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dimanche, 07 avril 2013

L'UMP marseillaise: un arbre aux fruits pourris qui a poussé sous la serre du gaudinisme

 

EN ATTENDANT GAUDIN

Guy Teissier : "Il est temps que Gaudin passe la main"

Le député-maire des 9e et 10e arrondissements sort du bois pour torpiller la gestion Gaudin dans l'espoir de préserver ses chances pour la mairie à l'heure où le sortant ne fait plus mystère de ses envies d'y retourner.

MarsActu/Julien Vinzent


Par Jean-Marie Leforestier, le 4 avril 2013 MARSACTU

Le conseil municipal avait, croyait-on, sonné la fin de la guerre froide entre Guy Teissier et Jean-Claude Gaudin. Le premier s'était tenu au silence lors du vote de budget avant de voter pour. De son côté, le maire de Marseille avait accepté de faire voter un amendement au plan de déplacements urbains afin de rappeler le caractère prioritaire du boulevard urbain sud, cheval de bataille du député-maire de 9/10. Fort de cette entente, Gaudin ne faisait plus mystère de son envie de poursuivre son bail à la tête de la Ville. La livraison hebdomadaire de Valeurs actuelles vient détruire cette vision de la droite unie.

En quelques lignes, Guy Teissier torpille le bilan du maire de Marseille :

Tout dysfonctionne dans cette ville. On assiste malheureusement à la fin du règne de Jean-Claude Gaudin qui n'a jamais été un homme d'entreprise. [...] Il est assis dans son fauteuil et ne veut pas en bouger. La seule force qui le meut, c'est sa volonté de se maintenir au pouvoir, il est temps qu'il passe la main. Cette ville s'enfonce, son maire ne prend plus de décisions, tout est renvoyé à plus tard. Marseille a été simplement maquillée pour ressembler à une carte postale, on lui redonne une apparence de séduction avec l'opération Marseille capitale européenne de la culture en endettant au passage jusqu'aux enfants de mes petits-enfants ! Mais rien n'est fait pour la vie quotidienne des Marseillais.

Guy Teissier est certes un habitué de ce genre de sorties mais celle-ci apparaît plus virulente, plus globale aussi que ces oppositions sur le tramway rue de Rome ou encore la semi-piétonnisation du Vieux-port. On sait pourtant Guy Teissier, également président d'Euroméditerranée, plutôt satisfait de la politique de grands travaux initiée par Jean-Claude Gaudin, mais aucune mention de ces bons points n'est faite dans cet entretien. Tout concourt au bashing de la politique de la Ville et se conclut logiquement par une intention de candidature : "Je ne m'interdis rien. Je suis prêt à m'engager pour un seul mandat. Le temps de remettre cette ville en ordre de marche".

"C'est très aimable tout ça"

Cette saillie, nous l'avons apprise à plusieurs proches du maire qui, s'ils sont de droite n'ont visiblement pas l'habitude d'acheter Valeurs actuelles. Ainsi, Laure-Agnès Caradec, chef de file de l'UMP à la communauté urbaine : "Eh bien, c'est très aimable tout ça, lâche-t-elle juste après notre lecture. Tout cela me semble très sévère sur le fond comme sur la forme. L'endettement, à euro constant, n'a pas augmenté et la capitale de la culture n'est en rien un maquillage. Et 250 000 visiteurs au pavillon M, ce n'est pas rien !" Yves Moraine choisit lui de ne pas vraiment entrer dans le débat : "Je ne ferai aucune déclaration qui pourrait nuire à l'unité qui de toute façon se fera autour de Jean-Claude Gaudin" et Dominique Tian opine : "Ce n'est pas parce quelqu'un a sorti le flingue qu'il faut qu'on se mette tous à flinguer."

Il est vrai qu'après le réchauffement entrevu, le timing de cette intervention interpelle. La journaliste de Valeurs actuelles était à Marseille la semaine du 11 mars. C'est à ce moment-là qu'elle a interrogé le député-maire des 9e et 10e arrondissements, soit bien avant le dernier conseil municipal et un rendez-vous en tête-à-tête avec Gaudin. "C'est sûrement plus facile de s'exprimer dans la presse que dans un hémicycle", tacle Caradec qui, comme l'ensemble des proches du maire encense "l'unité" qui prévalait encore jusqu'à aujourd'hui et qui contrastait tant avec "le parti socialiste sous tutelle""Dîtes bien, n'a cessé de répéter le maire ces jours-ci, que j'ai tenu avec une majorité de 51 élus sur 101. Ça n'a pas toujours été facile avec les demandes de certains députés et maires de secteur." Il ne croyait peut-être pas si bien dire...

Côté Teissier, le conseiller communautaire Lionel Royer-Perreault assume cette stratégie. "C'est Jean-Claude Gaudin qui a laissé croire que le budget serait un événement important de son éventuelle candidature. Nous ne voulions pas ajouter une crise politique à la crise économique et sociale qui nous frappe particulièrement à Marseille", justifie-t-il.

Renouvellement

Après cette attaque en règle, "le deuxième temps, plus politique, pourrait arriver assez rapidement", poursuit Royer-Perreault. De fait, Teissier esquisse déjà ses propositions, somme toute classiques : "passer de 200 à 1000 caméras de vidéo-surveillance, doubler le nombre de policiers municipaux, repenser les transports". But de la manoeuvre : occuper l'espace alors que Jean-Claude Gaudin pourrait finalement attendre la rentrée de septembre pour se déclarer et, ce faisant, tenter de placer les deux hommes sur un pied d'égalité. À terme, le député élu depuis 21 ans espère peser davantage et fantasme même sur la possibilité de coiffer Gaudin dans les sondages pour pousser le natif de Mazargues à y retourner (à Mazargues).

La manoeuvre installe cette élection comme le dernier combat municipal pour cet homme politique de 68 ans (cinq de moins que Gaudin) bercé depuis longtemps par le rêve de s'installer à l'hôtel de Ville. Une chose est sûre, il ne s'agira pas, cette fois-ci encore, d'un combat à mort. Interrogé sur l'éventualité d'une dissidence, Royer-Perreault s'est voulu ferme et définitif : "Dans le contexte, on ne peut pas se permettre tout et n'importe quoi."

Le procédé sert aussi (surtout ?) à mettre la pression pour que Jean-Claude Gaudin, trois mandats au compteur, procède à une forme de renouvellement dans ses équipes comme dans ses pratiques à l'approche de son quatrième mandat. L'attente est forte et n'émane pas que des teissiéristes. L'éventuel octroi du poste de premier adjointe à Valérie Boyer - rumeur lancinante des dernières semaines - ne saurait suffire à la combler. Ainsi, les proches du jeune retraité Renaud Muselier poussent eux aussi en ce sens tels le sénateur-maire des 4e et 5e arrondissements Bruno Gilles ou la présidente du groupe UMP au conseil généra et adjointe au maire, Martine Vassal qui nous confiait il y a quelques jours en mots choisis la nécessité "d'élus plus engagés et plus compétents pour répondre à la défiance croissante des citoyens".

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