseillais. 

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