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vendredi, 19 avril 2013

La Justice. Ou pourquoi la France n'avance pas !

Le Point.fr - Publié le 19/04/2013 

La procureur avait requis 18 mois de prison ferme contre le seul majeur mis en cause dans l'attaque du train, finalement relaxé par le tribunal.

Maître Briolin et son client, Mohamed Touré, à l'issue du procès.Maître Briolin et son client, Mohamed Touré, à l'issue du procès. © Marc Leplongeon / Le Point.fr

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Le seul majeur mis en cause dans l'attaque du RER D n'ira pas en prison. D'une démarche nonchalante, Mohamed s'avance à la barre du tribunal d'Évry où il est jugé vendredi pour vol aggravé, tentative de vol avec violence et participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes. Mohamed est tout juste majeur, mais il semble plus jeune de deux ou trois ans. Doudoune bleue, jogging assorti, sacoche en bandoulière et requins aux pieds, Mohamed ne pipe pas mot. Et se contente de nier sous l'approbation de son avocat, Me Raoul Briolin. "Reconnaissez-vous les faits ?" demande le président Bougié. "Rien du tout", répond le jeune homme. 

Le soir de l'attaque, le 16 mars dernier, Mohamed affirme avoir été à "un concert à Grigny 2 (un quartier, NDLR)". "J'y étais de 18 à 2 heures", affirme-t-il. La vidéosurveillance révèle que le pillage du RER a eu lieu à 22 h 49. Mais personne ne peut attester des propos de Mohamed. Il ne veut donner le nom d'aucun de ses copains qui étaient avec lui. Une victime, la seule qui se soit déplacée à l'audience, est appelée à la barre. Elle raconte : "Je sortais du travail avec un ami. J'ouvre les portes du RER et c'est la panique. Je me fais bousculer et quelqu'un essaie de me voler mon portable. Je réussis à me dégager et à prendre la fuite. Mes agresseurs viennent sur moi et je me prends du gaz lacrymogène. Je me trompe d'escalator en voulant partir. Ils me donnent des coups de pied et des coups de poing dans le ventre et la tête." "Avez-vous vu monsieur ?" l'interpelle le président du tribunal. Le regard de Mohamed Touré croise quelques secondes celui de la victime, le temps pour elle de voir son visage à la dérobée. "En regardant monsieur, je crois pouvoir dire oui : c'est mon agresseur", affirme-t-il. "J'en suis sûr à 70 %", ajoute-t-il dans un murmure à peine audible.

"Je vous préviens : c'est noir sur noir" (Me Briolin)

Le témoin, lui, est plus formel. Il affirme avoir reconnu Mohamed Touré sur les vidéos. Ancien policier de la brigade anticriminalité (BAC), le témoin travaille aujourd'hui à la sûreté départementale. "J'ai connu monsieur Touré pour la première fois lors d'une rixe. (...) Je l'ai également croisé lors d'autres interventions (contrôles d'identité...)", assure le policier. Le procès-verbal qu'il a dressé est pourtant flou. Mal rédigé, il est écrit qu'il a reconnu quatre personnes sur la vidéo, alors qu'il n'en connaît qu'une seule. "C'est un oubli de ma part, concède-t-il. Un brigadier m'assistait, c'est lui qui a reconnu les autres." 

Les vidéos filmées par les caméras de la SNCF sont alors projetées à l'audience. "Aucun membre du tribunal ne les a regardées", soutient Bruno Bougié. Le président et ses deux assesseurs se déplacent devant l'écran pour mieux voir les extraits vidéo. Raoul Briolin, d'origine guyanaise, noir comme son client, fait s'esclaffer l'auditoire : "Je vous préviens, c'est noir sur noir." La vidéo est effectivement de mauvaise qualité. Sans zoom, il est impossible de reconnaître les individus qui défilent à l'écran. Mohamed est extrêmement attentif, tout comme le procureur et les classes scolaires qui remplissent la salle d'audience. Vers 22 h 45, un groupe de jeunes, visages encapuchonnés, passent les portillons de sécurité en sautant par-dessus. À 22 h 49, le train arrive en gare. Des voyageurs descendent des wagons pendant que la bande pénètre dans le RER. Trois minutes plus tard, les jeunes passent de wagon en wagon, sans que l'on puisse voir ce qui se passe à l'intérieur. Un jeune homme, portant une casquette grise et une veste sombre, est désigné par le policier comme étant Mohamed.

"Quelle image on donne de ce département ?"

Au domicile de Mohamed, les perquisitions n'ont rien donné, résume le président, qui fait la moue. La procureur, Élodie Blier, commence alors son réquisitoire. Elle dépeint un "dossier d'une extrême gravité" et dune "très vive émotion justifiée". "On ne peut qu'imaginer ce qu'ont ressenti les personnes qui étaient dans le train", soutient-elle. "En voyant monsieur Touré, je me suis demandé si j'allais le reconnaître. Je le reconnais formellement, je suis affirmative", assure-t-elle. La procureur estime que l'on ne peut douter du témoignage du policier qui a prêté serment. Et cela, malgré les "quelques faiblesses" du procès-verbal. "Quelle image on donne de ce département ? Quelle image on donne du RER D ? C'est devenu le transport qu'il ne faut pas prendre", s'emporte Élodie Blier.

Manuel Valls clamait haut et fort devant les caméras que les faits ne pouvaient pas "rester impunis". Le ministre de l'Intérieur a dû s'empourprer vendredi soir en entendant le verdict : Mohamed a été relaxé, au bénéfice du doute. Dans les couloirs du tribunal d'Évry, Mohamed Touré s'approche de son avocat. "Alors, qu'est-ce qu'on dit ?" lui demande Raoul Briolin. Il répond : "Merci, Monsieur." Mais l'avocat prévient : s'il revient le voir dans le rôle du prévenu, "il peut oublier (s)on adresse".

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Commentaires

amis chinois, japonnais, vous qui si je ne me trompe ne connaissez pas les vols chez vous, ne venez pas ici ou alors sous bonne garde, car tout est permis en matière de délinquance, tenez bien vos affaires contre vous, mettez des cadenas à vos poches, et usez de vos arts martiaux, quoi que la légitime défense on y a pas droit non plus..

Écrit par : virginie | vendredi, 19 avril 2013

On relaxe allègrement les Chances Pour la France alors que pendant ce temps les arrestations de jeunes innocents se pratiquent chaque soir !

Écrit par : Victoire | samedi, 20 avril 2013

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