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mercredi, 31 juillet 2013

Les pigeons paient pour Sarkozy mais les vautours sont bien décidés à se payer Sarko !

Le Point.fr - Publié le 31/07/2013 

La levée de fonds qui se poursuit à l'UMP devait insuffler une dynamique de rassemblement. Mais elle fait ressurgir les querelles et les rancoeurs.


Nicolas Sarkozy s'est porté caution de l'UMP qui doit près de 11 millions à la banque.Mais il ne donnera que 7.500 euros puisqu'il a trouvé des pîgeons pour payer ses co...... ! ndlr

 
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Le retour de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène politique, une levée de fonds majeure, la mobilisation des différents courants politiques qui mettent leurs querelles de côté pour sauver le parti... Tous les ingrédients semblaient réunis pour rétablir une formation malade du départ de son chef et paralysée par la course aux ambitions présidentielles de ses cadres. Pourtant, ce qui devait être le plan de sauvetage de la réconciliation prend des airs de chasse aux sorcières. 

Peu après l'invalidation des comptes de campagne de l'ancien président qui a créé un trou de 11 millions d'euros dans la caisse, les parlementaires du parti ont eu des consignes claires : une participation de 2 000 euros chacun à l'effort de guerre. De son côté, Catherine Vautrin, trésorière, a mis la pression dans un entretien au Monde paru mardi. La députée a regretté que "30 % des parlementaires n'aient pas donné". "Ce sont des gens, connus ou inconnus, que l'on doit resolliciter et on ne va pas manquer de le faire", a-t-elle ajouté. Il n'en fallait pas plus pour que cette levée de fonds se transforme en un concours du donateur le plus zélé et souffle sur les braises du combat des chefs de l'UMP entre François Fillon et Jean-François Copé.

"Deux fois plus que François Fillon"

Après la décision du Conseil constitutionnel, le premier appelait sa "famille politique" à "assumer de manière solidaire les conséquences financières de cette décision émanant de la plus haute juridiction de notre République". Le deuxième répliquait en lançant une grande souscription nationale et a dénoncé une "décision grave" des Sages.L'Association des amis de Sarkozy, qui a le statut de parti politique et dont les dons ne sont pas plafonnés, a annoncé qu'elle allait offrir 20 000 euros. Et un de ses membres en a profité pour souligner, dans le JDD, que chacun des membres de son bureau a donné "deux fois plus que François Fillon". Dans les dents !

Mais les critiques les plus violentes visent l'ancien chef de l'État et viennent de sa propre famille politique. Auteur d'un don de 7 500 euros, le maximum légal que peut donner une personne civile à un parti, Nicolas Sarkozy aurait pu contourner cette restriction par le biais d'autres partis ou associations. Par ailleurs, il avait la possibilité de s'adresser à la banque et de s'engager à rembourser une partie ou la totalité de l'emprunt en tant que caution solidaire. "Il aurait pu faire un effort supplémentaire",s'agace le député Bernard Debré. "C'est une opération de com culottée, pour laquelle il enfile le costume de la victime et où il se la joue solidaire [...]. "Il se fout de notre gueule", s'énerve un autre élu dans Le Monde

"Il se fout de notre gueule"

Ils ont été plusieurs au parti à défendre l'ancien président, fortement soupçonné de préparer son retour en politique pour 2017. Pierre Charon sur RMC : "La règle, il l'applique à 7 500 euros, mais il n'a pas besoin de donner plus sous prétexte qu'il est caution solidaire, ça voudrait dire qu'il accepte la sanction." Catherine Vautrin : "Ceux qui émettent cette critique devraient eux-mêmes donner 7 500 euros. Ça nous aiderait bien."

Geoffroy Didier, qui admet avoir donné "quelques centaines d'euros", défend également son mentor politique. "L'enthousiasme qu'est parvenu à créer Nicolas Sarkozy pour la souscription n'a pas de prix. L'important n'est pas tant l'argent que l'on donne soi-même que celui qu'on parvient à lever", déclare le leader de la Droite forte. Pour le député de la Drôme et responsable du pôle projet à l'UMP Hervé Mariton, qui déclare avoir donné les 2 000 euros prévus pour les parlementaires, "il est prévisible que le chef de l'État donne une somme plus importante par la suite..." 

"Il faut aussi un plan d'économie précis"

De son côté, le vice-président de l'UMP Thierry Mariani, qui aurait donné 1 000 euros et prévoit de donner 1 000 euros supplémentaires "après avoir payé les impôts de monsieur Hollande", a également la dent dure contre son ancien chef. Le député des Français de l'étranger critique la lettre de remerciement aux donneurs signée par le chef de l'État. "Ce sont des frais dont on aurait pu se passer. Le don moyen est de 80 euros. Le coût de la lettre doit être à peu près de 4 % de cette somme", déplore-t-il. "Jusqu'à maintenant, on a travaillé par mail pour faire des économies, ce qui nous coupe d'une partie de la cible. Mais nous vous remercions [les médias, NDLR] de relayer le contenu de cette lettre", réplique Catherine Vautrin. 

Outre Nicolas Sarkozy, c'est la gestion de la levée de fonds par le parti qui est également visée par certains cadres, et pas des moindres ! Laurent Wauquiez, député de la Haute-Loire depuis 2012, vice-président de l'UMP et qui déclare avoir donné 2 000 euros, frappe fort : "On ne peut pas se contenter de demander de l'argent, il faut aussi un plan d'économie précis." Il poursuit : "D'une certaine façon, ce qui est en jeu, c'est notre crédibilité pour gérer la France !" Lionnel Lucas, député UMP des Alpes-Maritimes, est également très sévère à l'égard de son parti : "J'ai donné. Combien ? Ça ne vous regarde pas. Je pense qu'il n'y a pas que les députés et les sénateurs qui doivent donner. Les maires, les conseillers régionaux et généraux doivent s'y mettre également..."

Sarkozy pourrait payer de sa poche 

Et Lucas de poursuivre, "c'est au parti d'imposer une somme forfaitaire égalitaire en fonction des responsabilités des uns et des autres. Là on assiste à une petite course à l'échalote qui va jusqu'à mettre en cause l'ancien président de la République. C'est nul", regrette-t-il. "On a proposé aux parlementaires de payer 2 000 euros et aux élus locaux de participer. Mais on s'adresse particulièrement aux députés, car l'année dernière, ils ont bénéficié d'une aide de 8 000 euros du parti pour participer aux élections législatives. Il est logique qu'ils renvoient l'ascenseur", rétorque Catherine Vautrin. 

Mercredi, 8,8 millions ont déjà été récoltés et plus de 90 000 donateurs ont participé, selon l'UMP. Encore insuffisant pour rembourser les 11 millions à la Société générale. Mais la banque a accordé au parti un délai supplémentaire de deux mois pour rembourser le reste [l'UMP a donc jusqu'au 30 septembre pour s'exécuter, NDLR]. Pour Catherine Vautrin, "c'est faisable. Car beaucoup n'ont pas encore donné. Et certains ont prévu de donner deux fois." Dans le cas contraire, le porte-monnaie de Nicolas Sarkozy en souffrirait, puisqu'en tant que caution solidaire, il devra lui-même rembourser une partie des fonds manquants à la Société générale. 

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