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mardi, 25 juin 2013

Une vague hier, un raz de marée demain !

Pourquoi l'électorat PS peut basculer vers le FN ?

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE MARDI 25 JUIN 2013 À 18H43
 

Après Villeneuve-sur-Lot, les analystes dépassent le clivage gauche-droite

 

Après s'être imposé un match de fond de court sur la question "qui renvoie le mieux la balle au Front national ?", PS et UMP posent les raquettes. La législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, où l'UMP Jean-Louis Costes l'a emporté sans gloire, dimanche, face au jeune frontiste Étienne Bousquet-Cassagne (53,76 % des voix), incite à réfléchir.

Sur l'évolution d'un électorat qui, en terre radicale-socialiste arrosée par l'affaire Cahuzac, n'a pas hésité à éliminer le rose dominant pour y installer du bleu. Et souffler du bleu Marine.

À l'image du premier secrétaire PS Harlem Désir qui a demandé au gouvernement "d'intensifier" la mobilisation contre le chômage ou du maire UMP de Bordeaux Alain Juppé pour qui le front républicain "alimente d'une certaine manière la propagande du FN", les deux grands partis ont pris conscience d'un basculement.

"Le front républicain n'existe plus", tranche le sociologue et professeur à l'IEP d'Aix Raphael Liogier. "On a un brouillage généralisé de la distinction entre gauche et droite au profit de l'appel au bon sens populaire. Ce qu'on appelle le populisme."

Un populisme qui se nourrit à la fois de rejets - la politique du gouvernement, l'austérité et l'Europe en premier lieu - et qui manie les contradictions. Défendant à la fois laïcité et morale chrétienne, libertés individuelles et tout sécuritaire, mariage gay et frilosité vis-à-vis de l'autre.

"Le FN a des boulevards devant lui"

Ces barrières tombant en s'entremêlant, elles impliquent désormais le passage à l'acte d'un électorat PS qui reculait jusque-là devant le FN. Une étude a montré que lors d'une partielle gagnée de justesse, fin mars dans l'Oise, par l'UMP devant le FN, 15 % des votants socialistes auraient reporté leur voix de l'entre-deux tours vers la candidate frontiste. Et certains d'analyser les 14 % de votes blancs et nuls à Villeneuve-sur-Lot comme un avertissement comparable.

"Attention avec ce qui n'est qu'une hypothèse, prévient la politologue marseillaise, proche du PS, Virginie Martin. Mais il est certain que le FN, parti attrape-tout, a des boulevards devant lui. Il y a les affaires, les peurs de l'Europe et de la mondialisation, les résultats qui se font attendre et l'absence de réelle alternative."

Une fois entendues les phrases sur "l'ambiguité" d'une partie de l'UMP avec le FN, la question de la responsabilité se pose au PS. Pour Virginie Martin, c'est clair.

"Arnaud Montebourg nous dit d'acheter français, Manuel Valls demande aux immigrés de faire allégeance à la France, on a l'absence de discours sur l'ouverture de la France au monde, les frilosités du gouvernement sur le vote des étrangers... Les électeurs sont en liberté."

Tout en acquiesçant, Raphaël Liogier élargit le propos sur "une crise identitaire majeure. On ne sait plus ce qu'est être Français ou européen, si ce n'est à travers nos angoisses. Il y a quelque chose d'assez inéluctable à basculer dans un système populiste."

À neuf mois des municipales, douze des Européennes, les dés seraient-ils jetés ?

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