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samedi, 27 avril 2013

Taubira au contact de la délinquance sans la députée (accusée d'être) délinquante

Marseille : Christiane Taubira prend le pouls de sa justice et des cités

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE SAMEDI 27 AVRIL 2013 Laprovence
 

Moyens, délinquance, médiation sociale et emplois : la ministre de la Justice était en visite hier

 

 

C'est un peu comme en tout. Il y a les pro et les anti. Ceux qui, contre la ministre de la Justice, s'étaient rassemblés hier en début d'après-midi sur la place du palais pour dire encore une fois "non au mariage pour tous".

Une découverte de la délinquance marseillaise

Les Taubirophobes sont plutôt pour "la manif pour tous". Ils criaient "Taubira, t'es foutue !" à grands renforts de klaxons, de banderoles et de chants très chrétiens. Et puis, à l'intérieur, dans le palais transformé en camp retranché, il y avait les pro, les Taubirophiles. Et comme Mme Taubira aime le terrain, elle va au contact. Direction le cinquième étage. Juge des référés, le juge de l'urgence. Choix judicieux. De saison.

Puis c'est un juge d'instruction, au troisième, qui lui explique qu'à Marseille, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer : 138 procédures à gérer, dont 48 sur des mineurs, principalement criminelles. Pas tout à fait des enfants de choeur. Ils ont pour l'essentiel "entre 16 et 17 ans", lui confie la juge. Mme Taubira découvre la délinquance à la marseillaise. Des vols à main armée, beaucoup d'affaires de moeurs aussi... Les journalistes ont été conviés à la visite. Mais pas à tout.

"Veillez sur les jeunes qu'ils ne fassent pas de bêtises"

Visite de la JIRS, nom barbare pour désigner la dizaine de magistrats qui traquent le crime organisé. La fine fleur de la profession. Des as de la finance, de la société écran, du blanchiment, des chasseurs de têtes, de grosses têtes aussi, d'élus quelquefois, paraît-il... Réunion discrète, aux allures de secret-défense, sans les journalistes cette fois. La chef de cabinet de la ministre, un rien cerbère, voudrait presque filtrer les questions. En tout cas, elle les limite.

Depuis l'affaire Cahuzac, le journaliste est une espèce à protéger, mais à tenir à distance. On ne sait jamais. Mais Mme Taubira est bonne pâte. À la cité Val-Plan, à la Croix-Rouge (13e), en zone de sécurité prioritaire (ZSP), elle pratique l'immersion totale. Elle se fait copine avec les enfants. "Veillez sur les jeunes qu'ils ne fassent pas de bêtises", lance-t-elle aux adultes. Une mère déplore"qu'on se tue tous", "qu'on ne puisse plus marcher dans la rue". "C'est pour ça qu'on travaille", la rassure la ministre. Et un enfant comprend très vite : "C'est toi le ministre !" glisse-t-il à un copain, dans un jeu de rôles assimilé.

"Réparer pour éduquer"

Dans la vie, c'est un peu plus compliqué. L'emploi n'est plus ce qu'il était. Alors, Mme Taubira dresse un premier bilan du Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), puis elle signe une convention baptisée "Emplois d'avenir" pour que les jeunes de 16 à 25 ans, au parcours parfois chaotique, aient demain un métier. La Mission locale Marseille, qui fait avec l'Association de médiation sociale (AMS), un travail formidable, leur permet d'"être non pas dans la compétition, mais dans l'émulation", selon la jolie formule de la ministre.

"Réparer" pour "éduquer", en faire au bout de 3 ans des éducateurs ou des animateurs sportifs. 2 aujourd'hui, 50 demain, plus de 2000 après-demain. Marie-Arlette Carlotti, la ministre marseillaise de l'étape, boit les paroles de sa collègue. Deux ministres à Val-Plan, voilà un bon début. "Au fait, elles reviennent quand ?" demande un ado, un rien ingénu. Ah, les enfants, c'est pas fini les questions !


Les autres annonces phares

Faire travailler policiers et gendarmes ensemble. Voici une mesure qualifiée de "suggestion", qui a fait son petit effet hier, la ministre se disant partisane d'"une co-saisine police-gendarmerie pour mener des enquêtes communes" sur des dossiers complexes, notamment en matière de crime organisé. C'est pas gagné ! Il est même des dossiers que l'on dit sulfureux et dans lequel un juge a préféré désigner les gendarmes, parce qu'il redoutait des dissonances eu égard aux liens entre futurs mis en cause et hauts fonctionnaires policiers.

Le futur statut de repenti. À ce jour, un tel statut à la française n'existe pas. Christiane Taubira a indiqué hier :" Nous avançons. Il sera soumis au Conseil d'État dans les prochains jours". Ce statut doit permettre à ceux qui le souhaitent une protection à l'italienne ou à l'américaine. À ce jour n'existe en France que le témoignage sous X

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