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mercredi, 03 avril 2013

Guérini: à l'hôpital avant la Santé ?

En garde à vue avec son frère, Jean-Noël Guérini fait un malaise

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE MARDI 02 AVRIL 2013 laprovence
 

Le président Conseil général et Alexandre Guérini ont été entendus en garde à vue à Marseille. Ils ont été notamment interrogés sur les autorisations d'ouverture de maison de retraite. Des bakchichs auraient été versés.

La rose: un signe mafieux qui ne trompe pas ! ndlr

Dernière info - Mise à jour 18h25 : La garde à vue du président du Conseil général des Bouches-du-Rhône est suspendue. Victime en fin d'après-midi d'un malaise cardiaque, Jean-Noël Guérini, qui se trouvait dans les locaux de la gendarmerie, a été d'abord secouru par les pompiers, puis transporté à l'hôpital de La Timone. Il se trouve actuellement au septième étage, où il reçoit des soins. Jean-Noël Guérini est conscient.

Son avocat, Me Dominique Mattei, est sorti de la caserne Beauvau sans faire de commentaires, se bornant à indiquer que la garde à vue n'était "pas achevée". Celle-ci pourrait se poursuivre ou pas demain après avis médical et décision du juge qui instruit le dossier.

Des auditions sous le régime de la garde à vue

En fin de matinée, Alexandre Guérini a été entendu en garde à vue, dans le cadre de l'enquête sur des marchés publics qui auraient bénéficié à des sociétés contrôlées par le grand banditisme, a-t-on appris de source judiciaire. Il n'a pas été possible d'obtenir confirmation auprès de ses avocats. Depuis ce matin, son frère Jean-Noël Guérini qui préside le Conseil général des Bouches-du-Rhône est également entendu par les gendarmes et les douaniers. De bonne source, cette audition sous le régime de la garde à vue se passe bien et ne pose pas de problème d'ordre médical. L'élu a été hospitalisé en janvier et doit prochainement être opéré.

 

L'heure de vérité a sonné pour Jean-Noël Guérini. Dix-neuf mois après une première mise en examen dans l'instruction judiciaire qui porte principalement sur les marchés publics de traitement des déchets dans les Bouches-du-Rhône, le président PS du CG 13 doit être entendu cette semaine dans une autre enquête pilotée par le juge Duchaine. Le magistrat ayant obtenu la levée de son immunité de sénateur, Jean-Noël Guérini devrait être interrogé dans le cadre procédural de la garde à vue par une équipe composée de gendarmes et de douaniers.

Sauf surprise, il devrait être déféré à l'issue de ces auditions devant le juge, qui envisage une mise en examen pour "corruption passive", "trafic d'influence" et "participation à une association de malfaiteurs".

Si l'entourage de l'élu suggère depuis plusieurs semaines que ce rendez-vous aura lieu demain, il pourrait, selon nos informations, être avancé de 24 h, Jean-Noël Guérini ayant mis en avant des raisons médicales. Son frère Alexandre pourrait également être placé en garde à vue dans le courant de la semaine. Lui aussi devrait être mis en examen. En revanche, un placement en détention n'est pas envisagé pour l'heure : "On est en fin d'instruction. Cette mesure ne semble plus indispensable à la manifestation de la vérité", indique une source judiciaire.

Grand banditisme

Les deux hommes seront interrogés sur le fonctionnement d'une organisation dont le juge a souligné, dans une note adressée au Sénat, la "grande complexité" et le "caractère mafieux". Portant notamment sur le fonctionnement du Technopôle de l'Arbois, sur des projets d'aménagement à La Ciotat ou sur les autorisations attribuées par le CG pour ouvrir des maisons de retraite, ce dispositif clandestin pourrait avoir bénéficié au grand banditisme, particulièrement à Bernard Barresi et Michel Campanella qui ont été mis en examen fin 2012.

Ces derniers auraient ainsi obtenu dans des conditions suspectes des marchés publics de travaux à Aix, La Ciotat, Marseille, Berre, Orgon... Depuis l'automne 2011 et le retour en France d'un ancien cadre du Département jusqu'alors réfugié en Israël, puis quelques mois plus tard les révélations de La Provence sur le fonctionnement des maisons de retraite dans les Bouches-du-Rhône, il était évident que Jean-Noël Guérini n'échapperait pas à un interrogatoire. Avec sa famille, l'élu s'est pourtant cramponné à une position de déni de plus en plus irraisonnée, au grand désespoir de son équipe au Conseil général.

À l'automne dernier, alors que les enquêteurs multipliaient les saisies de documents et les gardes à vue autour des services du Département, l'absence de mises en examen l'a conforté dans sa conviction. Ces certitudes ont volé en éclats lorsque la presse a révélé mi-novembre que le juge Duchaine avait demandé la levée de son immunité. Un mois plus tard, le bureau du Sénat a accédé à la demande du magistrat, provoquant la détresse autant que la colère de Jean-Noël Guérini.

Ce dont témoigne le SMS qu'il aurait adressé à François Rebsamen, le patron des sénateurs socialistes sur qui il comptait pour conjurer le mauvais sort : "Ma déception est à la hauteur de l'affection que je te portais". La suite est une longue attente, marquée par l'annulation de trois rendez-vous, notamment en raison de l'hospitalisation de l'élu puis du magistrat. Un suspense dont la fin est imminente.

Les notes de la conseillère

Le 24 janvier 2012, les gendarmes et les douaniers ont perquisitionné les bureaux du cabinet de Jean-Noël Guérini. Au cours de cette opération, de multiples documents concernant les autorisations d’ouverture de maisons de retraite, accordées par le CG 13 à des sociétés privées, ont été saisis. Parmi ces documents se trouvaient des notes confidentielles conservées par Béatrix Billès, la conseillère spéciale de l’élu PS, à qui étaient confiées les missions les plus sensibles. À la lecture de ces notes, les enquêteurs ont renforcé leur conviction que le président du Département suivait de très près ces autorisations, particulièrement des dossiers à La Ciotat, Vauvenargues, Saint-Marc-Jaumegarde, Marseille...

À plusieurs reprises, il aurait donné des ordres pour accélérer ou retarder la concrétisation d’un projet. Qui plus est, l’élu aurait souvent changé de position et n’aurait pas respecté les procédures internes au CG 13. Entendue comme témoin, Béatrix Billès a confirmé ces interventions de Jean-Noël Guérini. "Le soutien aux projets de Saint-Marc et de Vauvenargues était une demande constante du président", a-t-elle ainsi indiqué. Elle a en revanche eu du mal à les justifier, les ordres donnés conservant leur part d’ombre...

Or les enquêteurs ont établi que des bakchichs auraient été versés à plusieurs reprises pour faciliter l’obtention de ces autorisations. Ainsi un entrepreneur niçois qui portait un projet dans le pays d’Aix aurait-il transféré 400 000 euros au Luxembourg à la demande d’un proche d’Alexandre Guérini, le frère du président du Conseil général. Ces différents éléments pourraient entraîner la mise en examen de Jean-Noël Guérini pour "corruption passive". À l’automne dernier, il s’en est défendu par avance : "Je n’ai jamais touché le moindre pot-de-vin et personne ne peut dire le contraire, sauf à mentir effrontément".

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