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mardi, 13 août 2013

Pour Jérémie, contre la banalisation de la barbarie: Toutes et tous devant la préfecture mercredi à 17 heures !

A Marseille, le meurtre de Jérémie pèse sur la campagne municipale

LE MONDE | 13.08.2013 Par Gilles Rof

 


Le candidat PS à la mairie de Marseille, Patrick Mennucci, se mêle, le 11 août, aux journalistes pour écouter Leila Amari, qui a appelé les secours après l'agression de Jérémie Labrousse.
 

 

Un sanglot. Patrick Mennucci, le député et maire PS du 1er secteur de Marseille, a laissé filtrer son émotion, dimanche 11 août, lors d'un rassemblement dont il était à l'origine, boulevard d'Athènes (1er). Sur le trottoir où Jérémie Labrousse, étudiant de 22 ans originaire des Vosges, avait été poignardé deux jours plus tôt, l'élu du quartier venait de demander une minute de recueillement. "J'ai eu une réaction normale à une situation pas facile. Un ras-le-bol face à une succession d'événements que nous vivons", note le député socialiste, qui, en cette période où les responsables politiques vivent leurs vacances loin de Marseille, a été le seul des candidats à la prochaine municipale à se rendre sur les lieux du drame.

Lire aussi : Marseille : l'étudiant poignardé a succombé, un suspect interpellé

Si Yves Moraine, le porte-parole de la majorité UMP, a fustigé une "mise en scène de l'émotion", et Stéphane Ravier, le leader local du FN, persiflé sur "les larmes de crocodile des pleureuses professionnelles", le sanglot de l'élu socialiste a fait écho à l'importante émotion suscitée à Marseille par le décès, dimanche, du jeune homme. Un meurtre dont la police cherche encore le motif, alors qu'un suspect d'une quarantaine d'années, présenté comme "gravement déséquilibré" par les autorités, a été arrêté.

Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a appelé, dès le 11 août, les responsables publics à éviter "surenchères et polémiques déplacées". Peine perdue. La mort de Jérémie Labrousse a embrasé la tension politique, déjà très vive, autour de la sécurité. En pleine primaire socialiste, alors que la candidature à droite n'a pas été tranchée, les prétendants à la succession de Jean-Claude Gaudin ont presque tous fait entendre leur voix. Et le FN a appelé à un rassemblement mercredi 14 août à 17 heures.

"Mesurer l'insécurité à Marseille à l'aune d'un drame comme celui-là serait un piège, précise le conseiller municipal Pascal Chamassian (app. PS). Mais la conjonction des incidents de ces dernières semaines donne l'impression qu'il n'y a pas d'autorité dans cette ville." Comme les autres élus locaux, ce proche de Christophe Masse, un des six candidats à la primaire socialiste, tient la comptabilité des "faits divers qui plombent Marseille".


"L'IMPRESSION QU'IL N'Y A PAS D'AUTORITÉ DANS CETTE VILLE"


Une dizaine de règlements de compte mortels depuis le début 2013, un passant poignardé pour avoir refusé une cigarette en juillet, ou encore "l'affaire de la plage des Catalans", en début d'été, lorsque plusieurs adolescents s'en sont pris à un policier, lui maintenant la tête sous l'eau, à la limite de la noyade.

De cette litanie, chacun tire conclusions et arguments électoraux. Si, en aparté, le sénateur et maire UMP Jean-Claude Gaudin dit avoir "de bons rapports avec Manuel Valls", il n'a pas hésité à charger, dès l'annonce de l'agression, le ministre de l'intérieur et l'Etat. "Le gouvernement a déclaré que Marseille était une priorité nationale, rappelle Caroline Pozmentier (UMP), adjointe à la sécurité. Il doit tenir sa promesse. M. Valls a fait un premier effort, mais il faudrait 1 500 policiers supplémentaires pour couvrir vraiment la ville."

Face à cette demande, les socialistes, comme le FN ou le député UMP Guy Teissier qui se verrait bien succéder à Jean-Claude Gaudin, renvoient le maire à ses dix-huit ans de gestion d'une police municipale "sous-dimensionnée", avec ses 315 salariés, et "sous-équipée". "Nice a plus de policiers municipaux que Marseille pour une population 2,5 fois moins importante", souligne la ministre Marie-Arlette Carlotti, n'hésitant pas à citer la ville de Christian Estrosi en exemple.

"C'est le gouvernement UMP de Nicolas Sarkozy qui a largement diminué le nombre de policiers nationaux et de gendarmes à Marseille, poursuit la favorite des sondages pour la primaire socialiste. Et c'est le gouvernement actuel qui en a dépêché 230 supplémentaires."

Proche de Manuel Valls, Patrick Mennucci défend aussi le bilan du ministre de l'intérieur. "Mais notre réflexion sur la sécurité ne peut se limiter à la seule question des renforts policiers, note le député. La réponse doit être globale, avec une véritable gestion de Marseille, une redynamisation de l'économie et de l'éducation."


"MARSEILLE MANQUE PARTOUT D'HOMMES ET DE MOYENS"


Seule voix dissonante chez les socialistes, celle d'Eugène Caselli. Fin juillet, le président PS de la communauté urbaine demandait le classement de l'ensemble de la ville en zone de sécurité prioritaire (ZSP), essuyant une réaction cinglante de Manuel Valls. "Je suis toujours sur une demande de renforts policiers sur la totalité de Marseille, insiste M. Caselli. Les événements montrent que la ville manque partout d'hommes et de moyens."

En retard de notoriété, selon les sondages, sur Mme Carlotti ou la sénatrice PSSamia Ghali, – laquelle s'était fait connaître en réclamant l'intervention de l'arméedans les cités, M. Caselli réfute tout opportunisme. "Je suis candidat à la mairie. Et personne ne me fera taire devant cette situation d'urgence."


"M. Caselli s'accroche à la dernière branche électorale qu'il trouve", lâche Stéphane Ravier, le leader local du FN. Lundi, le candidat du Rassemblement BleuMarine à la mairie de Marseille a longuement dénoncé "les postures sans lendemain des élus", de droite comme de gauche, face "à la banalisation de l'horreur".

Il a également appelé les Marseillais à "prendre les armes... démocratiques que sont les bulletins de vote du Front national".


Comme en septembre 1996, après le meurtre sans motif du jeune Nicolas Bourgat qui avait bouleversé la ville, le FN a demandé aux Marseillais d'investir la place de la préfecture. A l'époque, Jean-Marie Le Pen s'était adressé à plusieurs milliers de personnes, sans réussir son OPA politique. La capacité du FN à mobiliser un 14 août sera un premier indicateur sur son futur poids dans le combat des municipales 2014.

 

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Commentaires

augmentation des racailles ,augmentation de la violence .

Écrit par : max | mercredi, 14 août 2013

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