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lundi, 27 mai 2013

Gaudin candidat par devoir mais plus par envie. Marseille mérite mieux que ça !

Municipales-Marseille : pourquoi Gaudin sera candidat

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE LUNDI 27 MAI 2013 laprovence
 

Même s'il s'interroge, le sénateur-maire UMP s'est fait à l'idée de repartir pour mars 2014

 

Pour conclure ses Mémoires, Jean-Claude Gaudin a écrit deux chapitres. Un seul sera imprimé. Celui qui mettrait à l'automne un point final à sa carrière de maire de Marseille est en dessous de la pile. L'autre scénario, celui qui le ferait repartir au combat des municipales, en mars 2014, frémit sous un vent d'impatience.

Dans la salle à manger aux tentures beiges que l'on rejoint par un escalier discret depuis son bureau de l'hôtel de ville, Jean-Claude Gaudin s'est confié à ses proches. "L'envie d'y aller le taraude", assure l'un. "Il veut repartir pour Marseille, c'est sa vie", glisse l'autre. "Sauf événement imprévu, il sera candidat", souligne un troisième. Quand il déguste un verre de cidre ou croque une navette, un calisson, ses péchés mignons, le sénateur-maire UMP pourtant s'interroge.

À 73 ans, il sait que "l'âge est là" et le souffle volontiers au détour d'une phrase, après une longue séance au conseil municipal ou en rentrant tardivement du Sénat. Même s'il se sent en forme, il est conscient de ne pas être à l'abri d'un souci de santé. Surtout, son troisième mandat s'est souvent mué en labyrinthe. Maître d'une majorité de deux petites voix dans l'hémicycle de Bargemon, il a souvent usé d'un flair affiné par près d'un demi-siècle de politique pour ne jamais être pris au piège d'un budget soudainement bloqué, d'un vote à bulletins secrets qui bascule. 

Cette nécessité du compromis parfois érigée en art a notamment dû s'exercer au sein d'une UMP où la rivalité entre les poids lourds Renaud Muselier et Guy Teissier s'est exacerbée avec les années. Les deux hommes, issus de la droite gaulliste là où Jean-Claude Gaudin s'inscrit dans le courant démocrate-chrétien, ne se détestent pourtant pas. 

Lors d'une soirée chez un amateur d'art contemporain à l'Estaque, mercredi dernier, ils se sont parlé. Renaud Muselier avait déjeuné avec le maire quelques heures plus tôt, à l'hôtel de ville. Consommant ce qui ressemble à un divorce, cinq ans après l'épisode cataclysmique d'une défaite surprise à la communauté urbaine. Un an après un nouvel échec, aux législatives celui-là, les deux hommes campant sur leurs positions quant à la responsabilité de chacun.

Si Renaud Muselier ne s'était pas mis en retrait de la vie politique, Jean-Claude Gaudin aurait opté pour un ticket inversé, son ancien premier adjoint conduisant la liste en 2014. Scénario impossible. Persuadé qu'une victoire de la gauche vaudrait "un retour en arrière" à Marseille, convaincu d'être le seul, notoriété aidant, à pouvoir lui faire barrage, il s'est donc plongé dans les chiffres, les analyses.

Son cabinet, où Claude Bertrand, "l'ours" fidèle et Maurice Batin, "la matrice", ont les arguments pour faire pencher la balance. Des sondages qui, même émanant du Parti socialiste, le placent devant, des projections qui l'assoiraient une quatrième fois dans son siège, même à la tête d'une majorité relative. Un bilan estimé positif, surfant sur les vibrations rafraîchissantes de la Capitale européenne de la culture. 

Une gauche divisée localement, prise dans la tourmente des affaires et d'un contexte national tempétueux. Alors Jean-Claude Gaudin se projette. Évite de répondre aux piques des siens afin de jouer l'unité. Prépare discrètement un programme et cherche à rajeunir son équipe tout en conservant ses piliers. Multiplie les sorties publiques.

Pour garder Marseille, il sait cependant qu'il doit montrer qu'il l'aime. En privé, le natif de Mazargues, où son père était maçon, se dit prêt à abandonner le Sénat en 2017, au moment de la loi sur le cumul des mandats, pour se consacrer à sa ville. Ses rivaux en doutent et le disent. Lui sait que rien ne presse. Attend fin juin et un sondage réalisé par l'UMP pour forger une décision qu'il devrait annoncer courant septembre. Un mois avant de connaître son adversaire socialiste.


Avec Muselier, le divorce semble consommé

Même si Renaud Muselier éprouve toujours beaucoup de respect pour Jean-Claude Gaudin, même si le sénateur-maire a encore une vraie affection pour son ancien premier adjoint, avec qui il a conquis trois fois la mairie, le point de non-retour semble atteint.

Les deux hommes continuent de se renvoyer la balle après les échecs de 2008 à MPM et 2012 aux législatives. Muselier n'accepte pas que Gaudin travaille avec Jean-Noël Guérini, son ennemi déclaré. En 2014, bien que retiré de la vie politique, l'ancien député attend "un électrochoc", souhaite casser les codes d'une gouvernance partagée avec un autre socialiste, Eugène Caselli, qu'il n'apprécie pas non plus. Jean-Claude Gaudin aurait sans doute poursuivi la route avec Renaud Muselier, quitte à inverser les rôles. Trop tard, estime le second qui laisse aujourd'hui planer l'idée d'un retour, mais sans l'UMP. Une hypothèse à surveiller, même s'il parait peu probable qu'il aille jusqu'à faire perdre son camp de toujours.


Avec Teissier, c'est "je t'aime, moi non plus"

Lors de l'inauguration du boulevard du Littoral, samedi à la Joliette, Jean-Claude Gaudin et Guy Teissier n'ont cessé de jouer de la confidence et du sourire complice. Le député-maire UMP des 9e-10e allant jusqu'à prononcer un discours jugé "aimable" par le sénateur-maire de la ville. Mais où il n'a pu s'empêcher de filer la métaphore avec les guerres civiles romaines, évoquant "Jules César et son rival Pompée" qui s'affrontaient vers la Joliette. S'il est certain qu'en cas de candidature Gaudin, Teissier se rangera à ses côtés, il profite de l'incertitude pour maintenir la pression. Fort d'un groupe solide au conseil municipal, il a souvent fait entendre sa musique et n'a pas hésité à soutenir François Fillon lors des élections internes à l'automne pour prendre le contre-pied de Jean-Claude Gaudin. Aujourd'hui, il attend le sondage de juin, qu'il souhaite d'intentions de vote, pour abattre une carte décisive. La dernière ?

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