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vendredi, 03 mai 2013

Hollande, un an après.

Les élus provençaux jugent François Hollande

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE VENDREDI 03 MAI 2013 laprovence
 

Le bilan d'un an de présence à l'Élysée est noté de manière sévère par une majorité de politiques.

 

 

La mimolette: a s'y méprendre.. ndlr

Un an à l'Élysée et des doutes, des doutes, encore des doutes. Bousculé par une impopularité qui a déjà battu les records sous la Ve République, François Hollande navigue à vue. Alors qu'un énième cafouillage ministériel, cette fois sur le rachat de Dailymotion, épaissit le discours du gouvernement, le premier anniversaire de la présidence Hollande s'avance comme un cargo dans la brume. Après avoir montré hier le scepticisme des électeurs provençaux, même là où ils ont porté le plus haut le candidat PS dans les urnes en 2012, nous avons proposé l'analyse obligée des douze mois à cinq personnalités politiques de tous horizons. Or, même chez ceux qui ont appelé à voter François Hollande au second tour il y a un an, les toussotements se font de plus en plus rauques. Tant il semble difficile de trouver du positif dans le bilan d'un homme, donc d'une majorité parlementaire qui n'a pas montré de changement significatif. Si, à gauche, on continue de croire en des lendemains meilleurs, les critiques prennent des airs déjà définitifs à droite. Pouvait-il en être autrement ?


Michel Vauzelle (PS) : "On doute de lui, mais il se révélera"

François Hollande est-il le président qu'il fallait à la France ?
Oui. Je l'ai soutenu pendant sa campagne, à l'heure où la France avait un besoin absolu de respiration dans un moment de crise. Elle avait besoin de ne plus se sentir méprisée comme pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. On était arrivé à une exaspération et François Hollande, avec sa bonhomie, sa simplicité qu'on lui reproche, incarne cela.

Quel moment ou action symbolise sa première année de présidence ?
La bonne réforme qui a été caricaturée est le mariage pour tous. Cette loi témoigne d'une ouverture d'esprit et d'une mise à jour du droit pour que chaque Français se sente respecté. Face à cela, le Parlement a donné le spectacle d'une grossièreté insensée. L'autre action révélatrice d'une volonté, même si elle a du mal à se mettre en oeuvre, concerne les emplois d'avenir. Elle témoigne d'une ouverture de coeur vers des jeunes qui se sentent abandonnés. Cette bonne idée est la marque d'un gouvernement de gauche qui fait tout pour éviter les fractures sociales.

A-t-il l'envergure pour redresser la situation du pays ?
Deux figures politiques dominent la seconde moitié du XXe siècle. Le général de Gaulle, son esprit de résistance et d'indépendance et François Mitterrand qui a fait entrer le peuple à l'Élysée. François Hollande reprend cet idéal. Dans une époque très difficile, il a la clairvoyance de placer sa politique sous le signe de la jeunesse. Son envergure est d'être à la fois réaliste sur la crise et humain en n'abandonnant pas ses idéaux. On doute de lui, mais il se révélera.


Jean-Claude Gaudin (UMP) : "Pour lui et la France, la gravité des faits s'impose"

François Hollande est-il le président qu'il fallait à la France ?
Sa courte victoire en 2012 a été acquise sur une multitude de malentendus et des mensonges. Lui-même et ses amis ont nié la réalité de la crise et concentré leurs attaques sur Nicolas Sarkozy. Moi président, je ferai mieux et dans tous les domaines. Mais pour lui et pour la France, la gravité des faits s'impose. Rien n'est réglé. Les usines ferment ou se délocalisent, le chômage ne cesse d'augmenter.

Quel moment ou action symbolise sa première année de présidence ?
Imposer en dix mois 17 milliards de prélèvements sociaux supplémentaires sur les ménages ne peut pas être imputé à l'ancien gouvernement. Il est impossible de dire plus longtemps que la faute est celle des autres. J'ajoute que mettre en péril la politique européenne en menaçant l'axe franco-allemand va compliquer les accords qu'il faut obtenir avec les 27 États.

A-t-il l'envergure pour redresser la situation du pays ?
Au Sénat, l'unité gouvernementale est mise à mal compte tenu du faible écart de sièges, mais dans la Ve République, le gouvernement peut faire des couacs, car il est protégé par les institutions. Cependant, cette arrogance, cette suffisance, ces projets de loi contestés tels que le mariage pour tous, la réforme constitutionnelle ou le droit de vote des étrangers divisent les Français au lieu de les rassembler. Le résultat est donc plus que médiocre. En d'autres temps, des hommes comme Mitterrand ou Defferre auraient bondi sur une proposition de la droite républicaine de faire une union civile. Hollande préfère s'en prendre au mot mariage qui est une institution et diviser.


