Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 02 juin 2013

Ces mères ne défilaient pas tant que l'argent facile faisait vivre la cité...

Marseille : elles ont marché contre la violence

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE DIMANCHE 02 JUIN 2013 laprovence
 

Un millier de personnes, dont beaucoup de mères, ont défilé au cri de "On ne veut plus pleurer" et réclamé une écoute

 

 

Elles ont crié "Non à la violence", "Font-Vert en colère" ou encore "Y'en a marre ". Elles ont brandi des pancartes de toutes les couleurs, porteuses de tous les slogans : "Un avenir pour nos enfants", "Les promesses, il faut les tenir", "Égalité des droits. Justice pour tous et partout" ou encore plus lourdement, "Nous aimons nos enfants et nous sommes fatigués de les accompagner jusqu'aux tombes"...

Il y avait hier après-midi une belle unanimité sur le pavé marseillais, beaucoup de mères, un peu moins de pères, une nuée de fils, de filles, d'amis, de proches de ceux qui sont tombés sous les balles au cours de ces derniers mois dans les quartiers Nord de Marseille et puis, le lot des anonymes, des patriarches, notamment comoriens, de Félix-Pyat et de la Savine, des gens de paix, des hommes de bien et comme des fleurs surgissant des tombes, le nom de ces cités qui résonnent comme le bonheur mais respirent hélas le malheur des balles qui sifflent et des enfants qui tombent : "Les Oliviers," Les Églantiers", "Les Bleuets"...

Le temps d'une après-midi solidaire, près d'un millier de personnes s'est donné la main pour un cortège qui s'est ébranlé sur les escaliers de la gare Saint-Charles et a couru jusqu'à la préfecture pour venir mourir par un mistral gagnant à la porte du préfet de police. Vingt-trois propositions pour prendre date et rendez-vous par la même occasion. Avancer. Enfin avancer.

"Loin du coeur et loin des yeux, nos quartiers meurent peu à peu"

Au départ du cortège, beaucoup d'élus de gauche, peu de droite, à l'exception de l'adjointe au maire UMP Nora Preziosi et du conseiller communautaire Gérard Chenoz. Point de polémique. On a chanté la chanson sans frontières pour l'Éthiopie, revisitée pour la Savine : "Loin du coeur et loin des yeux, nos quartiers meurent peu à peu". "On ne veut plus pleurer, a soufflé au micro Yamina Benchenni, l'une des porte-parole, avec cette rage de vivre qu'elle veut faire partager à tous. On veut s'organiser pour que les choses changent". Une grande banderole blanche affichait bannière commune : "Nous sommes tous des Marseillais". Derrière, une autre plus agressive, noire et orange : "Sauvons nos enfants. Les quartiers Nord sont en danger." Un élu à la retraite, avec des accents oecuméniques, nous soufflera que "les quartiers Nord sont la pierre d'achoppement de la métropolisation. L'intérêt est de faire en sorte que ces quartiers ne deviennent pas une bombe !"

Quelques-uns ont aussi glissé que certains n'avaient pas pu venir. Ou pas osé. Par peur de représailles. Comme si des esprits malins photographiaient ceux que la violence dérange. Un rendez-vous du courage donc. "Voilà, Marseille, c'est pas que des Kalach' !", a-t-on scandé dans la manif. On a pris soin de mettre les gens des cités devant, les élus derrière. Point de récupération. Pour dire que ce sont les quartiers qui parlent, le coeur de vie, le coeur de ville qui est en marche.

Prochain rendez-vous le 15 au centre social de la Busserine. Pour constituer peut-être une charte. Mobiliser de nouvelles énergies. Ce n'est pas gagné. On part de loin. La route sera longue mais là où il y a une volonté, il y a une voie.

Publié dans Blog | Commentaires (1) |  Facebook | | |

Commentaires

eleve un corbeau il te piquera les yeux

Écrit par : mocaer | jeudi, 06 juin 2013

Les commentaires sont fermés.