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samedi, 23 mars 2013

Benzema, un enfant de la Patrie, mais de quelle Patrie au juste ?

Le Point.fr - Publié le 19/03/2013 lepoint

L'avant-centre du Real affirme qu'il ne chantera jamais la Marseillaise ! Provocation, bêtise et vulgarité. Et s'il pensait plutôt à marquer qu'à l'ouvrir ?

Karim BenzemaKarim Benzema © Thanassis Stavrakis / AP/Sipa

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Il y a des télescopages malheureux. D'autres préjudiciables à leur héros involontaire. Prenez le "pauvre" Karim Benzema. Le même jour on apprend dans France Football qu'il est le joueur français le mieux payé. Pour la saison 2012-2013, il touchera 12 millions de revenus : 7,5 millions de salaire annuel, soit 625 000 euros mensuel, 500 000 euros de primes et 4 millions de contrats publicitaires et autres partenariats.

 

Mardi soir, dans l'émission Luis attaque sur RMC sport, l'attaquant du Real de Madrid confesse alors qu'on l'interroge sur la Marseillaise : "Je ne l'ai jamais chantée. Et ce n'est pas parce que je vais la chanter que je vais mettre un triplé derrière." S'ensuivent des explications vaseuses et confuses : "Si je ne chante pas la Marseillaise, que le match commence, que je mets trois buts, je pense qu'on ne va pas dire à la fin du match que je n'ai pas chanté la Marseillaise. C'est ça, le souci, c'est parce que ça fait un moment que je n'ai pas marqué en équipe de France. Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai entendu, comme quoi je n'aime pas l'équipe de France. Il faut se calmer. J'aime bien l'équipe de France."

Il ajoute la bêtise à l'incompétence

Ce galimatias reflète bien l'état d'esprit de ces footballeurs surpayés et ingrats qui pullulent dans les championnats européens. Dans le monde des (à peine) trentenaires pourris par le fric, on peut ajouter l'insulte à la honte, la bêtise à l'incompétence ! Les supporteurs ne vous en veulent jamais et les clubs vous punissent rarement. Sauf que depuis plusieurs mois "le jeune espoir de 26 ans (sic !)" est l'ombre de lui-même sur un terrain. Pour le club madrilène comme pour l'équipe de France, il est muet (sur la pelouse), incapable de marquer un but. En Bleu, il n'a plus croisé le chemin des filets depuis un triste match amical face à l'Estonie, en juin 2012, soit une disette de onze rencontres consécutives. Pire, c'est son seul but avec l'équipe de France en 2012 ! Avec le Real, le bilan n'est guère plus positif : 8 petits buts en 22 apparitions en Liga quand son principal concurrent à la pointe de l'attaque, Gonzalo Higuaín, en est à 11 en 19 rencontres. Il chauffe d'ailleurs régulièrement le banc madrilène cette saison, comme ce fut le cas lors du match retour - capital - de Ligue des champions, face à Manchester United. Tant de médiocrité l'autorise-t-il à faire des sorties aussi minables ?

Dans un monde normal, lorsqu'un salarié ne remplit pas ses objectifs, ne délivre pas le travail demandé, il a la délicatesse de se taire, de ne pas "la ramener". Mais sur les ondes de RMC, Benzema surenchérit dans la provocation : "On ne va pas me forcer à chanter la Marseillaise. Je ne vois pas où est le problème de ne pas chanter la Marseillaise." Le joueur devrait se souvenir de qui l'a fait roi. Il s'est initié au football au club du SC Bron Terraillon dans la banlieue lyonnaise. À 9 ans, lors d'un match entre son équipe et les poussins de l'Olympique lyonnais, Karim marque deux buts. L'OL lui accorde une licence et il commence sa formation dans les équipes de jeunes. C'est donc dans la capitale des Gaules que le jeune malappris a été éduqué au football - seulement au football visiblement. Il devrait être animé par un devoir de reconnaissance, voire de respect, à l'égard d'un club, d'une ville, d'un pays, qui, un jour, ont cru en lui. On n'attend pas de lui des déclarations d'amour, mais simplement qu'il ne foule pas aux pieds les symboles d'une nation qui l'a fait roi. 

L'argent et la gloire - très éphémères tous les deux - ne permettent pas tout. Il existe quelques digues que l'on aimerait infranchissables. Cédant aux sirènes du charity business, Benzema avait participé en février 2012 au concert des Enfoirés à Lyon. Sans doute a-t-il estimé que sa grandeur méritait un tel écrin. Il n'y a pas de doute, l'enfoiré, c'est lui !

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