 

 

Stéphane Ravier (FN) : "Il est le président qu'il fallait au système"

François Hollande est-il le président qu'il fallait à la France ?
Il est celui qu'il fallait au système, parce qu'il s'est placé dans les traces européistes et mondialistes de son prédécesseur. Il correspond au casting, le dynamisme physique en moins. Si c'est celui que les Français attendaient, évidemment non. Tout va beaucoup plus mal aujourd'hui qu'il y a un an, dans tous les domaines. Il devait être le président du changement, il est celui de la continuité du système.

Quel moment ou action symbolise sa première année de présidence ?
Florange est symbolique d'un président qui voulait en découdre avec le monde de la finance, mais qui en fait, en est l'exécutant. Il a abandonné les classes populaires au nom d'une logique mondialiste. Loin du monde réel, il est à la remorque d'Angela Merkel qui obtient de lui ce qu'elle attendait.

A-t-il l'envergure pour redresser la situation du pays ?
Sans tresser de lauriers à Dominique Strauss-Kahn, il faut se souvenir que François Hollande a été élu par double défaut. D'abord au sein de sa famille politique, puisque l'affaire DSK l'a propulsé à la tête des seconds couteaux. Puis pendant l'élection, par rejet de Nicolas Sarkozy et non par projet. N'importe qui aurait fait l'affaire à gauche. Il a l'envergure de quelqu'un qui se plie aux injonctions de Bruxelles et de Berlin. Mais pas pour faire les réformes que nous appelons de nos voeux.


Jean-Luc Bennahmias (MoDem) : "On va voir s'il est capable d'engager les réformes"

François Hollande est-il le président qu'il fallait à la France ?
J'aurais préféré François Bayrou. Les gens concluent aujourd'hui qu'il serait bien utile. Mais François Hollande n'est pas si lointain de ses idées. Vues les difficultés extérieures qui étaient connues, et celles intérieures ajoutées aux cafouillages permanents, le personnage a globalement le profil de la bonne personne. Mais on ne peut pas parler de situation apaisée.

Quel moment ou action symbolise sa première année de présidence ?
Le Mali. Moi qui ne suis pas un guerrier, j'ai trouvé que sa façon de prendre la décision et de mettre en oeuvre le conflit ont été intelligentes, loin du néocolonialisme. Laurent Fabius et, à travers lui, François Hollande, se débrouillent pas mal pour donner une image correcte de la France à l'international. Même si j'ai des réserves sur le voyage en Chine.

A-t-il l'envergure pour redresser la situation du pays ?
On va voir s'il est capable de dépasser les clivages traditionnels, de s'apercevoir que sa majorité ne représente, vue l'attitude des écologistes et du Front de Gauche, qu'un cinquième de la population. Il ne s'agit pas de faire une union nationale de façade, mais d'élargir vraiment à la société civile, au-delà d'une majorité parlementaire qui est un carcan. On va voir s'il est capable également d'engager les réformes nécessaires sur la sécurité sociale ou la fiscalité des PME et artisans.


Isabelle Pasquet (FdG) : "On ne voit pas le changement de cap"

François Hollande est-il le président qu'il fallait à la France ?
Je n'ai pas d'a priori sur l'homme, mais je ne suis pas sûre que sa politique soit la bonne. Il y avait un espoir de changement il y a un an. Depuis, il n'est pas au rendez-vous. Il y a une énorme déception car on ne voit pas le changement de cap. Beaucoup de signaux sont envoyés aux chefs d'entreprises et très peu aux salariés. Il y a un décalage. On le voit avec Fralib, Florange et d'autres.

Quel moment ou action symbolise sa première année de présidence ?
Le blocage du vote sur l'accord interprofessionnel national (Ani) a été un très mauvais signe pour la démocratie. Le projet de loi qui s'en est suivi sur la sécurisation de l'emploi permet plus de souplesse sur les licenciements et le travail à temps partiel. Mais l'acte de départ, l'action la plus symbolique, est la ratification du traité européen. Cela a tracé un chemin sur lequel on est aujourd'hui. Et j'ai de plus le sentiment que cette politique d'austérité n'est pas assumée.

A-t-il l'envergure pour redresser la situation du pays ?
L'envergure est une chose qui peut venir de la volonté de changement. Une nouvelle orientation est nécessaire. Elle ne peut venir que de sa capacité à changer soit les hommes, soit plus sûrement sa politique. Pour cela, il doit plus écouter les gens dans la rue et ailleurs. Nous avons des propositions, des idées.

 

 

François Tonneau

 
 

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